MARSEILLE – Voilà un sérieux coup de pouce qui tombe à pic. Le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a dévoilé ce vendredi 8 novembre un plan de plus de 3 milliards d’euros pour venir en aide à la deuxième ville de France, minée par la crise et les règlements de compte. Transports, sécurité, aménagement du territoire… Les investissements annoncés par Matignon sont impressionnants au moment où la France voit sa marge de manoeuvre budgétaire sanctionnée par Standard & Poor’s.
Jean-Marc Ayrault a annoncé vendredi « plus de 3 milliards d’euros » d’investissements dans les transports sur la métropole de Marseille, auxquels « s’ajoutent 1,5 milliard d’euros du Plan d’investissements d’avenir ». Cet « effort », qui comprend la réalisation d’une gare souterraine, pourra « encore s’accroître lorsque l’agglomération se sera dotée d’une métropole et d’une approche globale et organisée des déplacements urbains », a expliqué le premier ministre.
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Gare Saint-Charles, désenclavement, policiers en plus
Plus de 2 milliards (dont 800 millions à la seule charge de l’Etat) seront consacrés à la seule réalisation d' »une gare souterraine à Saint-Charles », principale gare ferroviaire de Marseille. Autre projet : le doublement partiel de la ligne ferroviaire Aix-Marseille, afin d' »augmenter l’offre d’un tiers d’ici à 2020, soit 4 TER par heure ».
Extension du métro, service de Pôle Emploi renforcés… Les quartiers Nord de Marseille, dont est issue la sénatrice PS Samia Ghali, n’ont pas été oubliés. Le nouveau Plan national de rénovation urbaine requalifiera en priorité les quartiers non traités comme la Castellane et Air-Bel (quartiers Nord).
A ceci s’ajoute l’envoi de 80 policiers supplémentaires au début de l’année 2014. En tout, « 407 postes de policiers et de gendarmes supplémentaires ont été affectés à Marseille pour la police judiciaire, et pour la sécurité publique, dans les quartiers, mais aussi autour du port », a assuré Jean-Marc Ayrault.
Certains volets du plan d’aide annoncé ont tous les atours d’un programme municipal: création de 1.000 places de crèches, et de 8 nouvelles classes en petite section de maternelle, dont 5 dans les quartiers nord, pour favoriser la scolarisation des moins de trois ans.
A quatre mois des municipales
Des promesses amplement relayées par le candidat socialiste à la mairie de Marseille, Patrick Mennucci, qui compte bien sur cet effort significatif de l’Etat pour enlever la ville à l’édile sortant UMP Jean-Claude Gaudin dans quatre mois. Jean-Claude Gaudin que Jean-Marc Ayrault n’a pas épargné dans son discours, en pointant le fait que « 70 % des crédits de rénovation urbaine (210 millions d’euros) ne sont pas engagés » dans la cité phocéenne.
Pas dupes, la droite et le centre n’ont pas manqué de relever la concomitance entre ce plan d’aide et le calendrier électoral.
Ayrault à Marseille pour soutenir Menucci avec promesses mirobolantes alors que caisses sont vides..chic le soutien du gvt!Gaudin rigole?
— Roger KAROUTCHI (@RKaroutchi) November 8, 2013
Quel décalage alors que la France vient de perdre son tripleA #Ayrault présente son plan de soutien a son candidat des municipales#Marseille
— Valérie Boyer (@valerieboyer13) November 8, 2013
L’importance des fonds débloqués agace d’autant plus l’opposition que l’exécutif se débat actuellement avec une autre fronde régionale, celle des Bonnets rouges bretons, qui réclament également un plan d’aide spécifique.
3Mds pour Marseille (parce qu’il y a des municipales) et 15 millions pour la Bretagne. Le message va être entendu en Bretagne.Quelle erreur!
— JC Lagarde (@jclagarde) November 8, 2013
Jean-Marc Ayrault s’est personnellement investi pour réconcilier les candidats finalistes de la primaire marseillaise, Patrick Mennucci et Samia Ghali. Jeudi soir, la veille de ses annonces, le premier ministre participait à un dîner dans un restaurant proche du Vieux port, entouré des six candidats aux primaires et des responsables socialistes marseillais.
« Maintenant, vous n’avez pas le droit d’échouer », a-t-il lancé aux élus socialistes. Avant d’ajouter: « Je ne vous dit pas quelle est la recette (…), vous allez trouver une solution avec un gouvernement qui vous appuie ».
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