Londres fait déchanter Berne à propos de la libre circulation

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David Cameron ne remet pas en cause le principe fondamental.


BRUXELLES

Tanguy Verhoosel

Ceux qui espéraient encore que Londres offrirait une planche de salut à la Suisse, dans le bras de fer qui l'oppose à l'UE, l'Union européenne, sur la libre circulation des personnes, vont devoir déchanter. Même s'il est plus que jamais déterminé à lutter contre le tourisme social, le Royaume-Uni a renoncé à remettre en question un principe fondamental de la construction européenne.

Le premier ministre britannique, David Cameron, a décrit hier les mesures que son pays souhaite pouvoir adopter afin de freiner l'afflux d'immigrés sur l'île.
"Nous voulons créer le système le plus intransigeant d'Europe afin de contrer les abus de la libre circulation"
des personnes, a-t-il souligné. Le conservateur espère ainsi battre sur son propre terrain le Parti de l'indépendance britannique (Ukip), qui a fait de la lutte contre l'immigration un de ses principaux chevaux de bataille, en prévision des élections législatives de mai.

Six mois pour trouver du travail

Pour David Cameron, les migrants - y compris ceux en provenance d'autres pays de l'UE - devraient pouvoir être renvoyés chez eux s'ils ne trouvent pas de travail au Royaume-Uni dans un délai de six mois après leur arrivée. Il propose en outre de limiter leurs accès à certaines prestations sociales: un immigré devrait par exemple attendre quatre ans avant de pouvoir bénéficier de certains avantages, tels que des crédits d'impôt ou l?octroi d'un logement social.

"Il ne fait aucun doute que ce paquet nécessitera une modification des traités européens"
, a précisé le premier ministre, en rappelant qu'à défaut d'obtenir des concessions de ses partenaires européens, le Royaume-Uni pourrait sortir de l'Union - David Cameron a promis d'organiser un référendum sur ce thème, en 2017, au cas (incertain) où il remporterait les élections de mai.

Réaction prudente

La Commission européenne a prudemment réagi à ses déclarations. Ses
"idées"
seront examinées
"calmement et soigneusement"
, a noté son porte-parole, Margritis Schinas, en notant que la législation européenne
"permet déjà de lutter contre les abus"
, mais que la libre circulation des personnes demeure
"une liberté fondamentale ancrée dans les traités"
, dont il est inenvisageable de remettre en cause le principe même.

David Cameron a lui-même renoncé officiellement à cet objectif - et, partant, à réclamer la possibilité de réintroduire un système de contingentement au sein de l'UE. La libre circulation est
"une clé pour être membre du marché intérieur"
et pour bénéficier de ses avantages, a-t-il reconnu.

C'est toute la différence avec la Suisse, qui ne pourra donc pas compter sur Londres pour aplanir son différend avec l'Union né de l'adoption, le 9
février, de l'initiative "contre l'immigration de masse" (qu'aggraverait un vote en faveur d'Ecopop, demain) - il menace tout l'édifice du bilatéralisme. Londres, en gros, ne conteste pas le principe de la libre circulation des travailleurs (et de leurs familles); les Suisses, quant à eux, ont remis en cause tout le système.

Rappel européen

Les Vingt-Huit leur rappelleront d'ailleurs que c'est inacceptable, le 15
décembre, lorsque leurs ministres des Affaires étrangères adopteront des conclusions sur les relations entre l'UE et Berne.

"L'intention est d'envoyer un message très ferme à la Suisse"
, indique un diplomate européen:
"Pour l'Union, il existera toujours un lien entre le respect du principe de la libre circulation et l'accès au marché intérieur. En plus, si l'UE refuse de renégocier ce principe avec Londres, elle n'acceptera certainement pas de le faire avec la Suisse!"

 

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3 commentaires

  1. Posté par li pixels le

    Plus on se distenciera de l’UE et de l’euro mieux on s’en trouvera : développer notre commerce avec les BRICS , arrêter de donner des milliards à l’UE, arrêter de lier notre franc à l’euro et retrouver notre souveraineté nationale (pas de juge étranger, pas de diktat de l’UE)… élémentaire mon cher Watson !

  2. Posté par Vautrin le

    Entièrement d’accord avec « Un Algérien ».
    La Suisse, si elle résiste aux sirènes naufrageuses de l’Europe, sera un espoir pour tous les autres peuples européens abusés par leurs castes politiques et asservis à un ordre totalitaire. Nigel Farage avait raison de parler de « république socialiste soviétique d’europe » : l’europe, c’est cela, l’asservissement des nations et le grand remplacement de population. Amis Suisse, résistez : nous sommes des milliers prêts à être de votre côté.

  3. Posté par Un Algérien le

    Bonjour ,
    N’ayez pas peur des technocrates Européens. Si la Suisse ne cède pas , ils ne pourront rien faire. Ce serait contre productif économiquement et ils ne prendront jamais ce risque , surtout en ces temps de crise très grave pour l’Europe qui est en train d’exploser en vol…
    Si vous retombez dans Schengen et l’immigration de masse, la Suisse n’existera plus .Vous êtes déjà submergé, envahi, colonisés et les dégâts sont considérables. Je suis attristé quand je vais voir mes amis en Suisse. De part le droit d’asile et Schengen, je ne me sens plus dans la Suisse que j’aimais, mais en Afrique ou ailleurs , même dans les endroits reculés , loin des grandes villes, ce qui est très grave…

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