Primes maladie : la soif de justice l’emportera

Extrait de: Liberté

 

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Sur le vif – Jeudi 28.09.17 – 16.59h

 

Chaque année le même cirque, la même ritournelle. Depuis plus de vingt ans. Chaque année, ce jour, au début de l’automne, où les Suisses ont la rage : Dies irae. Pendant 48 heures, on s’excite, on menace de lever la Matze, monter à Berne, bousculer l’ordre politique, novembre 1918, la sédition dans la chair. Juste à fleur de peau. Et c’est là, justement, le problème.

 

Les Caisses savent parfaitement que le désir de Révolution, en Suisse, dure rarement plus de 48 heures, que tout se tasse, tout s’éteint, tout passe oui, et tout lasse. Le jeudi soir, on gueule, le vendredi encore un peu, le week-end on promène le chien, le lundi on est les premiers au boulot. Braves Suisses. Qui, même précarisés par leurs primes, n’en mangent pas moins pain et brioche, comme dirait l’Autrichienne, superbe, à sa fenêtre.

 

J’ai couvert l’ensemble des travaux des Chambres relatifs à la LAMal, au début des années 1990. J’ai organisé tellement de débats, laissé s’épandre tant de colères, vu se bricoler tant de modèles. Mais chaque année, c’est la même chose. L’année prochaine ?

 

Pour ma part, dans ce dossier capital pour la vie des gens, comme l’est celui des retraites, je n’attends plus grand-chose de notre « démocratie participative », à Berne. Oh, des gens de bonne volonté, compétents, précis dans la confection des lois, je ne disconviens de rien de tout cela. Tout au plus serai-je le premier à signer l’initiative, lancée demain à Berne, qui veut interdire aux élus fédéraux de siéger dans les conseils d’administration des Caisses.

 

Non. Les modèles alternatifs doivent venir d’en bas. Du peuple. Celui qui a le droit de vote (les autres sont les bienvenus pour le remue-méninges). C’est maintenant, comme dans l’affaire des retraites, la démocratie directe qui doit prendre le relais. Non pour faire des miracles, ne rêvons pas. Mais pour lancer, non dans la seule molasse bernoise, mais sur l’ensemble du pays, de vastes débats nationaux sur les modèles de réformes.

 

Vous me direz que nous les avons eus, ces débats, sur la Caisse unique, puis publique. C’est vrai. Et dans ces deux cas, le partisan de l’Etat que j’ai toujours été se trouvait dans le camp des perdants. Mais il faut remettre plusieurs métiers sur plusieurs ouvrages. Caisses cantonales, régionales, séparation des intérêts sous la Coupole, etc. Si le corps des citoyennes et citoyens de ce pays ne fait pas de la décennie qui vient celle du combat, alors à Berne, rien ne bougera.

 

Une initiative ne passe, on le sait, que rarement, en Suisse. C’est un combat de très longue haleine, qui passe par des défaites, des dimanches soir de larmes après les votations. Un combat qui exige patience, ténacité. Mais, à ce jour, c’est le seul qui vaille. Je salue les comités d’initiatives qui montent à Berne demain. Je signerai leurs textes. Nous discuterons, nous nous engueulerons. Et puis, un jour, j’ignore absolument quand, un modèle venu d’en bas, jailli de la sourde colère du peuple, mais aussi de sa soif de justice et d’égalité, finira par l’emporter.

 

Vive notre démocratie suisse.

 

Pascal Décaillet

 

 

Source et auteur: Liberté

 
 

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