Ephéméride
Le 14 mars 1793, à la tête de l’armée catholique et royale, Stofflet et Cathelineau prennent Cholet. Un fait d’armes qui associe cette ville de l’Anjou au destin historique de la Vendée. Stofflet et Cathelineau sont des hommes du peuple, le premier garde‑chasse, le second simple tisserand. Leur bravoure à la tête de leurs troupes de paysans étonnera les généraux révolutionnaires, aguerris aux combats. Kléber leur rendra hommage en ces termes : « Les rebelles (comprendre les Vendéens) se battaient comme des tigres et nos soldats comme des lions ». Six mois plus tard, Kléber et Marceau reprendront la ville, après des combats particulièrement meurtriers. Début mars 94, Cholet est reprise par Stofflet. Ephémère victoire puisque une semaine après, la ville tombe sous les colonnes infernales du général Turreau qui la fait alors entièrement raser. La Vendée n’est plus qu’un champ de ruines. Le 23 décembre 1793 avait eu lieu le massacre de Savenay, paroxysme de la barbarie révolutionnaire dans la Vendée martyre. 80.000 hommes, femmes, enfants et vieillards y trouvèrent la mort : « Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains, elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants », écrira le général Westermann à la Convention, le soir du massacre. « Suivant les ordres que vous m’avez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, et massacré les femmes. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé ». Fin de citation. Rappelons que la République française ne reconnaît pas le génocide des Vendéens.
Grands sujets
Saint‑Denis : soupçons de fraudes autour de l’inscription de Roms sur les listes électorales
Un recours a été déposé auprès du Tribunal de Grande instance par le candidat socialiste Mathieu Hanotin en vue de la radiation de quarante‑huit Roms des listes électorales
A l’origine de ce recours, l’inscription sur les listes électorales de quatre‑vingt‑deux Roms ayant la nationalité roumaine, et occupant un terrain mit à disposition par l’Etat à Saint‑Denis. Rappelons que pour être inscrit sur les listes électorales des élections municipales, il faut être ressortissant d’un pays de l’Union européenne et être domicilié dans la commune concernée depuis un certain nombre d’années.
La question de la domiciliation de quarante‑huit Roms de ce campement paraît douteuse
Le campement se résume à des petits préfabriqués numérotés à la peinture, des fils électriques et des tuyaux se mélangeant aux antennes de télé sur des toits en tôle. Des logements plus que précaires. Alors que la qualité de « domicile » pourrait être contestable dans ces conditions, le candidat socialiste remet en cause la domiciliation effective d’adultes Roms du camp, je cite : « Nous avons de vrais doutes sur les contrôles de domiciles de quarante‑huit des quatre‑vingt‑deux adultes qui vivent dans ce bidonville, d’où ces quarante‑huit recours. » Fin de citation.
Autre point de contestation, le côté collectif des inscriptions qui pourrait cacher un chantage politique
La loi interdit les demandes groupées d’inscription sur les listes électorales afin de protéger les citoyens des pressions politiques éventuelles. Or dans le cas présent, selon Mathieu Hanotin, il y aurait bien eu inscription collective orchestrée par diverses associations, je cite : « Je ne dis pas que des agents de la mairie ont fait ce travail mais des associations comme le MRAP, proches du PCF. Ce sont les mêmes qui tractent pour Didier Paillard (actuel maire PCF) ». Fin de citation. Si la justice ne tranche pas le litige avant le premier tour des élections, son recours deviendra un contentieux post‑électoral qui pourrait invalider l’élection en cas de résultat trop serré.
L’affaire des écoutes : Taubira ou comment s’en débarrasser
Affaire Sarkozy, affaire Taubira : à l’UMPS, les chiens sont lâchés
A gauche, la chasse au Sarko bat son plein : « Pervers », « dealer », « voyou »… Après deux semaines d’une série d’affaires visant l’UMP, les noms d’oiseaux se sont mis à fuser hier au PS à l’encontre de l’ex‑président de la République, qui fait l’objet d’une enquête pour trafic d’influence, après avoir été mis sur écoute par les juges dans le cadre d’un financement présumé de sa campagne électorale de 2007. Lesdits juges soupçonnent l’ancien locataire de l’Elysée rien moins que d’avoir bénéficié des largesses du clan Kadhafi. A droite, le tir à la Taubira est devenu le sport branché. « Espionnage politique », « oligarchie de menteurs » « affaire d’Etat » : ténors et seconds couteaux de l’UMP réclament à l’unisson la démission de la garde des Sceaux, après la révélation de la mise sur écoutes de Nicolas Sarkozy depuis un an.
