Journal du Mardi 12 avril 2016
Politique / Valls achète la paix sociale
Manifestations dans la rue, Nuit debout, place de la République, voilà deux mois maintenant que la jeunesse – enfin, une certaine jeunesse – est mobilisée contre la loi travail de Myriam El Khomri… et les jeunes n’ont clairement pas envie de retourner dans leurs facs et leurs lycées. Du coup, pour tenter de les calmer, le gouvernement socialiste applique les bonnes vieilles méthodes politiciennes : promettre des cascades d’argent public… Florilège des dernières promesses d’un gouvernement fantôme. Natasha Köenigsberg
400 millions… 500 millions d’euros, n’en jetez plus, l’argent public coule à flots… et tant pis s’il n’y en a pas dans les caisses… et tant pis si cela donne des idées à d’autres qui estiment ne pas en avoir reçu assez après avoir manifesté… Et tant pis si cela donne des idées à d’autres qui n’ont pas encore réclamé.
A quoi vont servir ces 400 ou 500 millions d’euros promis par Manuel Valls pour un énième plan jeunes pour l’emploi, alors qu’il y a encore quelques semaines, ce gouvernement affirmait que jamais personne n’en avait fait autant pour la jeunesse avant ?
D’abord, une revalorisation des bourses des lycéens. Bourses accordées aux familles à revenus modestes. On nous annonce 10 % d’augmentation, ce qui signifie 40 euros de plus par an pour la plus petite bourse, 83 euros de plus par an, pour la plus grosse. Pas de quoi fouetter un CRS.
De même, 25 000 bourses de 1 000 euros pour des étudiants qui en étaient privés jusqu’ici vont sortir du chapeau. En espérant qu’ils vont retourner étudier Freud ou Marx à la fac, avec les autres boursiers, même si on n’est pas du tout sur que ce soient les boursiers qui manifestent dans la rue.
En tout cas, Manuel Valls, généreux avec l’argent des autres, va nous coûter 65 millions d’euros avec cette mesure. Les boursiers, encore, seront à la fête, car l’Etat leur versera encore des sous pendant 4 mois après l’obtention de leur diplôme, partant du principe qu’un jeune trouve un emploi 4 mois en moyenne après avoir terminé ses études… Coût de la plaisanterie : 130 millions d’euros par an quand même.
Pêle-mêle, le plan jeune de Manuel Valls prévoit encore un accès simplifié à la complémentaire santé gratuite, la fameuse CMU-C. Il suffira d’attester sur l’honneur, un concept qui fait rire en 2016, que l’on est “en rupture avec sa famille”, pour en bénéficier. Coût estimé de la plaisanterie : 20 millions d’euros.
Les mieux lotis sont sans doute les apprentis : au 1er janvier 2017, ils toucheront 200 euros de plus par mois, quand même ! Bien sur, les employeurs ne mettront pas la main à la poche, ils n’auraient de toute manière pas pu, mais l’Etat s’en chargera, c’est à dire vous. Coût : 80 millions d’euros. Ajoutez une pincée de garantie des loyers accordées aux moins de 30 ans, c’est à dire que l’Etat payera le loyer des jeunes sans le sou, ou qui les auront utilisés à boire des coups. Une plaisanterie à 100 millions d’euros tout de même… et vous avez le tableau quasi complet du plan Jeunes de Manuel Valls…
Des sous, des sous, et encore des sous, voilà donc la solution des socialistes au malaise et au mal-être de la jeunesse. On nous parle d’aider les jeunes à trouver un emploi, mais si vous avez bien suivi, pas une mesure énoncée n’y est réellement consacrée. Et pour cause… ils ont déjà tout fait en matière d’emploi pour la jeunesse.
Il faut s’attendre maintenant à ce que les agriculteurs, les aiguilleurs du ciel, les agents de la SNCF descendent eux aussi dans la rue pour réclamer de l’argent, puisque c’est si facile, en cette fin de règne, d’en obtenir en manifestant.Politique / Primaire cacophonique chez Les Républicains
11 candidats pour la primaire de la droite ! Les Républicains voient la liste des prétendants s’allonger jours après jours. Si la multiplication des candidatures peut annoncer l’émergence d’un débat profitable au renouvellement des idées, trop de candidats rend la défense d’un programme inaudible.
