France: Quel est le problème avec l’immigration ?

« Dans le contexte d’un pays qui compte 3 à 5 millions de chômeurs, il est évident que cette arrivée de population soulève des difficultés qui se traduisent par les phénomènes d’exclusion et de ghettoïsation d’une partie des populations immigrées dans les quartiers sensibles et les situations chaotiques qui en découlent et que personne ne veut voir.  Franchement ce n’est pas une affaire idéologique de droite ou de gauche, mais une question de responsabilité et de sens des réalités.

[…] Le fond du problème, c’est que l’Union européenne a interdit tout contrôle aux frontières entre les États de l’espace Schengen pour créer un espace européen de libre circulation dont les immenses frontières extérieures sont extrêmement difficiles à maîtriser. En outre, sous prétexte d’harmoniser les législations nationales, les autorités de Bruxelles ont empilé au fil des années des normes de droit européen, en matière d’asile, d’immigration familiale, de reconduites à la frontière, qui n’ont fait qu’aggraver l’impuissance des États. L’Europe n’est cependant qu’un aspect du problème, elle n’a jamais obligé par exemple les États à régulariser les migrants entrés ou séjournant en situation illégale, c’est-à-dire en infraction avec la loi, cette pratique étant au fil des décennies, l’une des causes de la difficulté à maîtriser l’immigration.

[…] La maîtrise de l’immigration et l’intégration sont inséparables. Quand on n’a pas suffisamment de logement ni de travail à proposer aux nouveaux arrivants, et que la situation financière de l’État impose des limites à ses budgets sociaux, on favorise l’exclusion, on rend impossible l’intégration et on menace à l’avenir la cohésion sociale. Ce constat de bon sens, tous les élus, responsables et acteurs de terrain, y compris quand ils se disent de gauche, le connaissent et l’expriment en privé, avant de tenir un tout autre discours, axé sur l’ouverture et l’accueil quand ils s’expriment publiquement afin de cultiver leur image. C’est toute l’ambigüité d’une partie de la classe politique face à cet enjeu.« 

Suite