JOURNAL DU LUNDI 27 JUIN 2016 : UNION EUROPÉENNE / BREXIT : L’ONDE DE CHOC

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Journal du Lundi 27 juin 2016 : Union européenne / Brexit : l’onde de choc

 

Le Royaume-Uni fracturé après le Brexit. Depuis les résultats du référendum, l’Ecosse parle désormais d’indépendance vis à vis du Royaume-Uni et le Sinn Féin Nord-Irlandais de réunification avec la République d’Irlande. A l’étranger, les réactions sont diverses. Quand François Hollande appelle au “sursaut européen”, Barack Obama affirme vouloir garder la main sur Londres. Pierre Bergerault

Menace sur le Royaume-Uni. Quelques jours après la validation par référendum du BREXIT, les premières secousses politiques s’abattent sur Londres. D’abord en interne. En effet, l’Ecosse ainsi que l’Irlande ne se réjouissent pas de l’issue du scrutin. L’Ecosse s’est d’ailleurs prononcée à 62 % pour le maintien dans l’Union européenne. Selon un sondage, 52 % des Ecossais veulent désormais que leur pays se sépare du Royaume-Uni et l’Irlande devra rétablir ses frontières. En Irlande du Nord, le score a atteint les 56 %.
De l’autre côté de la Manche, on a aussi la gueule de bois à l’Elysée. François Hollande a reçu les présidents des grands partis pour organiser la séparation. Si le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, appelle à faire des propositions pour refonder l’Union, le président des Républicains, Nicolas Sarkozy préconise un nouveau traité intergouvernemental. Jean-Luc Mélenchon dénonce pour sa part “l’agitation et le bricolage” face à la demande de “sursaut européen” de François Hollande. De son côté, Marine Le Pen a demandé un référendum sur la sortie de la France de l’Union européenne, essuyant une fin de non-recevoir. Le président de la République en a d’ailleurs profité pour réaffirmer le danger que représentent les populismes.

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De son côté, le président américain, Barack Obama, indique que les partenaires économiques et financiers de part et d’autre de l’Atlantique resteront en contact.

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Quoi qu’il en soit, le Royaume-Uni est libre mais demeure dans l’incertitude. Une incertitude qui n’épargne pas les partis. Chez les Travaillistes, une douzaine de représentants du cabinet fantôme de Jeremy Corbyn a démissionné. Le conservateur pro-Brexit, Boris Johnson, qui fait figure de prochain premier ministre malgré une fronde dans la majorité, n’a aucune envie de tourner le dos à Bruxelles et souhaite négocier un partenariat commercial.

Société / Notre-Dame-des-Landes : le cadeau empoisonné

L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes validé par référendum. Avec une participation à 51 %, les inscrits au scrutin se sont finalement prononcés en faveur du projet d’aéroport à plus de 55 %. Les opposants au projet n’ont pas dit leur dernier mot pour autant. Floriane Jeannin

Les socialistes peuvent se féliciter du résultat. 55 % des votants au référendum sont favorables au projet de construction de l’aéroport Notre-Dame des Landes.

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Pour autant, on doute que le scrutin mette un point final à un demi-siècle de balbutiements. En effet, si le sujet n’est sur le devant de la scène que depuis quelques années, le projet lui, mijote depuis le milieu des années 60. D’abord reporté avec le choc pétrolier des années 70, il a fait son grand retour dans les années 2000 sous le gouvernement de Lionel Jospin. Depuis, opposants et partisans n’ont de cesse de s’affronter. Fin 2007, malgré le Grenelle de l’environnement, validant le gel de toute création aéroportuaire, le projet est validé et le Conseil d’Etat publie le décret l’année suivante. Commence alors un vrai combat sur le terrain avec des militants “altermondialistes” et écologistes radicaux. Des centaines d’individus investissent les lieux et transforment le chantier en ZAD, Zone à défendre. Pour eux, le projet représente un gaspillage d’argent public et surtout une destruction de nombreuses parcelles de terres agricoles. Ils considèrent par ailleurs que l’aéroport de Nantes est largement suffisant pour la région et qu’un second complexe est une gabegie.
Si les socialistes au pouvoir se félicitent du résultat du vote, notamment le ministre des Affaires Etrangères, Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes, le plus dur reste à faire. En effet, si les CRS et les injonctions n’ont pas eu raison des opposants, tout porte à croire que le vote des électeurs de Loire-Atlantique n’aura pas davantage de poids. Les occupants du site ont d’ailleurs déjà affirmé qu’ils ne reconnaissaient pas le vote. Quoi qu’il en soit, après cette expression de la volonté populaire, le gouvernement n’a plus le loisir de laisser pourrir la situation et va devoir faire appliquer cette décision. Dans la mesure où aucun consensus avec les zadistes ne semble possible, il va donc falloir recourir à la force et s’exposer à de nouvelles bavures comme ce fut le cas à Sivens, dans le Tarn, pour le projet de barrage. Le premier ministre, Manuels Valls, à d’ores et déjà annoncé l’expulsion des zadistes ainsi que le lancement des travaux avant l’automne… Autre défi à relever dans les mois à venir pour les socialistes : le prochain congrès ! En effet, il doit être organisé à Nantes et va devenir un lieu clé pour les opposants au projet qui souhaitent se faire entendre… jusqu’à la fin.

