La charité et l’hôpital

Clientèle dont il se fichait éperdument, il y a à peine plus d’un an encore, avant que la nouvelle procédure ne lui impose, contre son gré, les commissions d’office autrefois réservées aux stagiaires.

Les prisons du canton sont des « cachots« , les « conditions de détention sont illégales« , les toilettes à la turque, les promenades compliquées etc. « La situation n’est pas digne de notre pays« . Tant de sollicitude amuse de la part de l’une des dernières associations du monde occidentale à organiser une réelle situation d’esclavage ‘légal’. En effet, plus d’une centaine d’avocats-stagiaires triment un minimum de 10 heures par jour pour des « salaires » allant de 1’500 à 3’000 francs dans le meilleur (et le plus rare) des cas. Sommes qui ne permettent pas, le plus souvent, d’assumer un loyer dans le canton. Ce sans parler des lourds crédits d’études qui restent à payer. Le stage dure deux ans (la loi fédérale n’en demande pourtant qu’un), après 5 ans d’études secondaires et 5 ans d’études universitaires. En cas d’échec définitif au brevet, le stagiaire se retrouve sans rien. Les maîtres de stage ne sont tenus que de payer la RC avocat. Pas de contrat, pas de droit au chômage, pas même d’assurance accident.

En Suisse, la population carcérale est mieux lotie que les étudiants et parfois même que ceux qui les défendent. S’il y a des cachots à nettoyer, ce sont peut-être ceux dans lesquels on laisse un gamin criblé de dettes, claquemuré derrière une pile de dossiers.