Adrian Amstutz, conseiller national UDC, veut diviser par deux le nombre d’étudiants en sciences sociales. Selon lui, ils ne trouvent pas de travail. Vives réactions.
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@ Pierre H.
Je suis bien d’accord avec vous sur la critique que vous adressez aux sciences sociales. Le quiproquo entre nous résulte de ce que vous évoquez ce magma idéologique que les Américains appellent « social sciences » (qui se retrouve évidemment dans 99% de l’enseignement universitaire en France), mais que j’appelle « sciences sociales » la recherche des processus qui, à la différence de l’animal, nous font « homo sociabilis ». Ce n’est évidemment pas la même chose, c’est même diamétralement opposé.
Il est parfaitement vrai que les « social sciences » dérivent essentiellement du marxisme –ou plutôt de la vulgate marxiste-léniniste –, on en retrouve la trace évidente chez Bourdieu, pour ne citer que lui. Le pire est que les sectateurs de cette idéologie ont de manière complètement empirique trouvé des mécanismes de conditionnement social (en fait, c’est le développement insidieux du béhaviorisme, lui-même héritier des travaux de Pavlov menés longtemps avant le soviétisme). Il est facile, en analysant les procédés de la propagande médiatique, d’en retrouver les procédés. Il ne s’agit évidemment pas de science, mais de techniques de manipulation, assez comparables à celles de Tchakhotine (« Le Viol des Foules »). Ces techniques sont, malheureusement, efficaces.
Avant d’aller plus loin, je dois préciser : une recherche scientifique n’a pas à répondre à une demande sociale prédéfinie. Elle a pour seul objectif de produire de la connaissance, sans préjuger des conséquences techniques qui peuvent s’ensuivre. Par exemple, Newton s’intéressait aux lois de la gravitation, pas aux satellites artificiels, et Bohr ne pensait qu’aux atomes, pas aux piles atomiques ni aux bombes. La connaissance en soi est innocente, l’emploi qu’en font ensuite les politiques est hélas moralement douteux. Asservir la recherche à la demande sociale, c’est la stériliser – voyez la recherche sur le cancer ou l’Alzheimer : on demande de produire des thérapeutiques AVANT d’avoir compris les mécanismes. Il n’y a de recherche que « fondamentale », le reste est de l’application technique des connaissances.
Là où je veux en venir, c’est qu’il est du rôle des sciences humaines (je préfère : « sciences de la culture ») de produire des connaissances sur le fonctionnement culturel de l’homme. C’est, au passage, ce qui fait que les modèles animaux ne valent rien dans ce domaine (propos à modérer, car notre Dasein est ambigu : naturel et culturel). Dans le champ qui nous préoccupe, c’est de comprendre comment – c’est-à-dire par quels processus – nous sommes des êtres sociaux. Il s’agit donc de remonter aux causes identifiables. La procédure ne passe donc pas par des statistiques, ni par des modèles pavloviens, mais par une clinique expérimentale, agissant en réciprocité avec des modèles hypothétiques qui n’ont rien à voir avec les ratiocinations idéologiques d’un Marx, voire d’un Freud (ou de la vulgate de chacun). Donc opérer en rupture totale avec ce qui se pratique aujourd’hui sous le nom de « social sciences » ou de « sciences sociales ». Et comme tout se passe au niveau du cortex cérébral, il s’agit d’édifier une biologie des facultés parallèlement à une biologie des fonctions (que nous partageons avec l’animal). Vaste programme, direz-vous, car nous n’en sommes qu’aux balbutiements.
Il n’est d’ailleurs pas exclu que ces connaissances en gestation permettent aussi de découvrir les processus de résistance aux conditionnements idéologiques. Ce serait même souhaitable, mais ce n’est pas l’objectif fondamental. Les connaissances produites pourraient aussi servir dans la thérapeutique des psychoses (qui sont les troubles du rapport social) : schizophrénie, paranoïa etc… Mais là encore ce n’est pas l’objectif fondamental, il se situe dans un « après » technique et utilitaire.
Il n’y a donc rien de commun entre les « social sciences » et une « sociologie » fondamentale – qui de son côté ne se distingue plus d’une psychologie nouvelle, elle-même fondamentalement différente de celle à laquelle nous sommes habitués.
Alors, bien sûr, si cette rupture épistémologique et scientifique n’est pour l’instant l’affaire que de tout petits groupes rejetés par l’establishment, il y a peu de chances que des étudiants viennent en nombre s’y frotter. Le système universitaire est organisé pour perdurer et produire ses héritiers, au détriment de toute la société. Il produit de l’idéologie, non de la science. There’s the rub !
