Alors que les auditions réalisées à ce jour par les membres de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la crise du coronavirus ont déjà mis en lumière une gestion totalement aberrante voire criminelle de l’épidémie par l’Etat, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France est venue enfoncer le clou samedi, par le biais d’un rapport interne accablant pour les autorités politiques et le secteur de la santé.
« Un vrai scandale » !
Destiné au ministre de l’Intérieur, ce brûlot de 18 pages, qui revient sur le déroulement de la crise, pointe les défaillances de l’organisation et fait plusieurs suggestions pour améliorer celle-ci en cas de seconde vague, est en effet dépourvu de toute langue de bois. Premier motif de colère pour la FNSPF : le « choix politique » d’une gestion de la crise trop centralisée par le ministère de la Santé, les « rivalités entre ministères » et une administration aux structures « lourdes et rigides ». Particulièrement visées, les fameuses agences régionales de santé se voient notamment reprocher leur « impréparation à la gestion d’une crise de cette ampleur et leur déficit de culture de gestion opérationnelle ». Ainsi, pointe le rapport, les ARS « ont répondu à ce pour quoi elles avaient été conçues : une administration de gestion comptable et financière du système de santé, mais aucunement préparées à la gestion des situations d’urgence ». Autre aberration pour les soldats du feu, cette espèce de « marginalisation » dont ils ont fait l’objet tout au long de cette crise, alors que, comme le rappelait le colonel Allione, président de la FNSPF, « les pompiers [sont] une force de 250 000 personnes réparties dans 7 000 casernes sur tout le territoire », rompues à « la gestion de tous les événements ». Une mise à l’écart qui, selon le rapport, s’est vue notamment dans la décision du gouvernement d’orienter systématiquement vers le 15 (SAMU) les appels des Français ayant un doute sur leur état de santé. Ce qui « a eu pour conséquences immédiates de saturer la réception et la régulation des appels ». Ainsi, s’indigne la FNSPF, les temps d’attente avoisinant parfois les 40 minutes dans certaines régions, « des requérants non-Covid en situation d’urgence vitale n’ont jamais eu de réponse et sont morts dans l’indifférence générale. Un vrai scandale ! »
De « pures opérations de communication »
Mais le scandale ne s’arrête pas là. Dénonçant la relégation systématique des préfets « au second plan » durant la crise, la FNSPF insiste sur les conséquences dramatiques de cette politique, notamment dans les Ehpad, qui ont « trop longtemps » été « oubliés » par des ARS « accaparées par la gestion du nombre de places en réanimation hospitalière et par les remontées statistiques ». Et le rapport de noter encore : « cette crise a surtout été celle du leadership de la communication » ! Pour preuve ? Les « pures opérations de communication » et la « véritable esbroufe » des transferts de patients de la région Grand Est ou d’Ile-de-France vers des hôpitaux de province moins encombrés dans des TGV médicalisés spécialement affrétés, alors qu’au même moment des cliniques privées locales disposaient de lits disponibles et n’ont pas été sollicitées ! Enfin, alors que les soldats du feu ont pris en charge à peu près 100 000 personnes atteintes du Covid, soit près de la moitié des malades du coronavirus, la FNSPF dénonce leur scandaleuse exclusion par le gouvernement des mesures de soutien aux soignants, et réclame la reconnaissance comme maladie professionnelle des « infections au Covid-19 contractées par les sapeurs-pompiers en service ». •
Cet article Gestion catastrophique de Covid-19 : le rapport incendiaire des soldats du feu est apparu en premier sur Présent.
Extrait de: Source et auteur
