Grands sujets
Cabinet noir contre cabinet noir
L’expression utilisée par le magazine Valeurs actuelles est réutilisée par le site Mediapart, fondé et dirigé par Edwy Plenel.
Valeurs actuelles dénonçait il y a peu l’existence d’une cellule élyséenne chargée de trouver le plus possible d’éléments à charge contre l’ancien président de la République. Le site Mediapart retourne, l’expression en écrivant « L’ancien président a mis en place un cabinet noir pour neutraliser les juges qui enquêtaient sur lui. »
Peut‑on parler d’une information fiable
S’il contient effectivement des révélations, cet article est typique des méthodes du journaliste Edwy Plenel, décrites en son temps par Pierre Péan et Philippe Cohen dans leur livre, la face cachée du monde.
De quelles méthodes s’agit‑il ?
La première marque de fabrique d’Edwy Plenel, c’est un usage particulier des sources d’information. Ambiance d’enquête poussée, je cite : « Mediapart a eu accès à la synthèse des retranscriptions de sept écoutes judiciaires sur la seconde ligne téléphonique de l’ancien président. ». Péan et Cohen écrivaient en leur temps, comment Edwy Plenel avait largement fondé sa carrière sur des révélations opportunément fournies par des sources policières et judiciaires.
En quoi cela pose‑t‑il problème ?
Les révélations viennent rarement par hasard. Pour que des écoutes judiciaires soient publiées, en violation du secret de l’instruction, il faut qu’elles aient été communiquées. Il faut se demander qui a eu intérêt à communiquer ces documents. Dans ce cas, le gouvernement a clairement besoin d’alimenter l’idée d’une profonde corruption de l’Etat UMP. Il faut aussi se demander quel est l’intérêt actuel de Mediapart. Ce site n’a rien à refuser au gouvernement qui vient de lui écrire une loi sur mesure. Menacé d’un redressement fiscal pour n’avoir pas payé la TVA à son taux normal, Mediapart y a échappé par un texte qui lui accorde le bénéfice de la TVA réduite dont profite la presse.
Quelles autres méthodes sont‑elles utilisées par Mediapart ?
Manifestement, ce site utilise aussi la révélation progressive de tout un dossier. Publié morceau par morceau, il permet de créer une ambiance de scandale permanent. Premier article, il y a des écoutes. Deuxième article, un petit bout de ces écoutes, l’article suivant en dira un peu plus, etc.
Mediapart est aussi habitué au gonflement artificiel des informations. Les sites people font un drame des moindres incidents de la vie des stars. Le site Mediapart fait la grosse voix pour décrire des conversations privées entre un avocat et son client. Sarkozy parle des « bâtards de Bordeaux » qui enquêtent sur d’éventuels dons de Lilianne Bettencourt. Le site parle du « complot de Sarkozy contre ces bâtards de juges », ce qui viserait toute la profession.
Cette « affaire » délibérément grossie par Mediapart peut‑elle profiter au gouvernement ?
Cela n’est pas certain. Pour le moment, les révélations sur les conversations de Sarkozy n’ont pas montré de preuves incontestables de faits très graves. Elles ont été accompagnées d’autres fuites d’informations. Une page de l’agenda confidentiel du président de la République a été publiée par le Journal du dimanche. Elle montrait que François Hollande recevait régulièrement les journalistes du Monde qui ont commencé à révéler le contenu des écoutes des téléphones de Nicolas Sarkozy. Une enquête est ouverte à l’Elysée pour trouver la « taupe » qui aurait diffusé cet agenda. Cela montre plus généralement que des fonctionnaires et des magistrats n’approuvent pas toutes les manœuvres de François Hollande et donnent parfois des coups de main à ceux qui cherchent à les contrer.
Rattachement de la Crimée à la Russie : entre proclamations, indignations et maladresses
La tension est montée d’un cran. La suite prévisible du référendum sur l’indépendance de la Crimée a eu lieu : le rattachement de la Crimée à la Russie, qui s’enrichit d’une nouvelle entité fédérée. Hier, en présence des deux assemblées parlementaires russes, Poutine a signé solennellement le rattachement de la Crimée à la Russie. Sur fond d’hymne national et d’applaudissements nourris, Poutine a prononcé un vibrant discours exposant la doctrine politique et géopolitique de la Russie.
