JOURNAL DU MERCREDI 20 JUILLET 2016 : TERRORISME / L’ÉTAT D’URGENCE SE DILATE

 

Journal du mercredi 20 juillet 2016

Trois soldats français des forces spéciales ont été tués dimanche en Libye. L’attaque, revendiquée par une milice djihadiste, se serait produite à l’Est de Benghazi. Les trois militaires en “service commandé” se trouvaient à bord d’un hélicoptère. Nos pensées vont à leurs familles.

Terrorisme / L’état d’urgence se dilate

La France s’enfonce dans une situation d’exception : celle de l’état d’urgence…. Instauré le 21 novembre 2015, une semaine après l’attentat du Bataclan, il a déjà été prolongé deux fois, le 26 février et le 26 mai dernier… il devait être levé le 26 juillet prochain mais le dramatique attentat terroriste de Nice en a décidé autrement…. Natasha Koenigsberg.

L’etat d’urgence, ou la manière habile ou hypocrite, c’est selon, de ne pas dire que nous sommes en guerre… C’est très exactement pour ne pas se déclarer en état de siège, à la suite des attentats meurtriers perpétrés par le FLN algérien sur le sol français en novembre 54, que l’état d’urgence est inventé… Ironie de l’histoire, le 3 avril 1955, la loi qui l’instaure est votée malgré l’opposition de 255 députés de gauche…
Avec l’état d’urgence, contrairement à l’état de siège, qui existe depuis 1849, la responsabilité du maintien de l’ordre n’est PAS transférée à l’armée… Par ailleurs, lors de la promulgation de l’état d’urgence version 2015, la justice militaire se voit retirer la possibilité de se saisir des crimes et délits connexes à l’état d’urgence.. C’est dommage, car sans cela, les terroristes interpellés vivants et surtout, leurs complices auraient pu, ou du être jugés par des tribunaux militaires.
L’état d’urgence instauré en novembre dernier a par ailleurs été allégé dans sa version de février et mai 2016… La loi qui a été votée le 20 juillet, et le prolonge de 6 mois supplémentaires, réintègre des mesures de novembre 2015, comme l’assignation à résidence administrative, c’est à dire sans intervention d’un juge, ou encore, la possibilité d’explorer les ordinateurs, tablettes et smartphones saisis lors d’une perquisition, sans avoir à motiver ces investigations.
Une loi d’exception qui dans d’autres pays pas très démocratiques est largement utilisée pour surveiller et brimer les adversaires politiques. Heureusement, nous ne risquons rien de tel en France, ceux qui nous dirigent sont beaucoup trop soucieux de la préservation des libertés individuelles, et respectueux des règles de la démocratie…
Le problème, c’est que malgré l’état d’urgence, plusieurs attentats terroristes ont été perpétrés sur le sol français depuis le Bataclan, dont, le dernier en date, particulièrement meurtrier, a fait 84 morts, une vingtaine de blessés dans un état critique, des centaines d’autres blessés, et des milliers, pour ne pas dire des millions de français traumatisés.

Le problème, c’est que malgré l’état d’urgence, les opposants à la loi Travail ont pu défiler à 11 reprises dans les rues de Paris et des grandes capitales de province, avec, à chaque fois, leur cohortes de casseurs, rarement inquiétés par la police et la justice. Le problème, c’est que l’Euro 2016, ou même, les festivités du 14 juillet, étaient en théorie incompatibles avec l’état d’urgence qui aurait du interdire les rassemblements de foules… on a vu le résultat à Nice, l’occasion était trop belle pour les terroristes. Le problème, enfin, c’est que l’état d’urgence use les forces de police et de gendarmerie déjà passablement éreintées, notamment par les différentes réformes, en particulier sous le règne de Nicolas Sarkozy qui a supprimé des milliers de postes au sein des forces de l’ordre…
Résultat, aujourd’hui, les criminels et délinquants de droit commun ont les coudées franches… Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’état d’urgence ne protège pas mieux les français… la preuve : le nombre de cambriolages est ainsi en augmentation significative ces derniers mois dans plusieurs dizaines de départements français… Par ailleurs, les forces de l’ordre n’ont plus les moyens de patrouiller à certaines heures, ou à certains endroits… Police secours n’envoie un équipage que si vraiment, l’événement qui a motivé l’appel semble critique.
De plus en plus de voix s’élevent pour dire que l’état d’urgence n’est qu’une facade… Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS et spécialiste des questions de sécurité affirme que “L’état d’urgence, qui est en train de devenir permanent, n’est pas d’une grande efficacité dans la lutte contre le terrorisme”. Le député PCD Jean Fredéric Poisson, rapporteur du contrôle parlementaire de l’état d’urgence, affirme que cet état d’exception qui se prolonge crée un risque flagrant de déséquilibre des pouvoirs, il a d’ailleurs été l’un des rares à avoir voté contre sa prolongation…
Le député LR Frédéric Lefebvre, lui, propose carrément d’activer l’état de siège… car pour lui, la menace exige une réponse militaire… Seulement voila : l’armée aussi est à bout de souffle, avec 10 000 soldats déployés pour l’opération Sentinelle, elle a atteint son maximum… Et l’idée lumineuse de François Hollande de faire appel à la réserve opérationnelle fait beaucoup rire ou plutôt grincer des dents chez les gradés… car la réserve n’est que l’ombre d’elle-même.
Lors de la guerre d’Algérie, ce sont les conscrits qui formaient le gros du contingent envoyé sur place…. le service durait officiellement 18 mois, mais certaines classes sont restées 30 mois sous les drapeaux. Pour répondre à la menace terroriste, il ne sera bientôt plus possible de bricoler… mais ce n’est certainement pas ce gouvernement ci qui pourra prendre les mesures qui s’imposent pour conduire cette bataille… et la gagner.

