Président du parlement de la Belle Province, Jacques Chagnon rappelle les combats menés pour la diversité culturelle. L’assemblée parlementaire siège à Berne cette semaine.
« C’est incontournable. » Pour Jacques Chagnon, la question de l’utilité de la Francophonie ne se pose pas. Président du parlement québécois, le membre du Parti libéral au pouvoir dans la Belle Province juge indispensable d’être présent au sein de l’organisation internationale. « Le Québec a la plus grande concentration de francophones au Canada. Ça nous permet d’avoir une porte ouverte sur le monde, un espace politique. »
Et d’asséner: « Parfois, il y a des populistes qui mettent en cause ces relations internationales. Je les ai toujours défendues. C’est capital. Nous vivons dans un monde globalisé. Nous avons intérêt d’avoir le plus de contacts possibles avec les décideurs. Ceux-ci auront un impact pour tout le monde. »
Québec en première ligne
Le combat pour la diversité culturelle, selon Jacques Chagnon, est exemplaire de cette importance. A la fin des années 1990, dans le cadre des négociations de l’Organisation mondiale du commerce à Doha, la culture risquait d’être traitée de la même manière qu’un service ou une marchandise. Les pays francophones, France en tête, se sont battus pour « défendre l’idée de la diversité culturelle et sa protection » , rappelle Jacques Chagnon.
Voisin des Etats-Unis, le Québec est en première ligne dans ce domaine. La culture américaine dispose de moyens que la Belle Province n’a pas, rappelle l’élu. Mettre en place des quotas de chanson francophone à la radio, par exemple, n’a pas pour vocation de dévaloriser la culture « US » ni de l’empêcher d’être diffusée. Le but est que les Etats ne perdent pas de leur diversité, ne subissent la dictature du plus fort, soutient encore Jacques Chagnon. Et de déplorer la disparition, dans son propre pays, de langues amérindiennes. A ses yeux, une situation aussi dramatique que la perte d’une espèce en matière de biodiversité.
Expérience extraordinaire
Revenons à la culture. « Au début, l’Unesco ne voulait rien entendre. Il a fallu d’abord mobiliser. Aujourd’hui, 138 pays ont ratifié la charte » , se réjouit-il à propos de la convention qui reconnaît la diversité culturelle. Ce combat a permis de « voir une idée se transformer en loi de droit international » et c’était « une expérience extraordinaire et politique » , dit le Québécois. « Il n’y a pas grand-chose que nous faisons dans le monde du droit international qui n’ait pas d’influence sur le local. »
Avec des Etats voisins
Parallèlement, Jacques Chagnon entretient des contacts bilatéraux avec les Etats du Massachussetts et de New York. « Nous sommes en train d’établir une relation avec le Parlement de Louisiane » , ajoute-t-il. Si avec les deux premiers, l’approche est davantage commerciale et financière, elle sera culturelle avec le troisième. Napoléon a vendu la Louisiane, de tradition francophone, aux Etats-Unis en 1803. Le français y a peu à peu régressé. Mais depuis la fin des années 1960, l’heure du renouveau a sonné.
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