Nicolas Sarkozy n’ayant toujours pas annoncé sa volonté de se présenter, seuls 3 candidats arrivent à tirer leur épingle du jeu dans les sondages : Alain Juppé, Bruno Le Maire et François Fillon. Derrière eux, 8 candidats se sont lancés dans la bataille. Certains souhaitent porter des valeurs comme les députés pro-famille, Jean-Frédéric Poisson et Hervé Mariton, le 1er étant eurosceptique, le second pro-américain. Jacques Myard, également pro-famille souhaite quant à lui, défendre une ligne souverainiste.
Certains règlent leurs comptes comme Nadine Morano et d’autres jouent placé en vue d’accrocher une place après l’élection. C’est le cas de Jean-François Copé, de Frédéric Lefebvre et de Nathalie Kosciusko-Morizet. De son côté, Geoffroy Didier mise sur la jeunesse et le renouvellement politique, un peu à la manière de Bruno Le Maire à cela près que ce dernier fait campagne depuis 2 ans. Enfin, Henri Guaino a annoncé qu’il n’exclurait pas de se présenter tout comme Michèle Alliot-Marie.
La cacophonie des candidats devrait cependant se dissiper par l’élimination d’une partie d’entre eux, faute de parrainages suffisants. Pour être candidat, il faut disposer de la signature de 2 500 adhérents et de 250 grands élus dont 20 parlementaires. Cette règle fera un premier écrémage et permettra des ralliements autour de quelques figures pour le mois de septembre, à la fin du dépôt des candidatures. La primaire se déroulera ensuite les 20 et 27 novembre. Seuls quelques candidats déjà annoncés sont assurés de pouvoir participer : Alain Juppé, Bruno Le Maire, François Fillon et Jean-Frédéric Poisson puisque ce dernier est président d’un mouvement politique allié : le Parti Chrétien Démocrate, ce qui le dispense de fournir les parrainages.
Pendant ce temps, l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy se fait toujours attendre. Autre inconnue qui pourra peser lourd, la position du centre. L’UDI ne participe pas à la primaire. En cas de candidature de Nicolas Sarkozy, le président du centre Jean-Christophe Lagarde menace de soutenir François Bayrou s’il est candidat… Beaucoup de “si” mais une certitude : la cacophonie chez Les Républicains ne profite pas à l’élaboration d’un programme ancré à droite et le candidat élu devra composer avec toutes les tendances… y compris les plus incompatibles.Union européenne / La Hollande, tête d’affiche de l’euroscepticisme.
Il y a moins d’une semaine, les Néerlandais disaient non à un référendum consultatif sur l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne. Cet accord ratifié par 27 des 28 Etats de l’UE encadre les liens politiques et commerciaux entre Kiev et Bruxelles. Passé presque inaperçu, ce référendum d’initiative populaire a dépassé tout juste les 30 % de participation nécessaire à sa validation.
Le résultat du vote est ans appel : 61 % contre l’accord d’association, 32 % pour. Le caractère consultatif du vote ne lie pas le gouvernement hollandais de Mark Rutte mais le contraint d’une certaine manière à revoir son rapport à l’Union européenne. A moins d’un an des élections législatives où les eurosceptiques devraient faire une percée, les récentes études d’opinion placent en tête le PVV, le parti pour la liberté, le mouvement populiste de Geert Wilders. Le jeune mouvement populiste jouit d’une confiance croissante dans la population et a su se faire une place tant au niveau national qu’au niveau européen où il a créée un groupe avec le Front National notamment.
Le parti populiste représente avec les souverainistes du UKIP de Nigel Farage en Angleterre, les têtes de gondoles de l’euroscepticisme. A 2 mois du Brexit, pouvant entraîner la sortie du Royaume-Uni de l’UE, ce référendum pourrait bien signer le début d’une décomposition de l’Europe politique telle que nous la connaissons.