Politique / La motion de censure de N. Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan vent debout contre l’inaction du gouvernement. Lundi lors d’une conférence de presse, le président de Debout la France a annoncé qu’il appelait les députés à voter une motion de censure contre le gouvernement socialiste. L’élu de l’Essonne leur reproche l’incapacité de réagir efficacement face au terrorisme. Hervé Grandchamp.

Santé / Le vaccin Méningitec inoffensif ?

Circulez, il n’y a rien à voir. C’est en substance ce que contient le rapport de l’ANSM, l’agence nationale de sécurité du médicament au sujet du Meningitec, le vaccin contre la méningite. Alors que certains lots défectueux avaient été retirés de la circulation en 2014, l’agence a considéré que les produits ne comportaient aucun risque.

Des centaines de plaintes avaient été déposées contre le laboratoire CSP, Centre Spécialités Pharmaceutiques. Mais l’ANSM semble tout balayer d’un revers de main. En effet, alors que la présence de métaux lourds dans les vaccins était suspectée, l’étude menée par l’agence a considéré que si métaux lourds il y avait, ils étaient en très faible quantité… suffisamment faible en tout cas pour que la mention de leur présence ne soit pas faite sur les boites de vaccins… Pour autant, des scientifiques considèrent qu’une infime quantité de métal suffit à dérégler le système immunitaire, à plus fortes raisons quand elles sont injectées à des enfants en bas âge. En effet, certains petits patients auraient subi de lourds effets secondaires après l’administration du Meningitec. Des parents se sont d’ailleurs mobilisés et leur cri d’appel au secours est relayé par le site initiative citoyenne. Voici un extrait des témoignages.

Pour l’avocat des familles de victimes du Meningitec, Maître Emmanuel Ludot, l’ANSM a commis un rapport politique.

Selon les dernières informations dont nous disposons, l’ANSM reconnaîtrait bien la présence de nano-particules de métaux dans les vaccins étudiés, cependant, elle considère que la faible quantité n’est pas nocive pour la santé. De nombreux experts sur ces questions affirment pourtant que ces nano-particules peuvent avoir une nocivité inversement proportionnelle à leur taille. De même, ces chercheurs considèrent que l’infime taille des nano-particules suffit pour pénétrer dans les noyaux cellulaires et en modifier la division. Si cette thèse est exacte, les recherches quantitatives de l’ANSM seraient donc sans aucun intérêt et non pertinente pour évacuer les risques potentiels pour la santé.

L’actualité en bref

– Le coup d’Etat turc expliqué par les Russes. Quelques jours après le putsch avorté à Ankara contre le président Recep Tayyip Erdogan, Alexandre Douguine, proche de Vladimir Poutine, livre son analyse de l’affaire. Des images de TsargradTV.

– Depuis quelques semaines, la Turquie et la Russie ont pacifié leurs relations diplomatiques. L’accusation lancée contre l’intellectuel Fethullah Gülen a le mérite de blanchir en partie Erdogan dans la destruction de l’avion russe sur le théâtre syrien. Une explication facilitant la légitimation de rapprochement entre Erdogan et Poutine. Affaire à suivre.

– PEGIDA se lance en politique ! Lundi, le chef du mouvement allemand anti-immigrés, Lutz Bachmann, a annoncé sa volonté de créer le Parti populaire pour la liberté et la démocratie directe. Il a par ailleurs indiqué que son parti allait soutenir le mouvement conservateur Alternative für Deutschland qui a rencontré un large succès lors des législatives partielles de mars dernier. Après l’attentat contre Charlie Hebdo, Lutz Bachmann avait demandé l’expulsion de tous les islamistes d’Allemagne.

– Les émeutes ethniques à la mode américaine font leur retour en France. Mardi à Persan dans le Val-d’Oise, Adama, 24 ans, est mort d’un malaise cardiaque à la suite de son interpellation pour extorsion de fonds. La nouvelle a provoqué une émeute. Une centaine d’individus s’est livrée à des dégradations, des incendies volontaires et des tirs à l’encontre des gendarmes. 6 d’entre eux ont été légèrement blessés par arme à plombs. Les proches de la victime affirment qu’il s’agit d’une bavure policière. Deux enquêtes ont été ouvertes pour éclaircir les circonstances de sa mort.

C’est la fin de notre édition ! Dans un instant, notre “Zoom” du jour. En partenariat avec l’association Caridad, TV Libertés vous propose une parenthèse estivale en vous faisant découvrir, à travers de sympathiques témoignages, quatre lieux emblématiques où les jeunes catholiques de France vont se rendre pour se ressourcer et prier, mais aussi pour profiter de leurs vacances. De l’Ile Bouchard à Cracovie, Philippe Ariño nous fait voyager au coeur des sanctuaires ou des centres de pèlerinages. Dans cet épisode, François Brunatto, le petit-fils spirituel de Padre Pio, nous raconte le Mont Saint-Michel, haut lieu touristique mais aussi religieux.

Et ce soir, retrouvez “Perles de culture”. Jean-Pierre Maugendre, président de l’association “Renaissance Catholique”, revient du Puy du Fou pour parler des ses ouvrages d’Histoire et Aude de Kerros évoquera son dernier ouvrage intitulé “L’imposture de l’art contemporain, une utopie financière”.

 

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