Entre 2007, année de la libéralisation totale du marché énergétique belge, et fin 2014, le prix final au consommateur de l'électricité a augmenté en moyenne de 20,78% pour un client domestique belge, ressort-il d'une étude publiée jeudi par la Commission de régulation de l'électricité et du gaz (Creg). Pour le gaz, le prix final au consommateur a augmenté, en moyenne, de 27,90% pour un client domestique.
Extrait de: Source et auteur

Votre commentaire certes très argumenté ne tient pas. Les prix ont augmenté tout le monde le constate au portefeuille et le reste on s’en fout !
Ce n’est pas la seule étude qui parle de cela. Je me rappelle, avant la votation sur la libéralisation des marchés de l’électricité (refusée par le peuple et introduite quelques mois plus tard en catimini par le parlement et Moritz le socialiste), ce n’était pas un seul pays qui était cité mais bien une dizaine. Et dans tous, les prix avaient été augmentés, et de manière significative. Lorsque l’on libéralise, il y a une baisse momentanée au tout début, et puis les prix reprennent l’ascenseur. Sans que qui que ce soit ne se pose de question. Les hausses en effet, sont noyées dans des secteurs divers et, même avec une baisse de la matière première, les prix montent. L’Etat, lui aussi, se tait. Sur cette énergie, la TVA augmentera de même et les impôts, avec lesquels on suppose qu’on maintenait des prix bas, ne baissent pas non plus. Dès lors, on continue de payer les mêmes impôts, mais l’énergie elle, augmente. Le pigeon final est donc toujours le même.
Quelle belle attaque anti-libérale. Tient-elle la route?
De simples variations de prix comme exposées ici, on ne peut strictement rien conclure, ni dans un sens (défavorable à la libéralisation), ni dans l’autre (favorable à la libéralisation).
1. Je lis dans l’article source:
« Cette hausse est surtout attribuable à l’augmentation des tarifs de distribution; le prix de la composante énergie étant resté relativement stable (-0,91% en Flandre, +4,90% en Wallonie et +4,15% à Bruxelles). »
Déjà le prix de l’énergie n’a pas changé, c’est son prix de transport qui a changé.
Si on oublie ce détail, une question simple vient à l’esprit: l’état faisait-il payer à prix coûtant le transport de ces énergies, ou les distribuait-il à perte? Si le prix du transport n’était pas inclut dans le prix final mais était indirectement financé par les contribuables, par une subvention, un transfert pris sur un autre revenu étatique, donc d’une façon ou d’une d’autre par l’impôt, on comprend mieux l’illusion de hausse du prix: ce n’est pas une hausse, c’est simplement qu’on ne fait plus un financement par l’impôt ou pire par la dette.
Si c’est le cas, il est abusif de laisser entendre que la libéralisation produit une augmentation du coût. Là, ce serait simplement que le coût était caché et payé de façon indirecte autrement et qu’il ne l’est plus.
Cela me donne la même impression lorsqu’un français me dit que les soins en Suisse sont très chers parce qu’il faut payer une prime, tandis qu’en France c’est gratuit, sans comprendre que c’est directement pris sur la fiche de paye.
2. On lit aussi dans l’article source: « Les prélèvement publics, la contribution énergie renouvelable et cogénération et le transport ont également augmenté »
Ne seraient-ce pas là des prélèvements par l’état qui n’ont rien à voir avec la libéralisation en tant que telle?
Une question simple s’impose: avant de laisser entendre quoi que ce soit relativement à la libéralisation, il faudrait savoir quelle est la part de ces prélèvements étatiques supplémentaires sur la hausse.
Ici aussi j’ai l’impression d’entendre ces français qui me disent que depuis 50 ans la hausse de productivité n’a jamais profité aux salariés et que les patrons se sont tout mis dans la poche, alors que lorsqu’on regarde ce qui se passe, la hausse de productivité qui est revenue aux salariés décennie après décennie a en réalité été confisquée par l’état français au travers des cotisations et des charges qui n’ont cessé d’augmenter.
A l’extrême, on pourrait même avoir une baisse de prix liée à la libéralisation qui aurait été compensée et dépassée par la hausse liée à ces prélèvements, qui dans l’ensemble produisent de façon agrégée une hausse des coûts.
Il s’ensuit que tant qu’on ne peut faire la part des choses ici pour ventiler les hausses par cause, on ne peut strictement rien conclure.
3. Pour émettre un jugement il faut pouvoir comparer ceteris paribus. Là les affirmations à l’emporte pièce ne reflètent qu’une chose: l’auteur est potentiellement victime de corrélations illusoires.
Les prix étaient-ils fixes avant la libéralisation? La réponse est non: le prix de l’énergie fluctue tout simplement parce que des chocs exogènes, comme un changement dans l’offre, affectent les prix. Il suffit par exemple que de nouvelles règles écologiques aient entraîné la hausse des coûts, pour que sans la libéralisation on eu observé la même hausse qu’avec.
Il s’ensuit deux choses: tout d’abord, à titre préliminaire, on aimerait voir le trend de la hausse des prix avant la libéralisation sur toute une série d’année. Si le trend est exactement le même on peu déjà supposer sans même faire d’analyse fine, qu’il est possible que la libéralisation n’a pas changé grand chose. Si le trend a diminué, c’est peut-être qu’elle a contribué à freiner la hausse, et si le trend a augmenté c’est peut-être qu’elle a contribué à sa hausse.
On peut le supposer, mais on en sait rien. C’est juste un début pour vraiment pouvoir commencer à se faire une idée de ce qui pourrait se passer.
Pour pouvoir vraiment comparer et donc tirer des conclusions, il faudrait la même situation conjoncturelle, avec le même pays, au même moment, mais sans la libéralisation, ce qui est impossible.
En économétrie, ce qu’on fait pour palier à ce problème (on a jamais accès à deux réalités identiques sauf sur un paramètre, ça c’est en laboratoire qu’on le fait), c’est qu’on introduit tous les paramètres pertinents dans l’équation et on enlève les effets de tous ces paramètres (les trends qui leur sont associés si ce sont des variables continues ou leurs impacts respectifs ponctuels si ce sont des variables dichotomiques), on le fait en considérant plusieurs équations qui intègrent l’ensemble des pays comparables (qui ont libéralisé ou non), pour avoir aussi les fluctuations similaires sur les autres paramètres dans les pays qui n’ont pas libéralisés. On a un système d’équation complexes, dans lesquelles on tient aussi compte des corrélations entre les dimensions elles-mêmes.
Au bout, on peut raisonnablement bien mesurer l’impact d’une dimension spécifique, la libéralisation là où elle s’est produite (en comparaison à là où elle ne s’est pas produite), compte tenu de la part de variance de la modification des prix expliquée par les autres paramètres, pour avoir une idée de l’impact spécifique que la libéralisation a sur les prix.
Etc., etc., etc. Je pourrais continuer à matraquer pour montrer la faiblesse qui constituerait a attribuer sans autre la hausse des prix à la libéralisation.
Pour finir, en plus c’est fait subtilement: le journaliste ne dit pas clairement que la libéralisation est responsable, il le suggère plutôt avec le titre, en prenant comme point d’ancrage de l’analyse de la hausse le moment où celle-ci a eu lieu. Il pousse simplement le lecteur qui aura été biaisé par le titre, a tirer la conclusion de lui-même.
C’est assez malhonnête comme procédé.
Cela m’a pris 30 secondes de lecture de l’article source, pour comprendre que c’est de la daube.
Aux journalistes anti-libéraux: si vous voulez convaincre les gens qui raisonnent, il faut faire mieux que cela.