Les «départs à motivation djihadiste», en particulier vers l'Irak et la Syrie, sont préoccupants, relève la fedpol.
La menace terroriste demeure élevée en Suisse. Pour lutter contre la radicalisation, la Confédération mise sur la prévention dans les cantons et communes, en parallèle aux mesures de sécurité. Les institutions éducatives et familiales jouent un rôle primordial.
La radicalisation est un phénomène social qui dépasse largement le champ d'action des autorités de sécurité. Elle s'inscrit au carrefour de processus psychologiques et d'une logique idéologique, explique lundi l'Office fédéral de la police (fedpol) dans un rapport de la task force fédérale TETRA sur le terrorisme.
Le phénomène emprunte plusieurs voies, comme les réseaux sociaux, des groupes religieux, la famille ou l'école, touchant particulièrement les personnes en rupture avec la société.
Et qui dit départ, dit potentiel retour. Or quand ces combattants reviennent, ils constituent une menace pour la sécurité intérieure du pays.
La resocialisation de ces personnes probablement traumatisées est fondamentale. Elle «nécessite des interventions qui réduisent et éliminent la menace». Ces interventions doivent encore être développées ou même créées, observe la task force.
Agir sur place
Pour réduire le risque terroriste, il faut aussi agir dans les pays où se forment et prolifèrent les combattants, comme la Syrie, l'Irak ou l'Afghanistan. La Suisse a déjà contribué à hauteur de 5 millions de francs sur cinq ans à la prévention du terrorisme dans ces pays, selon Yves Rossier.
Le Secrétaire d'Etat aux affaires étrangères a aussi souligné le rôle central des femmes: «Là où elles font partie intégrante de la société, comme en Tunisie, le risque de dérive terroriste se réduit».
