Ingrid Riocreux, agrégée de lettres modernes, revient sur « la langue des médias », vecteur d’idéologie.
Extrait de: Source et auteur
Ingrid Riocreux, agrégée de lettres modernes, revient sur « la langue des médias », vecteur d’idéologie.
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@ Le Taz
Effectivement, les journalistes les plus courageux sont offerts en pâture pour tenir le reste de la profession. Même plus besoin d’un Goebbels. Exemple en Allemagne, le sacrifice des Eva Herman, Matthias Matussek, Gerhard Wisnevski, Nicolaus Fest (Bild am Sonntag). Dans tous ces cas, les licenciements n’ont pas eu lieu sur la base de raisons économiques mais uniquement idéologiques. Toutes ces personnes, et bien d’autres malheureusement, n’ont eu aucun autre tort que de demander que les bonnes questions soient posées.
Petite sauterie entre politique et médias :
http://www.bz-berlin.de/berlin/kolumne/beim-spd-sommerfest-ermahnte-michael-mueller-die-journalisten
Madame Riocreud a raison sur beaucoup de points dans son analyse, par contre elle me semble bien naïve quant à l’origine de ces dérives, les journalistes doivent suivre la ligne éditoriale des médias pour lesquels ils travaillent, pour avoir discuté de manière privée avec quelques journalistes, il apparait que bon nombre d’entre eux sont conscient de ne pas pouvoir dire ou écrire ce qu’ils pensent car ils risquent de perdre leur emploi et de ne pas en retrouver. Nous vivons chaque jour un peu plus dans une dictature dirigée par ceux qui contrôlent les médias. On nous met toujours en avant la liberté des médias, c’est une vaste blague, ils sont en mains de lobbies et les journalistes ne sont en aucun cas libres. Il n’y a pas de démocratie sans médias informant la population de manière factuelle et actuellement, aucun média mainstream informe de manière factuelle, ils ne font que de véhiculer des messages émotionnelles et nos pas des faits rationnelles. Ils savent exactement ce qu’ils font car la majorité des gens fonctionnent à l’émotionnel bien plus qu’au rationnel.
Son conseil est excellent et nous qui nous informons sur internet le savons, il faut arrêter de lire ou regarder les médias dits traditionnels pour s’informer sur le web avec un principe de précaution essentiel : croiser les sources pour s’assurer de la véracité des informations. Il nous reste à démontrer ce problème aux gens qui nous entourent, allez-y doucement, étape par étape pour la raison suivante :
Lev Vygotski (1896-1934) a en effet développé le concept de « zone proximale de développement », laquelle selon lui, représente l’écart entre ce que l’individu peut réaliser intellectuellement seul, et ce qu’il serait en mesure de réaliser avec la médiation d’une autre personne, ce dernier facilitant l’intériorisation des données et le travail intrapsychique.
Le travail du médiateur consiste donc à proposer des apprentissages nouveaux suffisamment proches des représentations de l’apprenant afin que ce dernier puisse intégrer de façon harmonieuse les nouvelles données en opérant une reconstruction cognitive de ses acquis.
De la même façon, une réalité trop éloignée du système de croyances et de connaissances d’un individu ainsi que de sa zone proximale de développement, le propulsera hors de la zone de confort intellectuel et conceptuel dans laquelle il évolue habituellement, provoquant ainsi un stress ingérable dans l’instant.
Tel un élément allergène déséquilibrant l’harmonie du corps, cette réalité menaçant l’ensemble de la construction cognitive élaborée par un individu depuis sa naissance, se verra immédiatement rejetée par celui-ci.
Le rejet s’exprimera le plus souvent au travers de la colère, du cynisme ou de l’ironie, ces réactions visant à ridiculiser voire anéantir l’idée jugée subversive. A ce phénomène de rejet, se conjugueront la plupart du temps des rationalisations rassurantes propres à conforter le système de croyances actuel de l’individu.
En général, le porteur d’informations subversives sera lui-même rapidement diabolisé permettant ainsi à l’individu (ou aux individus) se sentant menacé(s) d’isoler le messager en même temps que le message dérangeant, à défaut de pouvoir l’éliminer purement et simplement.