L’Eglise et la pédophilie : un amalgame autorisé et célébré

Le 27 janvier, sort un film intitulé « Spotlight » qui met en scène l’enquête du Boston Globe (couronnée par le prix Pulitzer de la presse), qui avait mis à jour un scandale de pédophilie au sein de l’Eglise Catholique de Boston.

Les journalistes sont évidemment présentés comme des « héros » qui brisent le « tabou » et le « silence » de l’Eglise (amalgamant une église locale et l’Eglise Universelle). On dirait presque, à lire les commentaires et les descriptions du film, qu’ils ont bravé l’ensemble de la société pour enquêter sur l’Eglise, alors que cette même société est tout à fait complaisante pour laisser planer le soupçon sur l’ensemble des prêtres.

Je ne m’interroge pas sur les faits, réels ou supposés, ni sur leur enquête. Je m’intéresse à la manière dont ces faits sont présentés, et, surtout, aux propos faciles et aux amalgames anti catholiques qui sont fait autour de ce film.

Un acteur du film, interrogé sur France Inter lundi 26 janvier (c’est un film distribué en France avec le soutien de France Inter), n’hésite pas à expliquer : « J’ai été enfant de chœur dans ma jeunesse. J’imagine bien que j’ai eu de la chance (sic) de ne pas avoir fait l’objet d’attouchements de la part de prêtres que mes parents me recommandaient de respecter ».

On sait que l’insistance de la « grande presse » sur les rares affaires pédophiles au sein de l’Eglise (qui transforment souvent la simple présomption en véritable scandale) a un caractère stratégique et idéologique : il s’agit de faire peser méthodiquement un soupçon  sur l’ensemble des acteurs de l’Eglise, laïcs et consacrés, de tourner en dérision ce « scandale pour le monde » qu’est le célibat des prêtres et, finalement, de déconstruire le fil vertueux qui relie les parents, les enfants et l’Eglise.

Sans insister sur le flagrant « deux poids, deux mesures », c’est un cercle vicieux, plein d’amalgames et de violence psychologique, qui est mis en place avec ce genre d’ambiance : quand les gens entendent prêtre catholique, qu’ils comprennent : pédophile.

Le journaliste du Boston Globe, à l’origine de cette histoire, l’avoue : « pour ma part, cela a détruit la confiance que j'avais dans l'Institution ». C’est le but recherché de cette propagande.

Vivien Hoch, janvier 2016