Halal : pourquoi il divise?

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LE PEUPLE.

Le halal, c’est le pur. Le haram, l’impur. L’islam impose aux fidèles de consommer des produits purs. En Belgique, le marché halal pèserait 1,7 milliards.

Le P 15 sirop de Lg mdDepuis quelques jours en Belgique, la toile se déchaine autour du halal. Au centre du bad buzz, le sirop de Liège. Tout un symbole que cet incontournable ingrédient du « boulet frites » que tous les habitués de chez Lequet sur la Batte plébiscitent dans leur assiette. Rien à voir a priori avec La Mecque, la burqa où le mouton égorgé « traditionnellement ».

Quelle ne fut pas la stupeur de nombreux wallons lorsqu’ils ont appris qu’un producteur de « leur » sirop, la siroperie Meurens pour ne pas la citer, se mettait à la page de la globalisation en se pliant au dictat de la certification halal? C’est qu’avec l’islam, la « pureté » ne concerne pas que la viande, mais à peu près tous les produits… Le concept s’étend même aux humains, puisque d’un côté il y a le musulman, et de l’autre, le mécréant.

C’est une vision binaire, manichéenne, mais c’est celle qui régit désormais un cinquième de la population humaine sur terre, de la Turquie à l’Indonésie en passant par le Maroc… ou une bonne partie de Molenbeek. On comprend dès lors que ce type d’initiative puisse crisper tous ceux qui préfèrent vivre dans un monde avec plus de nuances que le Bien et le Mal et qui ne se sentent pas réellement concernés par la crainte d’un dieu.

Après le fromage de Herve, en voie de disparition pour d’autres raisons, c’est au tour d’un autre élément de notre patrimoine gastronomique et culturel d’être dépossédé de sa fonction de marqueur de notre identité. On ne peut simultanément se revendiquer d’Aubel et de La Mecque. C’est cette évidence qui est certainement à la base du rejet compréhensible d’une bonne partie de la population qui réprouve le choix de la siroperie Meurens.

En achetant son ticket d’entrée pour ce marché, un sésame qui se monnaie de 2.000 à 50.000, pour faire certifier la « pureté » de ses produits qui doivent être exempts de cochon, de chien ou de carnivores à griffes (pour ne citer que quelques unes des superstitions qui prétendent se hisser au niveau d’une norme ISO!), l’idée est d’ « être bien avec tout le monde ». Et puis de toute façon, le halal vous répondrons ses partisans, cela ne remet pas en question la nature du produit.

Non, c’est pire. Le halal remet toute la société en question. Quand on trace une frontière aussi nette entre le pur et l’impur et qu’elle devient la norme qui accompagne partout les individus qui s’y soumettent, de l’hôpital au restaurant en passant par l’école ou le cimetière, la vie en commun, la vie en société devient tout simplement impossible.

Probablement conscients de cet aspect à terme peu compatible avec le vivre-ensemble, nos entrepreneurs qui succombent aux sirènes du halal se donnent bonne conscience en plaçant l’enjeu du côté de la compétitivité. En 1940, c’est la choucroute qui avait alors la cote… Aujourd’hui, pour la siroperie Meurens, il s’agit de compenser l’embargo des poires vers la Russie par des exportations dans les pays musulmans.

Pour être mis en orbite sur la planète islam, nos producteurs peuvent compter sur l’agence à l’exportation wallonne, l’Awex qui a même créé le Club Halal. Cette institution financée par le contribuable peut déjà compter sur la participation d’une centaine d’entreprises membres qui ont accepté de se soumettre à la charia.

Halal 2Il faut dire que le filon est très juteux puisqu’il représentait déjà près de 1,7€ milliards en 2013 dans un pays qui compte, selon le ministère flamand de la pêche et de l’agriculture, 630.000 musulmans. A ceux-ci, il faut encore ajouter tous les musulmans de Bruxelles, et ceux de Wallonie.

Autant de consommateurs domestiques potentiels à qui ont peut vendre des produits et des services divisifs. En se rangeant dans le camp de la piété, ces acteurs de l’économie charia-compatible alimentent le communautarisme et la ségrégation. Voilà de quoi alimenter la machine à revendications. Même à Calais, les migrants refusent la nourriture qui leur est servie. C’est ça aussi la globalisation….

Dominique Muller

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