L'ivresse légère de Marion Maréchal-Le Pen serait dissipée si la République n'était pas mise à toutes les sauces et bue sans modération.
Extrait de: Source et auteur
L'ivresse légère de Marion Maréchal-Le Pen serait dissipée si la République n'était pas mise à toutes les sauces et bue sans modération.
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Qu’importe, au fond, le principe de repérage : Bourbon, Bonaparte ou République ? Il ne s’agit pas du « kratos », ici, mais simplement de l’ « archê ». Le vrai problème est celui du « kratos », du pouvoir, et de sa délégation, donc très exactement celui de la démocratie ou de la tyrannie (au sens étymologique). Du pouvoir nous sommes la source. Mais puisque nous ne pouvons tout faire, nous le déléguons à un État qui exerce pour nous les rôles régaliens : défense nationale, protection des citoyens, relations avec l’étranger. Celui qui le reçoit en délégation ne reçoit pas en même temps un permis de régir la vie privée des citoyens. Lorsque le contrat prend cette forme, c’est la démocratie : le pouvoir se reçoit en délégation et se rend, c’est finalement le peuple qui tient les guides ; dès qu’il s’agit de modifier les lois fondamentales, c’est le peuple qui décide par voie référendaire. Il n’est de démocratie que directe.
La tyrannie confisque le pouvoir qu’elle extorque aux citoyens. À l’ancienne forme violente de l’extorsion par le meurtre, les castes politiques contemporaines ont substitué une forme de dénaturation de la délégation : la représentation. Les parlementaires sont élus parmi les membres de la caste et leur action échappe au contrôle populaire. C’est ainsi que l’on impose un traité de Lisbonne en réaction au vote populaire, et une loi de dénaturation du mariage en contradiction avec la volonté populaire. C’est ainsi qu’un Estrosi se fait élire grâce aux voix (et par les voies) de l’autre parti de la caste, le PS.
Une monarchie peut donc être démocratique ou tyrannique (voir Louis XIV), de même un empire, de même une république. Nous avons tous, j’espère, en mémoire les « républiques démocratiques » (exemple : la Corée du Nord) totalement tyranniques. La démocratie ne se confond donc pas avec la forme que prend le régime ; la preuve : il n’y a plus en Europe qu’une seule démocratie, la Suisse, et elle a la forme d’une confédération, pas d’une république.
C’est pourquoi il est vain de toujours bramer « République ! République ! » en sautant comme des cabris, et d’invoquer les « valeurs républicaines » : il n’y a aucune valeur spécifique au régime républicain.
Personnellement, je m’accommoderais aussi bien de la République que de Louis XX, si elle respectait la démocratie et si, pour reprendre le mot de Maurras, la république n’était pas « la femme sans tête ». Mais lorsque je constate l’extorsion du pouvoir par la caste dans le cadre d’une république, je ne me sens nullement « républicain ».