Economie / Les commerces de centre-ville accusent le coup

La reprise est là à en croire François Hollande… Ce n’est pas exactement ce que vivent au quotidien les entrepreneurs et en particulier les commerçants… Le taux de vacances des boutiques en centre ville frôle les 10 %, soit 1 point de plus que l’an dernier… Natasha Koenisberg

Il suffit de se promener dans les centres ville n’importe où en France… Dès que l’on s’éloigne de la rue ou du groupe de rues commerçantes, on tombe sur des boutiques fermées parfois barrées du panneau liquidation ou bail à céder. Depuis 2008, l’immense majorité des commerçants de centre ville n’a jamais retrouvé le chiffre d’affaires d’avant la crise. Résultat : une fois que le magasin de vêtements, la boutique de téléphonie, la quincaillerie a mangé son pain blanc, après avoir licencié un vendeur ou deux, une fois que le stock qui avait encore un peu de valeur a été bradé, le commerçant ferme laissant dans l’affaire des mois ou des années de salaires impayés et souvent toutes ses économies sans parler des éventuelles dettes personnelles qui lui restent sur le dos.
En cause : 3 raisons majeures ! Oui bien sûr la concurrence d’internet joue. 60 milliards d euros d’achats seront effectués sur la toile cette année. C’est autant de moins pour les commerçants de proximité mais aussi les grandes surfaces. Mais il n y a pas que cela. Joue aussi la politique anti-voitures en centre ville menée par bien des maires à commencer par celle de paris. Quand on décourage les chalands de se rendre en ville en voiture, surtout ceux qui habitent à la périphérie, il ne faut pas s’étonner ensuite qu’ils ne viennent plus y faire leurs emplettes…
Mais la vraie raison du sinistre du commerce de proximité c’est bien évidemment le matraquage fiscal. Les petits commerçants et artisans n’en peuvent plus des taxes et impôts en tôt genre qui ne cessent d’augmenter quand leur chiffre d affaires n’en fini pas de baisser d’année en année. Si l’on ajoute le RSI, le régime social des indépendants, qui a mis sur la paille ou conduit au tribunal bien des commerçants, on comprend pourquoi ils ferment et ne trouvent personne pour reprendre derrière.
Ouvrez bien les yeux : le grand remplacement à déjà commencé. Terminées les petites enseignes indépendantes. Dans les quartiers commerçants, ce sont les chaînes qui terminent de les remplacer. Par endroits, la même marque peut parfois avoir 2 ou 3 boutiques à quelques dizaines de mètres de distance. Seules les chaînes ont en effet les épaules assez larges pour résister en période de crise… Elles font aussi d’excellentes affaires en reprenant parfois des baux commerciaux à zéro au Tribunal de commerce. Quant à l’emploi, on sait qui travaille dans ces boutiques et à quelles conditions… terminant de modifier un peu plus encore la physionomie et la sociologie de nos centres ville…

International / Irak : l’armée récupère Fallouja

Fallouja reprise à l’Etat Islamique. Selon les forces irakiennes, la ville de la province d’Al Anbar, à seulement 50 km de Bagdad, a été reprise aux terroristes dimanche après une campagne offensive de plus d’un mois. Le premier ministre s’est félicité de ce succès et a d’ores et déjà donné le prochain défi pour l’armée : la récupération de Mossoul, ultime place forte de l’Etat Islamique.
La reprise de Fallouja est forte en symbole puisque la ville avait été la première à tomber sous la coupe de Daech en janvier 2014. Selon l’ONU, la bataille de Fallouja a engendré une grave crise humanitaire puisqu’en seulement un mois d’offensives, près de 85 000 personnes ont fui en exil. Le premier ministre a exprimé son souhait de voir revenir les populations au plus vite mais les instances internationales ont préféré la prudence. En effet, il n’est pas exclu qu’il reste de nombreux engins explosifs sur place.
Les forces américaines sont très clairement restées en retrait sur les combats de Fallouja. Elles semblent se concentrer sur la future offensive de Mossoul, encore plus symbolique. De manière plus générale, l’Etat Islamique perd peu à peu ses bastions, tant en Irak qu’en Libye. Pour le géopolitoloque Bassam Tahhan, il faut se méfier de ces victoires d’apparence.

