Le fossé linguistique traverse les écoles belges

 

OPINION. Il y a 20 ans, cinq lycéens wallons sur dix choisissaient d’apprendre le néerlandais, ils ne sont plus que trois aujourd’hui, écrit le journaliste Jean-Pierre Stroobants, pour qui l’école est impuissante à apprendre leurs langues aux petits Belges

Si elle affleure désormais en Suisse, la question de l’apprentissage des langues fait depuis longtemps l’objet de polémiques en Belgique, ce pays qui n’a pas voulu du bilinguisme généralisé mais se flatte de posséder trois langues nationales: le néerlandais, le français et l’allemand (parlé par les 80 000 habitants de la petite communauté germanophone, dans la province de Liège). L’octroi de la compétence de l’éducation à ce qu’on appelait, lors des premières réformes institutionnelles des années 1970, les «communautés culturelles» belges a contribué à éloigner un peu plus Flamands et francophones qui semblent décidément vivre dans des univers différents. La Flandre et la mal nommée «Communauté française» (francophone aurait été plus approprié) célèbrent, en tout cas, leur Fête «nationale» à des dates différentes et leurs enfants apprennent de moins en moins la langue de «l’autre».

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