@Vautrin
Les sciences sociales, je n’aurais rien contre si c’était une approche neutre de l’Homme dans la société, de son ou ses comportement(s), de sa sociabilité, de comment il s’organise, de quelles sont ses aspirations, etc. Mais malheureusement, tout ça est détourné par la politique dans un but de formatage des esprits à la doctrine et idéologie gauchiste. Les « sciences sociales » ont commencé à émerger dans les débuts des années 30 et ont été implantées et financées par la famille Rockefeller après leur deal avec les Soviétiques en 1926. A l’époque, cette famille était déjà plus riche que le gouvernement américain lui-même et l’adage de l’époque était « Ce que les Rockefeller veulent, ils l’obtiennent sans autre » ( What Rockfeller wants is OK). Et une dizaine d’années après leur retour de Russie (les Rockefeller ont toujours été des admirateurs inconditionnels du communisme) ils ont exigé comme condition d’admissibilité (prerequisite en anglais) que les enseignants devaient étudier le marxisme et appartenir au parti communiste. Et cette condition n’était pas seulement pour enseigner à l’université mais dans toutes les écoles et collèges des Etats-Unis et pas seulement pour l’enseignement des sciences sociales mais l’enseignement général. C’est même à se demander si le Sénateur McCarthy, celui qu’on a fait passer pour un débile mental, n’avait pas raison quand il voyait des communistes partout. Voilà en gros l’histoire des « sciences sociales »…
On peut comprendre l’assimilation « sciences humaines = marxisme » dans la mesure où l’enseignement universitaire est largement (du moins chez nous, en France) dominé à 95% par les gauchistes. Bon, mais quelques remarques :
a) Il n’y a de sciences qu’humaines : je n’ai pas encore vu de chat physicien
b) en fait la division est entre étude de la nature et étude de la culture.
c) sur la nature, la logique plaque un formalisme explicatif sur le chaos du réel; c’est ainsi qu’on avance, en formulant des corps d’hypothèses vérifiées par l’expérimentation : des lois.
d) sur la culture, l’humain, c’est impossible, parce que les phénomènes humains sont déjà formalisés; le Spiel est justement de démonter ce formalisme pour en retrouver la sources. Là est la difficulté : les « sciences sociales » ont cru devoir procéder comme les sciences de la nature, certaines important carrément des modèles de la physique. On a alors du formalisme sur le formalisme, ce qui fait écran. D’autres (le plus fréquemment) y plaquent un formalisme idéologique : même écrantage, mais en pire.
Je le répète encore : il y a des moyens intellectuels, logiques, de procéder autrement, d’arriver à analyser le formalisme humain et d’en découvrir la raison. Pour le moment, ce travail s’effectue dans une ou deux petites équipes travaillant en dehors de la doxa officielle, et carrément méprisées, voire détestées, par l’establishment dont elles menacent le fonds de commerce.
Sur un plan plus général on sait que beaucoup d’ étudiants dans les domaines non scientifiques comme le droit,les sciences « sociales », les psychologues etc. rèvent d’étre FONCTIONNAIRES.
@Martell
C’est exactement ce que vous dites. Les sciences sociales formatent les cerveaux pour le mondialisme…
Et le droit international ! Le droit international, c’est le droit d’aller bombarder un pays souverain comme la Serbie et de lui arracher un Etat pour en faire un pays qui n’a jamais existé et qu’en plus tout le monde fuit aujourd’hui. Voilà pour le droit international !
Je pense qu’Oskar Freysinger a raison lorsqu’il déclare :
« Quant à Oskar Freysinger, diplômé de littérature, il affiche clairement son désaccord. «C’est une connerie. Il est inutile de faire ce tri à l’université. C’est la qualité de l’enseignement au degré secondaire qui doit être nivelé par le haut. D’ailleurs, la Suisse connaît un taux de maturité de seulement 20%.» Avec ses 142 170 étudiants universitaires en 2013, la Suisse ne compte qu’une faible population estudiantine en comparaison européenne. »
D’autre part tout le monde ne peut pas s’enger dans les « sciences dures », il faut leur laisser le champ des « sciences molles ».
Sciences sociales, c’est un terme déguisé pour Sciences marxistes.
Et peu importe que le quatre cinquième des étudiants n’ait aucun débouché, puisqu’ainsi ceux-ci ont pu recevoir la seule et unique Vérité Absolue, celle du socialo-communisme. Quelle chance ils ont, quand même! Donc on ne voudrait pas priver tout ce beau monde d’une si merveilleuse Révélation.
Et les « sciences » (oser parler de science, je trouve qu’il s’agit là d’une insulte) sociales ont aussi l’avantage de permettre à des enseignants marxistes de toucher beaucoup d’argent pour parler de pauvreté. Si l’on veut combattre la misère, quoi de mieux que de s’en éloigner soi-même?