Le PS est‑il en mesure de sauver le soldat Taubira ?
Pas après la prestation calamiteuse du garde des Sceaux, hier soir sur Canal+, qui a montré l’indépendantiste guyanaise sous un jour passablement inquiétant. A la question, « Vous saviez que Nicolas Sarkozy était sur écoute avant de lire Le Monde ?», Christiane Taubira commence par répondre « Oui », avant de se reprendre, je cite : « Attendez ! Depuis une semaine, vous me faites un procès comme si j’étais la plus grande menteuse de la planète ». Elle s’emporte alors contre le journaliste Jean‑Michel Apathie : « Vous avez changé de métier ? Vous êtes un curé pour la confession ou un policier pour les aveux ?», puis contre l’ensemble des journalistes, je cite toujours : « Dans ce pays, l’UMP détermine les lignes électorales (sic) », avant de se reprendre : « euh, éditoriale, pardon ». Elle finit enfin par admettre que sa première ligne de défense, à savoir qu’elle n’était pas au courant des dates des interceptions judiciaires, était pour le moins inappropriée, puisque les documents qu’elle a brandis mercredi faisaient explicitement mention de ces dates. A la remarque « Avec ces cafouillages, vous donnez du grain à moudre à vos adversaires », Christiane Taubira perd littéralement des pédales et se lance dans un galimatias sidérant qui laisse pantois les journalistes et le public présent dans le studio. La garde des Sceaux, qui ne semble plus avoir la banane, est désormais sur un siège éjectable.
Inquiétudes d’Alain Juppé
« Le climat détestable qui précède le prochain scrutin municipal est préoccupant lorsqu’on sait que les extrémismes de tous bords fleurissent et prospèrent sur le discrédit de la classe politique », s’est désolé hier l’intègre M. Juppé. S’il existait en effet quelques Français se faisant encore des illusions sur la classe politique du système, les affaires imbriquées Sarkozy‑Taubira devraient totalement les déciller.
Brèves françaises
Le Nouvel Obs en pleine « crise existentielle »
Rien ne va plus dans la presse bobo. Après Libé, au bord de la faillite, c’est le Nouvel Observateur qui est à son tour dans la tourmente. Directeur de l’hebdomadaire depuis 2011, Laurent Mouchard — dit Laurent Joffrin — a donné sa démission mercredi. Directeur de la rédaction en 1988 à la suite de Franz‑Olivier Giesbert (actuel PDG de SEBDO Le Point après un passage au Figaro), Joffrin‑Mouchard a effectué dans les années suivantes deux allers‑retours à Libération avant de revenir au Nouvel Obs. Confronté à une chute de ses ventes, le journal vit, selon Le Point, je cite : « Une crise existentielle ». Pierre Bergé, Xavier Niel et Mathieu Pigasse, déjà propriétaires du Monde, et qui seraient sur le point de prendre le contrôle de Libération, viennent de rentrer à hauteur de 66 % dans le capital du Nouvel Observateur.
Quand le Tribunal administratif de Paris refuse de sauver une église
En dépit de la mobilisation active des paroissiens, le tribunal administratif de Paris a rejeté ce mardi le recours formé par l’association de défense de Sainte‑Rita contre la démolition du sanctuaire. Le nouvel acquéreur, un promoteur immobilier, souhaite construire une vingtaine de logements sociaux. L’église Sainte‑Rita située dans le XVe arrondissement de Paris est un haut lieu de pèlerinage pour les amoureux des animaux. Ces derniers sont bénis lors de la messe de saint François d’Assise, une fois par an. Mais l’association de la paroisse Sainte‑Rita n’a pas encore dit son dernier mot et vient de lancer un appel aux dons pour racheter l’édifice. Un rassemblement est prévu pour la défense de Sainte‑Rita, ce samedi 15 mars sur le parvis de l’Hôtel de ville. Tous renseignements au 01 55 76 75 15.
