Journal du Jeudi 23 juin 2016
Union européenne / Brexit : Bruxelles craint l’effet domino
La Grande-Bretagne va-t-elle bouder l’Union européenne ? Il ne reste que quelques heures avant d’être fixé sur le sort du Brexit. Alors que les sondages ont alternativement donné le Oui et le Non gagnant, le récent attentat contre la députée Jo Cox a visiblement fait pencher la barre du côté de l’Union Européenne. Suspense…
Les Britanniques vont-ils claquer la porte de l’Union Européenne ? C’est une question qui semble bien difficile à appréhender avant le dépouillement définitif du référendum sur le Brexit. Alors que David Cameron, dans un premier temps défenseur de la sortie de l’UE, a viré de bord après des négociations en demi-teinte à Bruxelles, les électeurs britanniques sont devenus les otages des politiques et de la presse… Le battage médiatique autour des conséquences d’une sortie de l’appareil Bruxellois a envahi les ondes pour mettre en garde des dangers qui grondent. Selon l’ancien président tchèque Vaclav Klaus, le Brexit n’aura pas lieu, et ce, grâce au succès de la propagande du camp européiste. Toutefois, le constat quant à l’UE n’en est pas moins inquiétant. En effet, Vaclav Klaus considère que l’Union Européenne est aujourd’hui une voie sans issue…
Du côté du parti de Nigel Farage, le UKIP, les candidats ne faiblissent pas pour promouvoir la sortie de la Grande-Bretagne… La question migratoire, dont les quotas imposés par Bruxelles, devient un argument majeur de la campagne.Au delà de la possible sortie de la Grande-Bretagne de l’appareil bruxellois, les politiques craignent surtout un effet en cascade. En effet, dans le cas d’une victoire du Oui, d’autres pays pourraient être tentés de se lancer vers l’émancipation. Bruxelles est en effet de plus en plus mis en accusation. La défiance des pays du Visegrad conjuguée à la montée des eurosceptiques rend la tâche de plus en plus ardue pour les politiques. Pour eux, comme pour leurs opposants, le suspens va se poursuivre encore quelques heures… reste à espérer que la voix du peuple britannique sera respectée si elle ne s’exprime pas comme le souhaite ses dirigeants…
Immigration / Calais sauvé par le Brexit ?
Le Brexit peut-il sauver Calais ? En cas de sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, les clandestins, parqués aux abords de la ville, pourraient avoir la voie libre pour traverser la Manche. Alexandre Rivet
Et si le Salut de Calais passait par le Brexit ? La ville, submergée par des milliers de clandestins depuis plusieurs années, pourraient voir ces nouveaux arrivants quitter la France pour le Royaume-Uni. Les accords du Touquet – signés en 2003 par Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur – renforcent les contrôles aux frontières en permettant le travail de policiers anglais sur le sol français qui peuvent donc empêcher le passage des clandestins sur le sol britannique.
Dès le mois de mars, le ministre Macron avait menacé de dénoncer ces accords. Accords qui ne sont cependant pas européens mais bilatéraux. La France compte néanmoins se prévaloir d’un changement politique majeur pour rendre caduc les textes.
Si l’Angleterre quitte l’UE, le départ des clandestins serait probablement le fait le plus marquant pour la France car la perte européenne de notre voisin Outre-manche ne changera pas vraiment le fonctionnement de l’UE. En effet, l’Angleterre n’a jamais été un adhérent comme les autres et a profité de dérogations exorbitantes dans des domaines variés : l’exonération des règles de coopération policière et judiciaire, l’exonération de la Charte de droits fondamentaux, le non-alignement sur la législation sociale européenne. Le Royaume-Uni n’a pas non plus intégré l’Espace Schengen, ni la zone euro et n’a jamais apporté une contribution financière à la hauteur de sa richesse.
