Peut-on débattre de l’euro ?

 

L’union des Jeunes Euroréalistes est une association de rassemblement des jeunes euro-critiques issus de tous les horizons. Ils réclament un débat sur l’euro dans Le Figarovox :

E« Tandis que la crise de l’euro resurgit en Grèce et que des économistes, toujours plus nombreux, prophétisent une sortie prochaine de l’Italie de la zone euro, la monnaie unique continue d’attirer de nouveaux pays. Après l’Estonie en 2011 et la Lettonie en 2014, le 1er janvier 2015, ce sera au tour de la Lituanie de rejoindre ses deux voisins Baltes en devenant le dix-neuvième Etat membre de la zone euro.

[…] Puisque les peuples européens n’ont pas davantage été consultés au sujet de savoir s’ils souhaitaient partager leur monnaie avec une nouvelle nation dont le produit intérieur brut par habitant équivaut à à peine plus d’un tiers de celui de la zone euro. Et puisque le FMI, les agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s, ainsi que les technocrates européens ont d’ores et déjà applaudi la nouvelle. Peu importe, en effet, car pour cette ancienne république soviétique qui a rejoint l’Union européenne et l’Otan en 2004, cette adhésion à la zone euro est avant tout une décision géopolitique dans laquelle les peuples européens, ignorés, n’ont pas leur mot à dire.

[…] C’est donc un nouvel épisode de la construction européenne telle qu’elle a été menée depuis plus de 20 ans qui se jouera le 1er janvier 2015. Une nouvelle fois, la décision a été prise sans le consentement des peuples. Une nouvelle fois, la précipitation d’une extension inconsidérée vers l’Est a primé sur le bon sens et la stabilité économique du continent. Une nouvelle fois, la zone euro ignore toute cohérence fiscale en accueillant en son sein un pays bénéficiant d’un impôt sur les sociétés à 15% (5% pour les petites et moyennes entreprises). Enfin, une nouvelle fois, le tabou autour d’une sortie de l’euro condamne l’existence même d’un débat à ce sujet.

En zone euro, depuis la crise, la décision est prise: la dévaluation sera interne. La position allemande imposant des politiques d’austérité l’a emporté. Et comment la blâmer? Sans sortie de l’euro, et sans austérité, l’intégration budgétaire européenne nécessiterait d’importants transferts de richesse entre les différents pays européens et notamment de l’Allemagne vers l’Europe du Sud. Ces transferts équivaudraient à environ 3% du PIB allemand – 85 à 90 milliards d’euros chaque année – soit ce qu’a coûté la difficile réunification allemande pendant 10 ans qui pourtant eut lieu au sein d’une même nation.

L’euro a été mal conçu, l’euro est en crise, les peuples n’ont qu’un mot à dire: bienvenue à la Lituanie! »

 

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