Ils sont amis et partagent de profondes convictions écologistes. Pourtant, la co-présidente des Verts suisses Adèle Thorens, par ailleurs conseillère nationale vaudoise, et le Genevois Philippe Roch, ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement, sont divisés au sujet de l’initiative Ecopop.
Pour rappel, le texte veut plafonner le solde migratoire annuel de la Suisse – en clair, la différence entre l’immigration et les départs – à 0,2% de la population résidante. Ecopop entend aussi attribuer 10% du budget de l’aide suisse au développement pour promouvoir la planification familiale volontaire dans les pays bénéficiaires. Est-ce le bon moyen pour atteindre
« la préservation durable des ressources naturelles »
, comme le soutient l’initiative? Adèle Thorens et Philippe Roch en débattent.Philippe Roch, la Suisse comptait 8,140
millions d’habitants fin 2013. Qu’est-ce qui vous inquiète?Philippe Roch (PHR):
Les habitants de ce pays consomment 4 ou 5 fois ce que ce territoire peut produire. Et même avec un niveau de développement très bas dans certains pays, les humains utilisent par année déjà une fois et demie les ressources de la planète. Nous consommons donc trop. Nous sommes trop nombreux à consommer trop.Mais pourquoi vouloir régler au niveau de la petite Suisse un problème planétaire?
PHR
: La Suisse a un très haut niveau de développement et de consommation, et elle est regardée par beaucoup comme un modèle. Nous ne pouvons donc pas donner l’exemple d’un pays qui profite des ressources du reste du monde au mépris de leur utilisation durable.Adèle Thorens, les Verts sont prompts à dénoncer la consommation effrénée des ressources de la planète. Ne faut-il pas commencer par montrer l’exemple ici?
Adèle Thorens (AT)
: 100% d’accord avec le constat de Philippe Roch. Nous, les Verts, avons d’ailleurs déposé une initiative populaire pour une économie verte. Elle vise la réduction, à l’horizon 2050, de l’empreinte écologique de la Suisse à l’équivalent des ressources d’une seule planète. Ecopop, en revanche, n’est pas le bon instrument pour atteindre cet objectif.Pourquoi?
AT
: L’initiative se concentre sur un seul paramètre, la population. Et Ecopop pose un problème d’échelle. A mon avis, il n’y a pas de problème de surpopulation en Suisse, mais plutôt une concentration de la population dans certaines régions, qui découle elle-même de la surchauffe de la croissance économique.A quoi attribuer cette surchauffe?
AT
: Elle résulte de politiques fiscales et d’aménagement du territoire très agressives de collectivités publiques, dans le but d’engranger un maximum de recettes fiscales. Or, ces autorités se retrouvent parfois dépassées par leur succès. Résultat: le marché du logement est sec, comme à Genève, les autoroutes sont saturées, les trains sont bondés. Ce développement effréné peut porter atteinte à la qualité de vie de la population locale. Sans compter que les recettes fiscales et les emplois des entreprises qu’on importe vont manquer ailleurs. Ce développement n’est ni équilibré, ni équitable.Vous reconnaissez que la croissance, au moins économique, peut poser problème. Mais alors, pourquoi ne votez-vous pas oui à Ecopop?
