A la demande du président déchu Viktor Ianoukovitch, la Russie aurait déjà envoyé 16’000 soldats en Crimée.
Le président ukrainien déchu Viktor Ianoukovitch a demandé à Vladimir Poutine une aide militaire « pour défendre la population ukrainienne », a assuré lundi l’ambassadeur russe à l’ONU Vitali Tchourkine. D’après Kiev, la Russie a déjà envoyé environ 16’000 hommes en Crimée.
« Depuis le 24 février, approximativement 16’000 soldats russes ont été déployés en Crimée par des bâtiments de la marine, des hélicoptères, des avions-cargos en provenance du territoire voisin de la Fédération de Russie », a dit Iouri Sergueïev, représentant de l’Ukraine aux Nations unies. Il s’exprimait lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, consacrée à la crise ukrainienne.
S’adressant au Conseil, l’ambassadeur a souligné que les forces armées ukrainiennes « avaient fait preuve de retenue jusqu’à maintenant ». Mais il a mis en garde contre le risque de « provocations » qui pourraient être utilisées par l’armée russe pour attaquer l’Ukraine. Il a demandé au Conseil « d’autoriser une médiation internationale » dans cette crise.
« Les actions de la Russie sont légitimes »
L’intervention russe en Crimée a pour objectif de « défendre nos compatriotes et nos citoyens », a déclaré l’ambassadeur russe, répétant la position de Moscou. Il a accusé « les vainqueurs (à Kiev) de piétiner les droits fondamentaux » des minorités pro-russes et de « menacer nos compatriotes et la flotte de la Mer noire », concluant: « les actions de la Russie sont légitimes ».
Tour à tour, l’ambassadrice américaine Samantha Power et ses homologues britannique, Mark Lyall Grant, et français, Gérard Araud, ont réfuté les arguments russes. L’initiative russe en Crimée « n’est pas une mission de protection des droits de l’homme mais une violation des lois internationales et de la souveraineté de l’Ukraine », a affirmé Mme Power.
« Il n’y a aucune preuve de violences contre les communautés russes ou pro-russes » en Ukraine, a-t-elle martelé. « La Russie réagit à une menace imaginaire ». Pour les Etats-Unis, a-t-elle ajouté, les autorités de Kiev « ne sont pas un gouvernement de vainqueurs mais un gouvernement du peuple ».
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