Michel Geoffroy a fait sienne la devise de Boileau : « Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage ». ♦ « Le propre de la langue révolutionnaire est d’employer des mots connus mais toujours en sens inverse » (Jean-François La Harpe, Du fanatisme dans la langue révolutionnaire ou de la persécution, Migneret, Paris 1797). Voici 100 nouvelles occurrences de novlangue. Le voyageur savourera particulièrement ...
Extrait de: Source et auteur

L’émission TTC sur « les radars, pompes à fric? » me remémore mes années de livraisons. Et un mot de novlangue, et même deux, que n’a pas mentionné Michel Geoffroy.
Chauffard, et ivre! Je remarque que la presse est le principal véhicule de ces expressions, dont elle semble user avec délectation.
Un chauffard est, selon l’édition du Larousse 1994, «un conducteur d’automobile très imprudent ou maladroit». Elle aurait pu ajouter : « un écraseur qui part sans laisser d’adresse ».
Aujourd’hui, un chauffard est un conducteur qui dépasse une limitation de vitesse fixée arbitrairement. Une limitation de vitesse est un seuil à ne pas dépasser faute d’accident. Aussi certainement que, selon ma grand-maman, si je ne mettais pas mon bonnet, j’attraperais un rhume! J’aurais préféré des rhumes que les milliers de francs de contravention qui m’ont été infligés. En tant que chauffard livreur!
Autrefois, le taux d’alcoolémie maximum était fixé à 1,3 pour 1000. Puis il a été abaissé à un. Puis à 0,8. Et enfin à 0,5, en attendant mieux. Au-delà de ses limites vous êtes ivre.
Dans le cadre d’une future limitation à zéro pour 1000 pour les chauffeurs chauffars professionnels, le journal du TCS a publié un article selon lequel : «il sera difficile pour les chauffeurs de boire une bière après le travail»!
Tout ça pour dire que la notion de «criminels» devient aussi vaste que l’article 58 de la constitution soviétique qui permettait de coffrer n’importe qui.