Nyon A 21 ans, l'élu agrarien devient premier citoyen de la ville Il est en vacances, mais Marco Carenza porte déjà costard foncé et cravate. «Pour moi c'est une question de respect pour les gens que je représente», explique le jeune homme. C'est qu'en juin dernier, cet étudiant en droit de 21 ans, qui vient d'obtenir son bachelor à l'Université de Genève, a été élu président du Conseil communal de Nyon. Le plus jeune de toute l'histoire du parlement local. Une fonction qui ne lui fait pas peur, d'autant qu'il a tout l'été pour bûcher le règlement.
Il faut dire que Marco Carenza est plutôt brillant élève, à l'école comme en politique. C'est un prof du gymnase, élu Vert'libéral, qui l'avait invité à venir assister à une séance du Conseil communal. «Puis j'ai été à une séance de son parti, et j'ai fait de même avec l'UDC et c'est finalement ce parti que j'ai choisi», explique le jeune Nyonnais, entré au Conseil en février 2015 en remplacement d'un élu décédé.
Pourquoi ce choix? «Parce que j'estime que la Suisse doit rester souveraine et ne pas adhérer à l'Union européenne. Je ne suis pas toujours d'accord avec toutes les positions de l'UDC notamment sur la santé publique - mais je suis sur la même ligne dans la plupart des dossiers, y compris l'immigration. Car être pour le renvoi des étrangers criminels, ce n'est pas être anti-étrangers», estime l'étudiant, lui-même naturalisé en 2013. Sa maman, élue depuis 2016, est d'origine polonaise, alors que son papa est Italien. Malgré son jeune âge, Marco Carenza, qui a été candidat au Grand Conseil et poussé au perchoir à la place d'un UDC qui n'a pas été réélu en 2016, se profile clairement dans son parti comme le dauphin de Sacha Soldini, qui ne désespère pas d'entrer un jour à la Municipalité de Nyon. Avant son élection au perchoir, le jeune UDC a dû rassurer la gauche: oui, il observera cet automne le droit de réserve qui sied au président lors du référendum sur le foyer de l'EVAM, projet contre lequel son parti se bat. «Je voudrais surtout profiter de ce mandat pour dire aux jeunes qu'ils n'ont pas besoin d'être d'un parti pour se forger une opinion et voter», conclut le président.
