Dimanche midi, pour la sixième fois de son histoire, le régime stalinien de Pyongyang a procédé à un nouvel essai nucléaire sur le site de Punggye-ri, dans le nord-est du pays. Un essai d’une puissance jusque-là inégalée, unanimement dénoncé par une communauté internationale fébrile qui, à l’exception de Donald Trump, n’a pas encore compris que le seul langage à adopter face au provocateur Kim Jong-un était celui de la force.
Certes, depuis 1917, les tyrans rouges nous ont habitués aux fanfaronnades et autres prétendues « avancées technologiques » annoncées à grand renfort de publicité. Et Kim Jong-un ne fait pas exception à la règle : cet essai souterrain à peine réalisé, le régime s’empressait d’annoncer une « réussite totale » ayant déclenché un tremblement de terre de magnitude 6,3. A en croire les médias du parti, Pyongyang serait même en mesure aujourd’hui de miniaturiser une bombe H afin d’en équiper une ogive de missile balistique intercontinental avec une « crédibilité garantie ». Ce qui laisse perplexes nombre d’experts occidentaux. Car si les différents instituts géologiques disent avoir enregistré cette fois-ci une détonation dix fois plus puissante que lors du précédent essai, les spécialistes estiment prématuré d’affirmer que la Corée du Nord est parvenue à développer une arme thermonucléaire capable d’être installée sur un missile à longue portée. Les experts britanniques de Chatham House soulignent notamment que, malgré l’envoi d’avions espions en quête de fuites radioactives, « il est impossible de confirmer qu’il s’agit bien d’une détonation thermonucléaire ». Ce qui ne les empêche pas d’ajouter qu’« il faut prendre cet essai très au sérieux », ni que les Nord-Coréens « progressent à grande allure ».
« De nombreuses options militaires »
Une progression d’autant plus rapide que, malgré les résolutions de l’ONU lui interdisant tout programme atomique et balistique, le tyran rouge ne rencontre guère de résistance. Bien sûr, ce nouvel essai a suscité une énième vague de protestations planétaire : de Guterres, condamnant « une violation supplémentaire des obligations internationales de la RPDC », à Merkel, appelant à « un durcissement » des sanctions de l’UE contre Pyongyang, en passant par Macron demandant à ce que la communauté internationale réagisse « avec la plus grande fermeté », chacun y est allé de son rappel à l’ordre.
Mais le seul à avoir trouvé le ton juste n’est autre que Trump. Rappelant que « la Corée du Nord est une nation voyou qui est devenue une grande menace » et que toute politique « d’apaisement » envers Pyongyang « ne fonctionnera pas », le Président américain, qui a déjà promis « le feu et la colère » à Kim Jong-un le mois dernier, a évoqué dimanche soir une « réponse militaire massive » en cas de menaces visant le territoire américain ou ses alliés. Selon Jim Mattis, secrétaire à la Défense, « de nombreuses options militaires » seraient même déjà à l’étude.
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