Le 6 novembre dernier, les statistiques américaines faisaient état d’un taux de chômage de 5 %, un niveau considéré comme étant celui du plein emploi.
Les Etats Unis sont ils donc sortis de la crise ?
Les choses ne sont pas aussi simples et une donnée statistique ne veut rien dire sans une bonne dose de bon sens. Et de curiosité. Paul Craig Roberts, sous secrétaire du Trésor sous Reagan, semble avoir ces deux qualités puisqu’il s’est livré à une analyse implacable de ces données. Il a recensé 94 millions d’Américains exclus du marché du travail.
Les chiffres officiels seraient donc faux ?
Non, ils sont exacts, mais ils ne désignent qu’une partie de la réalité. Le taux de chômage est le rapport entre le nombre de chômeurs et la population active. Lorsqu’un demandeur d’emploi, lassé de ses recherches, renonce à trouver un travail, il sort des statistiques. De même s’il travaille ne serait ce qu’une heure dans le mois.
Ainsi, la population active est au plus bas depuis 37 ans, et les revenus ne cessent de baisser, surtout les plus faibles. Paul Craig Roberts parle même des Etats Unis en voie de tiers mondialisation.
Et en France ?
Les chiffres de l’emploi en France sont tout aussi biaisés. Ils ne sont pourtant pas reluisants avec un taux de chômage officiel à 10,7 %. En octobre, le gouvernement s’est félicité d’annoncer « la plus forte baisse depuis huit ans », 27 000 personnes ayant quitté la catégorie A.
En fait, l’économiste Charles Sannat relève que la quasi totalité de ceux ci n’ont pas repris un emploi, mais ont rejoint d’autres catégories de chômeurs, notamment pour cause de fin de droits. Nul doute qu’avec ces artifices comptables, François Hollande parviendra à sa fameuse inversion de la courbe du chômage, condition préalable à une nouvelle candidature, en 2017.