Pour les Calaisiens, l’effet d’aubaine pourrait être double puisqu’une sortie de l’Angleterre permettrait de rétablir une zone Duty Free, c’est-à-dire hors-taxe, à Calais et donc y favoriser le commerce. L’hypothèse du Brexit pourrait non seulement être favorable aux Calaisiens mais aussi dans une certaine mesure au marché britannique avec leur droit du travail ultralibéral. Le déplacement de la jungle de Calais vers une ville d’outre-manche donnera une main d’œuvre pas cher aux entreprises anglaises sur un marché de l’emploi extrêmement flexible pour ne pas dire anarchique. Et qui sait… Parmi les Erythréens, les Mauritaniens et Afghans, peut-être se cache-t-il le futur maire de Londres…Politique / Manifestation : le gouvernement patauge
Nouveau camouflet pour Manuel Valls. Mardi, François Hollande donnait raison à son premier ministre, partisan de l’interdiction de manifester pour les syndicats ce jeudi, une première depuis 1962. Mercredi matin, l’Elysée motive son choix en invoquant une décision technique relevant du ministère de l’Intérieur. Une position donnant l’impression que François Hollande n’assume pas l’interdiction. 4 heures plus tard, coup de théâtre, Bernard Cazeneuve, après s’être entretenu avec les dirigeants de la CGT et de FO, autorise finalement la manifestation mais sur un trajet plus court.
Entre temps, François Hollande, obsédé par le compromis, a retourné sa veste. Pour sauver les apparences, l’Elysée affirme que le président n’a jamais été pour l’interdiction. Manuel Valls est donc pris à contre pied. Mercredi à l’Assemblée, le premier ministre a dû faire bonne figure, assurant que la décision a été prise de concert avec François Hollande.Comme le résume un député PS, “comme souvent, on a vu Valls se raidir et Hollande s’aplatir”. Cette dissonance au sommet de l’Etat a suscité les sarcasmes à droite, creusé le fossé à gauche avec les frondeurs et donné l’impression que le gouvernement cédait aux syndicats. Au Front National, on dénonce l’utilisation du bras de fer entre le gouvernement et les syndicats pour éviter de parler de la loi travail. Comble de malchance pour Manuel Valls, le défilé du cortège CGT-FO, parti de la place de la Bastille pour faire le tour du bassin de l’Arsenal, s’est déroulé dans le calme. Les 2 000 policiers mobilisés ont fouillé tous les manifestants avant de les laisser accéder au cortège. 85 individus ont été interpellés notamment pour détention d’objets pouvant servir de projectile. 2 journalistes indépendants ont subi le même sort pour avoir filmé une partie du trajet. Et pour éviter la casse, les voitures sur le passage des manifestants ont toutes été évacuées. François Hollande a donc réussi une fois de plus à humilier son premier ministre déjà usé jusqu’à la corde.
Ecologie / La taxe Nutella aux oubliettes
Il n’y aura finalement pas de taxe Nutella en France. Les députés ont abrogé dans la nuit de mercredi à jeudi l’article qui devait taxer à hauteur de 900 euros la tonne d’huile de palme importée… Un dossier bien plus complexe qu’il n’y parait que nous explique Natasha Koenigsberg
Taxer fortement les produits contenant de l’huile de palme était présenté comme une mesure de santé publique… En effet, la consommation excessive d’huile de palme, riche en acides gras saturés, qui stimule la production de mauvais cholestérol par l’organisme, favorise le développement des maladies cardiovasculaires ainsi que l’obésité. C’est scientifiquement prouvé.
Si la taxe a rapidement été appelée “taxe Nutella”, c’est parce que la pâte à tartiner préférée des enfants se trouve être le produit qui contient le plus d’huile de palme, et qui aurait donc été le plus impacté par cette sanction fiscale… Mais l’huile de palme, parce qu’elle n’est pas chère mais aussi très intéressante sur le plan gustatif, se cache partout : dans les gâteaux … les plats cuisinés, les pâtes à tarte, tous les produits frits, les viennoiseries industrielles, les barres chocolatées et bien sur, les chips et gâteaux apéritifs…
Seulement, derrière la mesure de santé publique, se cachait aussi une mesure politique : La production d’huile de palme, en grande partie concentrée en Malaisie en Indonésie et un peu en Afrique, est dénoncée par des associations comme Greenpeace… Elles reprochent aux producteurs de saccager les forêts pour planter des milliers d’hectares de palmiers à huile… Sur place, les conditions de travail des employés de ces palmeraies sont aussi bien souvent très précaires, pour des salaires de misère.
Quand la menace de la taxe, 900 euros la tonne, une sanction énorme, est devenue plus précise, les lobbies se sont donc mis en branle… L’Indonésie a clamé à de nombreuses reprises, notamment dans des annonces publiées dans la presse, que cette taxe créait une forme d’ingérence de la France dans ses affaires intérieures, et causerait un préjudice à son économie…
Mais ce sont surtout les lobbies agro-alimentaires, très puissants en France, qui ont fait pression en sous-main sur le gouvernement français… Repensez à la liste des produits alimentaires énumérés à l’instant… L’huile de palme étant partout, c’est toute l’industrie agro-alimentaire qui aurait du soit payer, soit revoir la formule de ses produits, en remplaçant l’huile de palme par d’autres matières grasses plus chères.