Qu’est‑ce que Vladimir Poutine a déclaré ?
Il a rappelé l’importance des liens qui unissent la Crimée à la Russie. Pour les Russes, la Crimée est « une partie intégrante de la Russie ». Il a qualifié les événements en Ukraine de coup d’Etat. Poutine entend jouer la modération affirmant respecter l’intégrité territoriale de l’Ukraine et rejetant toute partition : « N’écoutez pas ceux qui disent qu’après la Crimée, nous irons plus loin (…) la Crimée a toujours été russe, ukrainienne, tatare.» Il a aussi rappelé le précédent du Kosovo, devenu indépendant en février 2008 à la suite d’un référendum, « moyen créé par l’Occident ». Poutine a voulu mettre Américains et Européens au pied de leurs contradictions.
Et les Occidentaux ?
L’UE, François Hollande et Obama, déclarent ne pas reconnaître ce rattachement. Les sanctions sont annoncées, mais la rhétorique semble aussi ferme que dérisoire.
Il y a d’autres questions que peu se posent
C’est, par exemple, le cas de l’Eglise gréco‑catholique ukrainienne. Elle ne dispose d’aucun statut en Russie, à la différence de l’Ukraine. Pourra‑t‑elle continuer à exercer ses activités dans une Crimée rattachée à la Russie ? Les grécos‑catholiques sont inquiets.
Brèves françaises
Importante hausse des faillites en 2013
A l’image du fabricant électroménager Fagor‑Brandt, qui a déposé le bilan à la fin de l’année 2013 et qui employait 1.800 salariés en France, petites, moyennes et grandes entreprises ne sont pas épargnées par les faillites. Selon un rapport par les cabinets Deloitte et Altares, 2013 s’est soldé par un nombre record de faillites du même ordre qu’en pleine crise en 2009. Ainsi, l’année dernière, les défaillances d’entreprises se sont élevées au chiffre vertigineux de 63.100, menaçant directement 270.000 emplois. Les liquidations judiciaires ont logiquement suivi cette hausse inquiétante qui touche tous les secteurs d’activité et les entreprises de toutes tailles.
Le ministre du Redressement productif, joueur assidu d’un jeu censé ruiner la productivité
Selon Enjeux, le magazine des Echos, Arnaud Montebourg ferait partie des 500 millions de « fans » de Candy Crush, un jeu pour téléphones mobiles. D’après le magazine mensuel « le ministre du Redressement productif stupéfie ses collègues par l’intensité et la vigueur de son engagement à aligner les petits bonbons lors des réunions interministérielles ». Il aurait d’ailleurs atteint le niveau 103, un très bon score pour quelqu’un censé travailler au redressement de la production française…
La loi patrimoine, une protection en trompe‑l’œil ?
C’est ce qu’affirme le site La Tribune de l’Art. En effet, l’idée de créer un statut particulier pour de grands domaines nationaux comme le Parc de Versailles ou de Saint‑Cloud semble bonne, mais son application risque d’être délicate. Le diable se niche en effet dans les détails. Le projet de loi prévoit que ces grands domaines jouiraient d’une inaliénabilité renforcée, mais les contours exacts seraient définis par le ministère de la Culture. Cela fait peser le risque de décisions administratives remettant en cause dans la pratique l’inaliénabilité affirmée en principe.
Près de la moitié des Français « dégoûtés » par la politique
Un sondage CSA publié hier révèle que 46 % de la population interrogée exprime un « dégoût » pour la politique, notamment en raison des affaires qui éclaboussent l’UMP et le PS ces dernières semaines. La seule personnalité à ne pas être touchée par ces affaires est Marine Le Pen. Or 30 % des gens interrogés affirment qu’ils les prendront en compte au moment de voter dimanche prochain bien que ce ne soit pas leur priorité.
