Par François Brélaz, ancien député, Cheseaux-sur-Lausanne
Le 3 mars 2013 le peuple suisse acceptait des modifications drastiques à la loi sur l'aménagement du territoire. Concernant Vaud, la majorité des communes refusait le texte mais il s'agissait de petites entités qui n'ont pas fait le poids face aux centres urbains. Et avec cette loi, des personnes qui possèdent un terrain à bâtir acquis dans le respect du cadre légal seront spoliées si celui-ci est déclassé en zone agricole.
Avec l'affaire Hilcona, cette entreprise d'Orbe qui souhaitait s'agrandir mais qui a finalement renoncé après des années de procédures, on constate que la LAT impacte rétroactivement des projets initiés avant son adoption.
Autre spoliation en vue : depuis près de 80 ans il existe des chalets de week-end installés sur la rive sud du lac de Neuchâtel, sur territoires vaudois et fribourgeois. A cause de nouvelles directives fédérales, ils doivent être détruits. Là aussi, il n'est pas tenu compte que ces chalets sont antérieurs à la loi. Ils ne dérangent personne, excepté les écologistes intégristes...
Dans les polémiques inutiles, je déplore la procédure menée voici quelques mois contre des habitants de Romainmôtier qui avaient créé un labyrinthe d'une vingtaine de mètres de diamètre sur leur propriété. Finalement, l'administration cantonale a été déboutée et c'est une bonne chose.
Autre polémique excessive, l'acharnement de l' Etat contre ce propriétaire de chevaux à Cuarny au sujet de son paddock, relaté par 24 Heures du 5 juin 2017. N'est-ce pas un abus de pouvoir de l' Etat que d'ordonner l'enlèvement d'une barrière blanche qui aurait une trop forte empreinte sur le paysage alors qu'on ne la voit pas de l'extérieur de la propriété ?
Dernière vaudoiserie: L' Etat interdit à un citoyen de Château d' Oex de planter une vigne. On devrait plutôt le féliciter pour son esprit d'initiative !
Cela ne devrait pas être le rôle de l' Etat de tirer dans les jambes de braves citoyens et malgré le respect des lois, ce serait faire preuve d'intelligence que d'avoir un minimum de diplomatie...
François Brélaz