Au final, l’idée de taxer l’huile de palme partait d’un bon sentiment, à la fois pour des raisons de santé publique, mais aussi donc, écologiques et environnementales.. Mais c’était aussi une utopie : face aux industriels, Marisol Touraine ou Manuel Valls ne font pas le poids, les enjeux économiques sont trop importants… Les députés se sont donnés rendez vous dans 6 mois pour réétudier la taxation des huiles alimentaires… gageons qu’en décembre prochain, à quelques mois de la présidentielle, il ne se passera pas grand chose de plus sur ce dossier qui va rapidement être oublié, voire, enterréL’actualité en bref
– Eric Zemmour relaxé ! Mercredi, la Cour d’appel de Paris a confirmé la relaxe du journaliste du Figaro poursuivi pour provocation à la haine raciale. Une affaire initiée lors d’une chronique sur RTL le 6 mai 2014 où le polémiste comparait les immigrés d’aujourd’hui aux grandes invasions barbares à l’origine de la chute de l’empire romain. En première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait jugé que les communautés visées par Eric Zemmour ne l’étaient pas dans leur ensemble. Toutefois RTL, sévèrement réprimandée par le CSA, avait failli limoger son chroniqueur.
– La Chine et la fessée de printemps. La Changzhi Zhangze Rural Commercial Bank essaie une nouvelle méthode pour exiger des bénéfices de la part de ses salariés. Si les résultats ne sont pas au rendez-vous, les employés concernés écopent tout simplement d’une fessée en public…. Une vidéo sur Youtube, montre un homme munie d’un genre de pagaie en train de frapper le postérieur des employés. Selon des témoins de la scène, une autre punition consiste à tondre les cheveux des mauvais commerciaux… Dès la diffusion massive des images, le responsable du Parti communiste de la banque et son président ont été suspendus.
– Quand une joue de porc à la normande fait tout basculer ! Un père de famille de confession musulmane a été condamné mardi à 4 mois de prison avec sursis après avoir insulté et menacé le personnel éducatif de l’école de son fils à la Chapelle-Basse-Mer en Loire-Atlantique. L’individu avait débarqué dans la cour d’école avec son 4×4 le 17 décembre dernier en manquant de renverser une mère de famille. L’homme était furieux parce que son fils avait mangé du porc. En effet, affamé, son fils n’avait pas voulu attendre le repas de substitution initialement prévu, et se serait jeté sur de la joue de porc normande.
– Décathlon se met au X… à son insu. Le géant du sport a découvert que des caméras étaient installées dans certaines cabines dans un magasin en Normandie pour filmer les femmes pendant leurs essayages. Les vidéos étaient ensuite postées sur des sites pornographiques. L’homme à l’origine de ces méfaits sévit depuis plus d’un an. Les services juridiques de Décathlon essaient toujours de localiser précisément de quel magasin il s’agit. Une plainte contre X a été déposée.
C’est la fin de notre édition ! Dans un instant, notre “Zoom” du jour. Jean-Claude et Geneviève Antakli sont venus nous présenter leur ouvrage “Syriapocalypse”. Ils reviennent sur les 3 dernières années du conflit en Syrie et dévoilent le plan de Washington pour embraser le monde arabo-musulman et redessiner la carte géopolitique du Proche-Orient. Jean-Claude et Geneviève Antakli expliquent également le rôle qu’ont joué les pétromonarchies du golfe, la Turquie et l’opposition syrienne soi disant démocratique, pour déstabiliser le pouvoir de Bachar el-Assad.
Extrait de: Source et auteur
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Peut-être une excellente nouvelle ce matin! Le BREXIT serait donné gagnant. Le week-end s’annoncerait-il rayonnant?
https://www.bluewin.ch/fr/infos/international/2016/6/24/le-royaume-uni-en-route-vers-un-brexit.html
http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/DIRECT—Le-Royaume-Uni-pr-t-a-sortir-de-l-UE–23262835
Il est clair que tant qu’il n’y aura pas de résultats définitifs, nous serons encore dans l’incertitude, mais il faut y croire.