Réduire le nombre des étudiants en sciences humaines, cela paraît scandaleux, mais il est vrai qu’ils sont trop nombreux, et ce surplus d’offre est la principale raison de cet autre scandale que sont les stages non rémunérés, dont Temps Présent a parlé de nouveau le 26 février , http://www.rts.ch/emissions/temps-present/societe-moeurs/6454355-stagiaires-les-nouveaux-esclaves.html
Si vous voulez une bonne dictature, le meilleur moyen d’y arriver, c’est d’avoir à la fois un UDC qui nous dit quoi étudier et un socialiste qui nous dit ensuite quoi produire. Ensuite, le plus dur ayant été fait dans la destruction de la liberté, on trouvera bien un troisième fasciste qui se dévouera pour nous dire quoi voter……
Il ne faut tout de même pas confondre une recherche -nécessaire- sur l’humain comme être de langage, de technique, de sociabilité et d’éthique, avec l’embrouillamini idéologico-politique venu des campus d’Outre-Atlantique et de nos sorbonagres.
Adopter sans examen l’idée que les « sciences sociales » (encore faudrait-il définir le terme) c’est de l’explication de textes de classe de première, que c’est « facile », c’est aller dans le sens de toute cette littérature qui s’est donné pour toute mesure… les statistiques et dont le corpus idéologique est extrêmement hétérogène – de la vulgate psychanalytique mal digérée à la réduction des phénomènes humains aux conditionnements skinnériens. C’est effectivement ce que l’on rencontre trop souvent dans les facultés dites de « sciences humaines », et cela ne sert effectivement à rien, sinon à nourrir des délires, par exemple les « théories » du genre.
Mais il est possible de faire autrement des sciences de l’humain, et celui qui a fait quelques pas sur ce chemin sait que c’est tout aussi « difficile » que la physique quantique. Hélas, ceux qui font commerce des « sciences sociales » ne s’y risqueront jamais, d’abord par paresse intellectuelle, ensuite parce que cela ruinerait leur fonds de commerce.
Je conseille d’aller faire un tour sur ce site : http://www.rennes-mediation.fr/bmedia/ et de télécharger les articles mis à disposition pour se faire une idée de l’autre façon d’aborder les sciences de l’humain.
Cela dit, je regrette, moi aussi, que les campus de sciences de la nature soient de plus en plus désertés.
Arrêtons de tourner autour du problème. Il y eu toujours eu des études « last chance ». Rien de nouveau. Il y a l’architecture qui est souvent une étude de secours pour les études techniques ainsi que pour les études de médecines. Le social est devenu une industrie. Les salaires dans le social ont explosé. Les sciences techniques ou sciences exactes sont souvent dans leurs applications contrôlée par des normes, des certifications, législations très sévère. L’industrie sociale chère à la gauche, et aussi chère à nos portemonnaies ne connait pas ces moyens de contrôles de normalisation. On se contrôle parmi! Bruxelles n’a pas encore détecté la combine qui donnera du travail aux fonctionnaires de l’UE ces prochains siècles. Le/la jeune qui a passé sa matu avec un minimum et qui veut faire des avions, s’occuper de cavitation ou de chimie ou encore construire des centrales nucléaires va devoir rapidement remarquer que ce qu’il doit assimiler avant est dur, souvent très dur, voir « boring ». Automatiquement il va se diriger vers des études dans le domaine socio, psycho, l’ architecture plus soft. C’est pas une maladie, il faut bien manger. Malheureusement certains par exemple des politiciens verts ou socialistes essaient à plus de 40 ans d’obtenir un papier.
Sciences sociales, une autre façon de dire « lobotomisation gauchiste » et formation de petits soldats socialistes ! C’est « grâce » à ça que les USA se sont gauchisés ! Ce sont ceux-là après qui viennent nous dire que les pires criminels ont des droits et ont plus de valeurs que les petites gens. A la trappe, les sciences sociales !
Une proposition d’Adrian Amstutz, conseiller national UDC, démolie en flamme dans le même article par Oskar Freysinger, autre conseiller national UDC. Autant dire que la proposition ne fait pas l’unanimité dans le groupe et on est donc très loin de l’UDC ceci ou l’UDC cela en tant que parti politique. Le Matin n’a cure de ces subtilités et en profite pour lancer une fausse polémique comme il sait si bien le faire en titrant son article « L’UDC s’attaque aux sciences humaines » et bien sûr la mayonnaise prend, il n’y a qu’à voir les commentaires.
Une approche plus intelligente (mais qui aurait requis un effort journalistique) aurait consisté à chercher les taux d’emploi à 3 ou 5 ans des gens qui ont obtenu des diplômes dans ces matières et surtout de savoir si ces emplois étaient ou non en rapport avec leur formation. Mais bon, entre une bonne polémique anti-UDC facile et un intéressant travail d’enquête le choix des journalistes du Matin ne fut pas difficile à faire je suppose.