Musulman converti au christianisme, Rachid a travaillé comme bagagiste chez Dnata.

Il raconte le radicalisme religieux de ses anciens collègues et l’ostracisme dont il a été l’objet.

Ce jour-là, il était niché dans un salami pur porc. Lorsque l’Algérien Rachid (prénom d’emprunt), fraîchement engagé comme bagagiste saisonnier chez Dnata à Genève, sort de sa besace un déjeuner transgressif, ses collègues le houspillent: «Ils m’ont insulté en arabe, de façon très vulgaire. J’ai gardé mon sang-froid, leur ai fait remarquer qu’ils n’avaient pas à me dire ce que je devais manger et qu’être Algérien ne faisait pas forcément de moi un musulman.»

Mais la tolérance ne figure pas au digeste de ses camarades, à 90% Nord-Africains, selon lui. Rachid, converti au christianisme, doit manger à l’écart. Il y restera longtemps.

«Même ici, je ne pouvais pas vivre comme je le voulais.»

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