Interview de Tahhan

L’actualité en bref

Refugees Welcolme ! C’est le nom d’une association allemande qui met en relation des demandeurs d’asiles, des réfugiés, des immigrés, avec des personnes ayant des chambres disponibles. Ce Airbnb pour migrants a été créé fin 2014 par 3 jeunes Allemands. Leur objectif : loger des migrants dans les centres-villes afin de pouvoir les intégrer. L’association est un succès aux Pays-Bas, au Canada, en Autriche, en Espagne, en Grèce, en Suède, et en Italie. Si le but de “Refugees Welcolme” est louable, n’oublions pas l’affaire de cette jeune américaine tuée à Vienne par un réfugié qu’elle logeait chez elle.

Travail dominical : Anne Hidalgo enfonce Macron ! Le Conseil constitutionnel donne raison au maire de Paris. Les magasins pourront ouvrir 12 dimanches par an en obtenant les dérogations directement du maire. Camouflet donc pour Emmanuel Macron qui prévoyait, dans sa loi, que les autorisations soient délivrées par le Préfet. En revanche, Anne Hidalgo ne pourra empêcher les Galeries Lafayettes Haussman d’ouvrir tous les dimanches à partir de 2017. Une mesure initialement prévue dans la loi Macron.

Législatives espagnoles : les conservateurs en tête ! Dimanche, le Parti Populaire, dont est issu le gouvernement sortant de Mariano Rajoy, est arrivé en tête des élections législatives. Malgré 14 sièges de plus qu’en décembre dernier, l’élection des 137 députés conservateurs ne suffit pas à atteindre la majorité de 176 sièges. Le parti socialiste arrive en seconde position avec 85 sièges, tandis que les communistes et Podemos, alliés dans ces élections, arrivent en troisième position avec seulement 71 députés. Ciudadanos, le parti centriste ne gagne que 32 sièges.

20 ans de réclusion criminelle. C’est la peine prononcée vendredi 24 juin par la Cour d’assises de Saint Omer, dans le Pas de Calais, à l’encontre de Fabienne Kabou. En novembre 2013, Fabienne Kabou avait noyé sa petite fille, Adélaïde, âgée de 15 mois. Si la Justice a mis 3 ans à condamner la “mère infanticide”, c’est parce qu’elle s’est trouvée devant un cas qui sort de l’ordinaire… La difficulté était de statuer sur la lucidité de cette femme de 39 ans, prise entre sorcellerie, vaudou et psychopathie, mais présentant un QI supérieur à la moyenne. La condamnée doit subir un suivi psychologique et des soins au cours de sa peine d’emprisonnement.

Et avant de se quitter, un hommage à l’écrivain Maurice G. Dantec. Il s’est éteint samedi après une crise cardiaque à Montréal. Maurice G. Dantec se revendiquait royaliste et était l’auteur des Racines du Mal, souvent considéré comme son plus grand roman. En 1993, son premier ouvrage, Sirène Rouge, avait reçu le trophée 813 du meilleur roman francophone.

C’est la fin de notre édition ! Dans un instant, notre “Zoom” du jour. Plus jeune premier ministre du Mali entre 2014 et 2015, Moussa Mara préside le mouvement Yelema (le changement) et vient de publier un ouvrage sur un thème essentiel :”La jeunesse africaine, un grand défi à relever”. Expert-comptable, celui qui fut maire d’un arrondissement de Bamako porte un regard lucide sur l’Afrique et tient un langage clair sur l’immigration. Pour lui, l’émigration des Africains est avant tout une perte pour l’Afrique. Candidat en 2018 à la présidence de la République du Mali, Moussa Mara interpelle la diaspora malienne installée en France en s’écriant :”Cessez de croire que vous trouverez mieux ailleurs qu’au Mali”.

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Et ce soir, retrouvez “Politique-Eco”. Olivier Pichon, Jean-Christophe Mounicq et Pierre Jovanovic évoqueront la fragilité des banques, la ruine des épargnants et la fin du modèle économique issu de la Renaissance.

 

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