Les Allemands en ont marre d’être espionnés par leurs « amis » américains. Malgré les engagements pris par le gouvernement Obama, chaque mois amène son lot de révélations sur de nouvelles écoutes téléphoniques ou des ordinateurs et smartphones piratés. Et un politicien semble avoir trouvé la parade.
L’Allemagne en a marre des espions américains. Elle en a marre que tous ses messages, ses appels, ses mails, ses escapades sur le web soient filées à la trace par la National Security Agency, la NSA. Et le pays ne semble pas en mesure de se protéger efficacement contre ces intrusions.
Mais, heureusement, elle peut compter sur l’ingéniosité et la créativité du très sérieux Patrick Sensburg, le rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur le dossier NSA. Dans l’émission « Morgenmagazin » de la chaîne ARD de ce lundi, il a proposé toute une série de solutions pour contrer les espions américains et les autres aussi. Et depuis, l’information a été relayée par le quotidien Die Welt, ainsi que par la presse britannique qui s’en amuse beaucoup.
Il faut dire que, ce que propose le politicien de la CDU, le parti de la chancelière Angela Merkel, est plutôt inattendu. Pour éviter de s’envoyer des e-mails, les parlementaires pourraient à l’avenir ressortir du placard leur bonne vieille machine à écrire mécanique. « Effectivement, nous avons pensé à une machine à écrire, un modèle qui ne serait pas électronique. » Lorsque le journaliste lui a demandé s’il était sérieux, Sensburg a répondu: « oui, ce n’est pas une plaisanterie. »
Une remarque qui a poussé « Die Welt » à se poser la même question que le parlementaire: comment se protéger des espions? Un profil internet anonyme? L’utilisation de téléphones portables cryptés? Ce n’est qu’une question de temps pour qu’un bon informaticien – et les services secrets américains en ont plein les bras – ne contourne ces obstacles.
Ce souci est devenu, selon « Die Welt », le thème central des discussions entre élus allemands à l’heure du dîner. Et les solutions dégagées, comme pour la machine à écrire, se concentrent autour d’un mouvement: le retour en arrière. On se rencontre directement au lieu de se parler au téléphone, on remet au goût du jour les promenades dans les parcs pour échanger des informations au lieu de se les envoyer par e-mail.
Téléphones dehors
La priorité: oublier le smartphone. Un député de la CDU, Roderich Kiesewetter, qui travaille dans la commission sur la NSA, s’est fait pirater le sien récemment. Depuis, avant d’entrer dans la salle de réunion, tous les membres de la commission doivent laisser leur téléphone dans une grosse caisse métallique. Il a également recommandé de faire examiner tous les téléphones, tablettes et ordinateurs des parlementaires.
Ces mesures préconisées n’ont évidemment pas fait l’unanimité chez les politiciens allemands, comme le révèle The Guardian. « Avant que j’utilise une machine à écrire et que je brûle les notes après les avoir lues, je préférerais abolir les services secrets » a twitté Martina Renner, membre de l’opposition. Sahra Wagenknecht, du parti de gauche, a jugé ces mesures « grotesques ».
Mais, si les moyens peuvent paraître contestables, l’Allemagne n’est pas la seule à se débattre avec ces problèmes. Les Russes avaient eux aussi, l’an dernier, ressorti les machines à écrire. Et la question de la protection des données sensibles paraît incontournable à l’heure où les révélations d’Edward Snowden n’ont pas fini de surprendre le monde sur l’étendue de la surveillance américaine.
O.H.
Extrait de: Source et auteur

Il n’a rien inventé, il fait même de la récupération:
http://www.lepoint.fr/insolite/russie-les-services-secrets-retournent-a-la-machine-a-ecrire-11-07-2013-1703057_48.php