Crimée: rattachement à la Russie plébiscité, l’UE prépare sa réponse

 

Les habitants de Crimée ont plébiscité à plus de 90% dimanche le rattachement de la province ukrainienne à la Russie. Ce référendum a immédiatement été dénoncé par les Occidentaux, qui envisagent des sanctions contre Moscou.

Selon un sondage à la sortie des urnes diffusé par les autorités séparatistes de la péninsule, « 93% des habitants de la Crimée se sont prononcés pour le rattachement à la Russie, 7% se sont prononcés pour le statut autonome de la Crimée au sein de l’Ukraine ».

L’option consistant à maintenir le statut existant – une république autonome intégrée à l’Ukraine – n’était pas proposée. La participation s’est élevée à 80%, selon l’agence de presse russe Interfax. Des milliers d’Ukrainiens fêtaient le résultat du vote à Simféropol et Sébastopol, a constaté l’AFP.

Le Premier ministre séparatiste Serguiï Axionov a immédiatement salué une décision « historique ». « Merci à tous ceux qui ont participé au référendum et ont fait leur choix. Aujourd’hui nous avons pris une décision très importante qui rentrera dans l’histoire », a déclaré M. Axionov sur son compte Twitter.

La Crimée demandera officiellement demain son rattachement à la Russie, a annoncé peu après Serguiï Axionov, toujours sur Twitter. Le parlement régional se réunira « en session extraordinaire pour adopter une candidature officielle à l’intégration à la Fédération de Russie ».

Sanctions attendues

A Washington, la Maison Blanche a de son côté rejeté ce scrutin « contraire à la Constitution ukrainienne » organisé « sous des menaces de violences » de la part de la Russie. Jugeant que « les actes de la Russie sont dangereux et déstabilisants », la présidence américaine a indiqué que la Russie paierait le prix de son intervention militaire dans la région via des sanctions et une instabilité accrue.

L’Union européenne devrait elle aussi décider de sanctions lundi. Les Vingt-Huit ont répété dimanche qu’ils jugent ce référendum « illégal et illégitime ». Samedi, la Russie avait mis son veto au Conseil de sécurité de l’ONU à une résolution occidentale invalidant par avance le vote.

Ce dimanche, le président russe Vladimir Poutine a assuré que le référendum respectait totalement le droit international et que « la Russie respectera le choix des habitants de la Crimée ».

Intervention russe hors de Crimée

L’exemple criméen pourrait s’étendre dans d’autres régions russophones d’Ukraine. Dans l’est du pays, des manifestations pro-russes à Donetsk, Lougansk et Kharkiv ont rassemblé dimanche des milliers de partisans d’un rapprochement avec Moscou. A Kharkiv, quelque 6000 manifestants ont ainsi organisé un meeting-référendum pour plus d’autonomie et pour la « souveraineté » de la langue russe.

A Kiev, le premier ministre Arseni Iatseniouk s’en est pris aux meneurs séparatistes. « Nous les trouverons tous, que cela prenne un an, deux ans, et nous les traduirons en justice devant des tribunaux ukrainiens et internationaux », a-t-il lancé.

Les autorités de Kiev ont accusé samedi la Russie d’avoir envahi militairement son territoire en déployant 80 soldats dans un village situé au-delà de la frontière administrative entre la Crimée et l’Ukraine. Une intervention également critiquée par la chancelière allemande Angela Merkel.

Cependant le ministre ukrainien de la Défense Igor Tenioukh a annoncé une brève trêve sur le terrain: les commandants des forces russes et ukrainiennes se sont mis d’accord pour que les bases ukrainiennes ne soient plus bloquées jusqu’à vendredi (date du vote par la Douma d’un projet de loi sur le rattachement de la Crimée).

Efforts diplomatiques

La diplomatie tente encore de faire avancer les choses. Moscou a ainsi annoncé que « Sergueï Lavrov et John Kerry ont convenu de continuer à oeuvrer afin de trouver une solution en Ukraine via le lancement rapide d’une réforme constitutionnelle avec le soutien de la communauté internationale ».

L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui est actuellement présidée par la Suisse, est également appelée à la rescousse. Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk lui a demandé d’envoyer d’urgence des observateurs dans « l’est et le sud de l’Ukraine », y compris en Crimée.

Dans un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, Angela Merkel a proposé que « la présence actuelle de l’OSCE en Ukraine soit élargie rapidement et qu’un nombre plus important d’observateurs soient envoyés sur les points chauds, notamment à l’est du pays ». Une initiative jugée « positive » par le maître du Kremlin.

 

Extrait de: Source et auteur

 

2 commentaires

  1. Les français adorent l’Europe surtout depuis qu’ils se sont prononcés en 2005 par référendum sur le Traité de Lisbonne. Ils ont, à juste titre, le sentiment d’être écoutés et surtout compris. Les français et l’Europe une belle histoire d’amour ! Que du bonheur !

  2. En fait ils hésites entre…………………… BRAVO et FELICITATION! En tout cas si l’Europe de bruxelles doit donner du fric à l’ukraine, ça fera toujours moins de pépèttes de perdu!

Les commentaires sont fermés.