AT
:
Parce que la fermeture des frontières n’est pas une solution.PHR
: Ecopop ne ferme pas les frontières, il n’y en a plus. L’initiative demande juste une meilleure attribution des permis d’établissement en Suisse. Si on l’avait appliquée en 2013, on aurait pu donner un permis à 96
000 étrangers, compte tenu des gens qui ont quitté le pays. Par ailleurs, les étrangers vivant aujourd’hui en Suisse ne sont absolument pas touchés.AT
: L’initiative plafonne malgré tout l’immigration. Et n’en déplaise à Philippe Roch, Ecopop envoie un signal de fermeture, de discrimination envers les étrangers, à qui l’on dit: c’est vous qui polluez, vous ne venez pas chez nous. Mais nous sommes tous le problème! Nous devons tous changer notre mode de vie. Vu sous cet angle, je crains au contraire qu’Ecopop ne déresponsabilise les habitants de ce pays. Quant aux étrangers qui ne viendront pas en Suisse, ils ne réduiront pas pour autant leur empreinte écologique et risquent d’être nombreux à se transformer en frontaliers, ce qui entraînera un accroissement du trafic.PHR
: Reste les chiffres. L’augmentation de la population en Suisse a atteint 100
000 personnes en 2013 (16
000 dû à l’excédent de naissances par rapport aux décès, 80
000 lié à l’immigration). A Ecopop, nous disons que c’est trop. Cela équivaut à une ville comme Winterthour, c’est presque Lausanne, chaque année, sur un pays petit qui perd chaque seconde un mètre carré de territoire sous les constructions. Je souhaite donc, avec la votation sur Ecopop, secouer le prunier politique. La plupart des politiciens ont les mains prises dans l’engrenage. Ils n’osent pas arrêter la machine qui s’emballe, parce qu’ils ont peur pour la croissance économique et pour le financement des assurances sociales. Or, à continuer comme cela, nous irons dans le mur. Et plus nous serons allés loin dans cette voie, plus violent sera le choc.Une Suisse à 9 à 12
millions d’habitants, comme Ecopop en agite le spectre, ça vous inquiète?AT
: Tout dépend de la manière dont les gens vivent, d’où ils vivent et de la manière dont notre économie tourne. A l’échelle suisse, ce n’est pas pertinent de fixer un chiffre pour la croissance démographique. C’est à l’échelle locale que les collectivités doivent débattre du développement qu’elles souhaitent. Pour ma part, je ne veux pas une Suisse de petits chalets partout. J’ai grandi à la campagne, mais j’ai aussi vécu à Paris, je vois les avantages des deux modes de vie, mais ce sont les populations locales qui doivent choisir le leur.PHR
: Dans la réalité, quand on voit comme on f… en l’air l’Arc lémanique, ce n’est pas du tout ça qui se passe. Si on n’impose pas quelque part des chiffres dans la Constitution fédérale, le Parlement ne prendra jamais les bonnes décisions. Imaginez l’initiative Weber sur les résidences secondaires sans la limitation à 20%, il ne se serait rien passé. A un moment donné, le peuple suisse dit: ça suffit, et impose des repères. Ce que fait Ecopop pour la démographie.LA LIBERTE
Extrait de: Source et auteur
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S’en devient franchement écoeurant et rasant d’entendre toujours les mêmes propos et quand on sait les nombreux animaux sauvages sauvés soi disant mais pour être vendus à des citoyens des Emirats et ce par des écologistes.
Alors qu’on cesse une fois pour toutes de raconter n’importe quoi. Franchement ceci tourne à la guignolerie de salon proche de l’infantilisation,ce dont la majeure partie du peuple ne veut pas.
Ces verts là ne veulent pas préserver la qualité de vie en Suisse, sous prétexte d’égalité internationale ils refusent une gestion pragmatique de la population, ils préfèrent bientôt nous obliger à prendre des trains bondés, définir une surface maximale d’habitation par habitant et taxer taxer taxer et encore taxer pour rendre notre pays toujours plus restrictif et invivable pour les habitants de ce pays. Je crains que cette initiative ne passe pas la rampe…mais je rêve d’un 49% de oui ou peut être même la victoire ….la victoire d’une vraie valeur écologique qui ne ferait pas de la Suisse un territoire parsemé de petit chalet mais un peuple encore et une fois de plus responsable de son destin….et mettre un peu d’ordre dans le tout à la consommation et a l’économie. Et finalement si elle ne passe pas, nous savons tous qu’il sera nécessaire de revenir tôt ou trop tard avec cette initiative, parce que le temps joue en notre faveur et de plus en plus de citoyens se rallierons a l’avenir.