Les Turcs se rendent aux urnes dimanche pour des élections législatives qui s'annoncent comme les plus serrées en plus de 10 ans. Le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan espère remporter le scrutin haut la main pour renforcer son emprise sur le pays.
Près de 54 millions d'électeurs turcs sont appelés à voter ce dimanche à l'occasion d'élections législatives. La campagne électorale s'est déroulée sous tension après un attentat à la bombe qui a fait deux morts et une centaine de blessés parmi les partisans du principal parti kurde dans son fief de Diyarbakir.
Les résultats seront connus en soirée et devraient se solder par une nouvelle victoire du parti de la justice et du développement (AKP), qui a remporté l'un après l'autre tous les scrutins depuis 2002. Même s'il n'est pas candidat, M. Erdogan joue son avenir dans cette élection.
Premier ministre à poigne pendant onze ans, il a été élu chef de l'Etat en août dernier et a rendu sur le papier les clés de l'exécutif et du parti à son successeur, l'ancien ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu. Mais, bien décidé à garder les rênes du pays, il milite depuis pour la présidentialisation du régime et le renforcement de ses pouvoirs.
Deux tiers des voix
Malgré les critiques, il a ouvertement fait campagne pour "sa" réforme et son parti, contre la lettre de la constitution qui lui impose un strict devoir de neutralité.
A la veille du scrutin, le chef de l'Etat a une dernière fois défendu samedi à Ardahan ses convictions et étrillé l'opposition qui, a-t-il dit, "cherche à arrêter la nouvelle Turquie en marche".
Pour réussir son opération, M. Erdogan a besoin d'un raz-de-marée électoral. Si l'AKP rafle les deux tiers (367) des 550 sièges de députés, il pourra voter seul la réforme constitutionnelle qui renforce ses prérogatives. S'il n'en obtient que 330, il pourra la soumettre à référendum. Sinon, son ambition s'écroulera.
Le principal obstacle sur la route de M. Erdogan est le principal parti kurde, le HDP. S'il franchit la barre des 10% des voix, requise pour entrer au parlement, le HDP devrait obtenir une cinquantaine de sièges de députés et ainsi priver l'AKP de la majorité qualifiée qu'il convoite.
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