Hier soir sur Forum on a entendu quelque chose de fort intéressant de la part de Xavier Comtesse, directeur romand d’Avenir suisse. Il rappelle qu’il a fortement critiqué la promotion exogène d’entreprises au détriment du soutien endogène. On peut aussi relever l’attitude de certains patrons suisses par exemple celle de Bernard Rüegger que j’avais entendu il y a déjà quelques temps déclarer à la radio qu’entre un Polonais sachant 3 langues et un Suisse qui en sait moins, son choix est vite fait, c’est le Polonais. On salue cette sincérité tout en constatant qu’elle montre froidement que cette attitude anti patriotique rejoint celle de l’extrême gauche, on s’en doutait. Il n’y a pas que cela. On sait pertinemment que l’engagement d’une personne relève en grande partie de son coût et de la part patronale à la caisse de retraite. Cela fait des années, que dis-je des dizaines d’années qu’on nous dit que les politiciens vont régler ce grave problème. Et qu’est-ce qui a été fait ? Où se trouve l’investigation des journalistes sur ce sujet ? Parce que il me paraît évident que les entreprises se sont souvent activées à se débarrasser du personnel âgé en sachant pertinemment qu’elles perdaient en même temps de l’expérience. Parlons-en donc de l’expérience et donc de la formation. Dans les années 70 les entreprises prenaient le temps de former les jeunes ingénieurs, j’en sais quelque chose. Mais aujourd’hui, comme il est plus facile de laisser le soin de la formation à d’autres…européens. Imaginez aujourd’hui la différence entre un jeune ingénieur des années 70 que l’on vient chercher juste avant son diplôme et le jeune d’aujourd’hui confronté à l’ensemble des ingénieurs européens, est-ce juste ? Et cependant je peux vous assurer que dans les années 70, il y avait déjà beaucoup d’ingénieurs européens chez Landis et Gyr à Zoug : Belge, Français, Hollandais, Autrichiens, Allemands…. Et cela n’empêchait nullement ces grandes entreprises d’engager massivement des jeunes autochtones, comme le faisait aussi BBC, aujourd’hui ABB.
C’est surtout l’attitude actuelle mercantile et financière de mondialisation et d’internationalisme qui perturbe gravement le fonctionnement endogène (merci à Xavier Comtesse pour ce nouveau mot…) et cela autant en Grèce qu’en Suisse…mais de façon inverse. Ce qui se passait dans les années 70 montre à l’évidence que l’on pouvait à la fois être ouvert au monde et se préoccuper de l’emploi dans le pays. Il n’y a plus qu’à espérer que les pays de l’UE éliront ce printemps des gens ayant compris cela.
Source : Rubrique « Nos lecteurs nous écrivent »