Autre grand gagnant de ce référendum : la Russie. Derrière la montée des critiques vis-à-vis de Bruxelles, Moscou pense avoir une carte à jouer. Le 1er ministre russe Dimitri Medvedev s’est empressé de qualifier les résultats d’indicateur du point de vue des Européens sur le système politique ukrainien. Si Moscou entend discréditer la position européenne sur l’Ukraine, ce mouvement de défiance généralisée des électeurs contre Bruxelles laisse entrevoir une autre partie de poker dans laquelle s’inscrit Vladimir Poutine. Le président russe pourrait espérer la poussée des populismes européens qui lui sont massivement favorables pour envisager une redistribution des cartes de la géopolitique européenne et mondiale.International / Yémen : cessez-le-feu sur le fil
Impossible cessez-le-feu au Yémen. Quelques heures après son décret dimanche à minuit, des combats ont éclaté sur les 2 principaux fronts à Taëz au Sud-Ouest et Mareb, à l’Est de la Capitale Sanaa. La guerre opposant les Houthis, alliés des Iraniens, aux forces du président en exil Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenues par l’Arabie Saoudite, a fait près de 6 300 victimes dont la moitié sont des civils. Les 2 camps s’accusent mutuellement d’avoir rompu la trêve. Les loyalistes déplorent les bombardements :
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Mais selon l’ONU, les bombardements de la coalition de pays arabes menée par Riyad ont fait 2 fois plus de victimes civiles que n’importe quelles autres forces présentes dans le pays. Le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme déplore la destruction de marchés, d’écoles, d’usines et d’hôpitaux. En effet, 25 % des structures de santé sont désormais détruites. De plus, l’embargo décidé par l’ONU fait peser un risque de famine dans 10 des 22 provinces yéménites. A cela, s’ajoute les attentats islamistes. Ce mardi, un kamikaze d’Al-Qaïda s’est fait exploser à Aden, tuant 5 recrues de l’armée gouvernementale. Lundi prochain, des pourparlers sont prévus pour conclure un accord de partage du pouvoir. Le général Ali Mohsen, réputé proche des salafistes et entretenant des relations ambiguës avec Al-Qaïda a été nommé au poste de premier ministre. Une décision qui montre la volonté du président Hadi de résoudre le conflit par la force.
L’actualité en bref
Incidents à Mayotte après 13 jours de grève générale ! De jeunes casseurs ont profité des barrages des syndicalistes pour s’en prendre aux automobilistes. Les autorités dénombrent 2 personnes poignardées. Des véhicules de police ont été la cible de jet de pierres. Des villageois ont dû prendre le relais des forces de l’ordre, en sous effectif. Dimanche, pendant une suspension de la grève, les habitants de l’île se sont rués dans les magasins craignant une pénurie. L’intersyndicale réclame l’égalité réelle avec la métropole en matière de prestations sociales et d’application du code du travail. Les grévistes demandent aussi des moyens pour lutter contre l’insécurité et construire des écoles.
Quick choisit le halal ! Après le celui des Près-d’Arènes à Montpellier, c’est au tour du Quick de Lunel dans l’Hérault de devenir 100 % halal. Comme notifié sur la vitrine de l’établissement, le bœuf et le poulet sont certifiés halal par l’Association Rituelle de la Grande Mosquée de Lyon. La direction de l’établissement explique ce changement par le nombre croissant de musulmans. Résultat, les personnes désireuses de manger des sandwichs non confessionnels devront se rendre dans le Quick de Saint-Aunès à 20 kilomètres… Sinon, ils pourront aussi se restaurer dans un établissement traditionnel.
Nouveau transfuge MRC vers le FN ! Thibaut Garnier, 22 ans, secrétaire national du Mouvement républicain et citoyen, le parti de Jean-Pierre Chevènement, ne supportait plus l’alliance de son parti avec le PS. A la manière de Florian Philippot, il a claqué la porte pour rejoindre Marine Le Pen. Le vice président du FN, lui a déjà demandé de réfléchir aux “nouvelles formes de mobilisation de la société” et lui a confié le pôle “veille et prospective”.
Victoire de l’AGRIF ! L’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne a fait condamner Hakan O. à 3 mois de prison ferme pour injures à caractère racial. Lors d’une altercation dans un train à l’occasion d’un contrôle de billet, un usager qui s’est interposé a été traité de “sale Français, sale blanc”. Faits marquants : d’une part, ce procès est l’un des rares à reconnaître le racisme anti-blanc et d’autre part, pour la deuxième fois, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, la LICRA, s’est constituée partie civile. L’association affirme toutefois que “le racisme anti-blanc est un phénomène relativement marginal face à l’antisémitisme”.
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