Les Britanniques et les Hollandais votaient dès jeudi dans le cadre des élections européennes pour lesquelles les Français ne seront appelés aux urnes que dimanche. On ne connaîtra toutefois les résultats officiels que dimanche soir après la fermeture du dernier bureau de vote de ces élections pour le Parlement européen. Pour les Pays-Bas, les sondages de sortie des urnes attribuent une victoire surprise aux travaillistes du commissaire européen Frans Timmermans avec 18 % des voix.
En ce qui concerne le Royaume-Uni, le vote était bien entendu archi-dominé par la question du Brexit. On ne dispose pas de sondage de sortie des urnes pour ce pays, mais le dernier sondage de la semaine réalisé par YouGov donnait le Brexit Party de Nigel Farage largement en tête avec 37 % des voix, suivi par les Libéraux-Démocrates centristes hostiles au Brexit à 19 %, du Parti travailliste à 13 %, des Verts à 12 % et du Parti conservateur de Theresa May à 7 %.
Quels que soient les résultats réels du vote, la performance du Parti conservateur aura encore été plombée par la nouvelle proposition de Theresa May en vue de convaincre la Chambre des communes d’approuver son désastreux accord de sortie signé avec les 27 en novembre et déjà rejeté trois fois par les députés britanniques : la Chambre des communes pourra voter en faveur de la tenue d’un deuxième référendum. Il n’est toutefois pas sûr que la proposition de Mme May soit finalement soumise au vote.
Cette énième trahison par le premier ministre de ses engagements (elle avait toujours exclu la possibilité d’un deuxième référendum) a provoqué la démission de son ministre chargé des relations avec le Parlement, Andrea Leadsom. Deux autres poids lourds de son gouvernement, le ministre de l’Intérieur Sajid Javid et le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt, ont officiellement annoncé qu’ils ne soutiendraient pas la proposition du Premier ministre aux Communes. Theresa May a annoncé vendredi matin sa démission, qui sera effective le 7 juin. Son remplaçant sera-t-il un « modéré » ou un partisan d’un Brexit « dur » dans le style de Boris Johnson, l’ancien ministre des Affaires étrangères de Mme May et leader du camp pro-Brexit pendant la campagne référendaire de 2016 ?
Pour couronner le tout, de nombreux citoyens de l’UE résidant au Royaume-Uni n’ont pas pu voter jeudi alors qu’ils en avaient le droit. Les raisons de cette grosse défaillance restent encore à éclaircir. En fonction du nombre d’électeurs empêchés de voter, il n’est pas exclu que cela remette en cause la légitimité de cette élection.
La campagne des européennes aura malheureusement été marquée en Grande-Bretagne par un niveau élevé d’agressivité, notamment du côté des partisans de l’UE avec notamment des milkshakes lancés sur des partisans du Brexit tels Nigel Farage, Tommy Robinson et aussi des membres de l’UKIP. Il y aura aussi eu l’appel à une attaque à l’acide contre Nigel Farage lancé sur le compte Twitter de la directrice de l’ONG gauchiste Happy City UK. Ces agressions à sens unique viennent confirmer une étude YouGov publiée le 21 janvier dernier dans le Timesqui montrait que si les partisans du Brexit sont très tolérants vis-à-vis des partisans du maintien dans l’UE, ces derniers le sont beaucoup moins à leur égard.
Contre ceux que Jean-Claude Juncker a encore qualifiés mercredi de « stupides nationalistes » qui « sont amoureux de leur pays et haïssent les étrangers », tout semble permis.
Cet article Le vote des Britanniques dominé par le Brexit est apparu en premier sur Présent.
Extrait de: Source et auteur