La rhétorique pro‑euthanazie à l’œuvre dans les tribunaux
Le 3 janvier 2011, en Seine‑et‑Marne, un homme a étouffé sa fille tétraplégique et épileptique, qui était totalement dépendante de lui et de sa femme, elle‑même maniaco‑dépressive. Il a ensuite voulu tuer sa femme et se suicider puis il n’en a pas eu le courage. L’avocat, Me Hubert Delarue, ose parler de « crime d’amour », « d’une accumulation de pressions » et dit attendre de la cour d’assises « non pas de l’indulgence, mais de la compréhension ». Les psychiatres le décrivent comme un « père aimant » mais « homme épuisé », dépressif et à tendance alcoolique. Quant à sa fille, elle apparaissait heureuse et souriante et progressait rapidement dans son centre de rééducation.
Augmentation des cas de tuberculose en Seine‑Saint‑Denis
Cette maladie grave a connu en moyenne une baisse de 40 % en France entre 2000 et 2010, hormis en Seine‑Saint‑Denis. Les chiffres sont formels : huit cas pour 100.000 pour l’ensemble de la France contre seize en Ile‑de‑France et trente et un pour le seul département de Seine‑Saint‑Denis. Le bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’Institut national de veille sanitaire a ainsi commenté ces statistiques en affirmant que : « L’Ile‑de‑France est caractérisée par une population exposée, plus cosmopolite et plus jeune que dans les autres régions ». D’après le rapport, les personnes les plus touchées sont d’origine asiatique et surtout africaine.
Autres drames du moment, les morts de la rue
Le collectif « Les morts de la rue » organisait hier un rassemblement à la mémoire des 453 personnes dont elle a pu recenser le décès l’an dernier. Ce collectif met en réseau plusieurs associations, les catholiques d’ATD Quart‑monde et est soutenu par la mairie de Paris.
Brève internationale
Islam archaïque : un journaliste belge contraint à l’autocritique
Johan de Ryck, journaliste à la radio VRT Nieuws, a été convoqué par sa rédaction en chef pour faute déontologique. Il lui est en effet reproché d’avoir dit lors d’un journal dimanche dernier que « l’Arabie saoudite affiche l’une des formes les plus archaïques de l’islam ». Le rappel à l’ordre semble avoir porté ses fruits. Dans un communiqué de la chaîne publique belge publié en début de semaine, l’on peut apprendre que le journaliste « a reconnu qu’un tel choix de mot n’était pas adapté à un journal parlé de la VRT, que ça n’aurait pas dû se produire et que cela ne se répéterait plus ».
Saint du jour
Nous fêtons aujourd’hui saint Joseph, époux de la Vierge Marie et père adoptif du Christ. Saint Joseph est le patron de l’Eglise universelle, titre qui lui a été donné par Pie IX. C’est aussi le patron des artisans.
Le chiffre du jour
1,2 milliard d’euros
C’est ce que Laurent Fabius vient peut‑être de réduire en fumée en quelques mots hier soir au journal télévisé de TF1. Il l’a fait en évoquant la possibilité d’une annulation du contrat de fourniture de deux navires porte‑hélicoptères à la Russie. Il s’agirait d’une sanction de niveau trois si Poutine devait s’entêter en Ukraine.
Il a dû se raviser en raison des conséquences sur l’emploi et de la fureur de Jean‑Marc Ayrault, qui peine à exercer son rôle de Premier ministre. C’est un nouveau signe du manque profond de coordination de la parole publique qui touche le gouvernement. Fabius était au courant, il savait qu’il ne fallait pas en parler s’étrangle‑t‑on au sein du gouvernement.
Les déclarations de Fabius ont été dénoncées par M. Le Pen ou le sénateur P. Marini. Bruno Le Maire demande la suspension de la livraison prévue de frégates à la Russie. Les rodomontades ne sauraient faire oublier les actuels liens économiques et le récent rapprochement avec la Russie.
Source et auteur : Bulletin de Réinformation de Radio Courtoisie, 19 mars 2014