Fraude fiscale : après le mari, l’ex‑femme…
L’ex‑épouse de l’ancien ministre français du Budget Jérôme Cahuzac a déclaré hier détenir un compte bancaire non déclaré sur l’île anglo‑normande de Man. Ce compte a été découvert lors d’investigations dans le cadre de l’enquête sur les comptes occultes de son ex‑mari. Selon les déclarations de Patricia Cahuzac, ce compte aurait été créditeur d’environ deux millions et demi d’euros. Ces sommes ont depuis été placées dans l’immobilier au Royaume‑Uni. Une commission rogatoire internationale a donc été lancée. La provenance de sommes aussi importantes n’a bien sûr pas été dévoilée. Au stade de l’instruction de l’affaire Cahuzac — mis en examen pour fraude fiscale — les avocats des deux parties se refusent à tout commentaire.
Brèves internationales
Ukraine : les Etats‑Unis veulent un vote du conseil de sécurité des Nations‑Unies
Les Etats‑Unis ont transmis à leurs partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution dénonçant le référendum qui aura lieu dimanche prochain en Crimée. La résolution proposée par les Américains demande à tous les Etats de ne pas reconnaitre le résultat de ce référendum. Il convient néanmoins de relever que le texte ne contient aucune critique directe, ni menace, contre Moscou. La Russie, détentrice de 11.500 têtes nucléaires, contre 8.000 pour les Américains, n’est en effet ni l’Iran, ni — encore moins — la Syrie…
Nucléaire : nouvelles menaces des Etats‑Unis à l’encontre de l’Iran
« Les Iraniens vont devoir prendre certaines décisions très difficiles afin de répondre aux préoccupations de la communauté internationale quant à la nature pacifique de leur programme nucléaire » a déclaré hier le secrétaire d’Etat américain John Kerry, avant la reprise lundi prochain de pourparlers internationaux. Le chef de la diplomatie américaine a également rappelé que l’Iran restait soumis à un régime très strict de sanctions internationales en matière commerciale. John Kerry a ainsi mis en garde contre toute tentation d’investissements économiques de pays tiers en Iran, après que des délégations d’entreprises se furent rendues sur place. « Si des gens transgressent le régime de sanctions, a averti M. Kerry, leurs entreprises seront punies ». Lors de la visite officielle aux Etats‑Unis du président français François Hollande en février, Barack Obama avait mis son hôte en garde au sujet des entreprises françaises qui feraient affaire avec Téhéran avant tout accord nucléaire définitif. Il convient de rappeler que la fermeture du marché iranien par les Américains est l’une des causes principales des actuelles difficultés du constructeur automobile Peugeot.
Le chiffre du jour
c’est 70.000 €
C’est la rondelette indemnité qu’a perçu Dominique de Villepin au titre de son départ anticipé à la retraite. Cela dans le cadre du décret du 8 juin 2011 permettant aux hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères de quitter définitivement l’administration de façon anticipée. Le hic, c’est qu’au 31 décembre 2013, cette réglementation a cessé d’être en vigueur. Ce qui n’a pas empêché le Quai d’Orsay, actuellement sous la houlette du socialiste Laurent Fabius, d’accéder à la demande de M. de Villepin, avec ce joli cadeau de départ. Entre potes du Système, on peut quand même se rendre des services, non ?
La bonne nouvelle du jour
Depuis plus de dix ans, la chapelle Saint‑Martial, peinte par Matteo Giovannetti, au Palais des papes en Avignon, était fermée au public. Les travaux de restauration viennent de commencer. Début 2015, les 600.000 visiteurs annuels que reçoit le Palais des papes devraient pouvoir de nouveau contempler le chef‑d’œuvre de Giovannetti.
Source et auteur : Bulletin de Réinformation de Radio courtoisie, version papier, 14 mars 2014

