Attentat de Nice : Olivier Bettati pointe la responsabilité et les manipulations de Christian Estrosi

 

olivier_bettatiInterview intéressante donnée au journal Présent par Olivier Bettati, ancien bras droit d’Estrosi et conseiller municipal FN, qui réclame deux commissions d’enquête : l’une sur le rôle de l’Etat et l’autre sur celui de la mairie.

Il est interrogé par Caroline Parmentier :

« Pourquoi êtes-vous si circonspect sur le témoignage de la policière de Nice qui accuse le gouvernement de pression ?

J’ai été l’adjoint d’Estrosi pendant 25 ans et je connais parfaitement tout ce petit monde. Il faut savoir que la technique d’Estrosi c’est de faire en permanence de la com sur la com, de manière à ce que l’on n’ait pas le temps de réfléchir à ce qui s’est passé à l’étape d’avant. L’étape d’avant c’est quoi ? Dans la nuit du 14 juillet, les bandes-vidéo ont toutes été saisies par la justice comme cela se fait à chaque fois. Deux jours après, il y a une réquisition faite par le parquet demandant la destruction des bandes. Pourquoi ? Pour éviter de les retrouver au mieux sur des réseaux sociaux, au pire dans la propagande de Daech. Ça se passe toujours comme ça et heureusement. La technique de com d’Estrosi a été de dire : « c’est un scandale d’Etat, on veut effacer les traces de ce qui s’est passé ». Et pendant trois jours tout le monde est rentré dans ce truc-là. Mais expliquez-moi quel intérêt aurait le ministre de l’Intérieur à envoyer une barbouze pour harceler un délégué syndical de la police municipale de Nice dans la ville d’Estrosi et lui demander de bidouiller des bandes dont les originaux sont depuis trois jours entre les mains de la justice ? Je rappelle que la policière Sandra Bertin est très proche d’Estrosi et de l’UMP. Pendant les Régionales elle a fait campagne ouvertement pour Estrosi, retweetant des messages contre Marion Maréchal-Le Pen.

Estrosi a donc, selon vous, tenté d’allumer un contre-feu de façon à effacer ses propres failles de la nuit du 14 ?

Exactement. Quand j’ai donné ma conférence de presse quelques jours après l’attentat, j’ai rappelé qu’Estrosi n’était pas le maire de Nice. Mais il est l’adjoint à la sécurité et à la circulation et occupe donc un rôle clé dans ce qui s’est passé. Pourquoi ne s’est-il pas rendu aux réunions organisées en préfecture concernant la mise en place du dispositif de sécurité et la répartition des rôles entre la police nationale et la police municipale pour le grand feu d’artifice du 14 juillet ? Au début, il a commencé par dire que ce n’était pas vrai puis il a fini par avouer sur BFM qu’il n’était pas à ces réunions. Or, en tant qu’adjoint à la sécurité il se devait d’y être. S’il y était allé il aurait été en mesure de prendre des décisions déterminantes comme de décider de la présence de policiers nationaux et pas de policiers municipaux sur le dispositif du soir. Or la police municipale était, à partir de 20 heures 30, seule en charge de la sécurisation de la promenade des Anglais à l’angle du boulevard Gambetta. Pourquoi lui, qui est en charge également de la circulation, a-t-il choisi, alors qu’il savait qu’il n’aurait plus de police nationale, de traiter l’entrée de la zone festive par un dispositif dit de circulation plutôt qu’un dispositif de sécurité ? C’est-à-dire sans les quatre blocs en béton qui auraient dû être déposés de chaque côté de la promenade des Anglais et auraient permis de bloquer l’entrée du camion tueur. Le choix qui a été fait par l’adjoint à la sécurité et à la circulation a été la mise en place d’un simple dispositif de circulation angle boulevard Gambetta/promenade, ce qui au regard du danger est une faute lourde.

[…] Pourquoi le commissaire divisionnaire Sylviane Casanova, ancien chef de notre police municipale, un grand flic, a-t-elle été remerciée et remplacée à la demande d’Estrosi par un simple agent de catégorie B, un copain à lui, élu Les Républicains et qui le soir du 14 juillet était absent, parti dans sa commune avoisinante ? Pourquoi l’ancien sous-préfet, Christophe Aumonier, unanimement reconnu comme un excellent spécialiste de la police, a-t-il été viré et remplacé par l’épouse du directeur de cabinet de Christian Estrosi, Véronique Borré, qui n’a aucune espèce de compétence en matière de sécurité ? […] »

Estrosi manipulateur ? Qui en doutait encore ?

 

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3 commentaires

  1. à Vautrin

    personne ne songeait à la co-responsabilité d’Estrosi ( adjoint à la sécurité à Nice tout de même ! ) dites-vous ? si moi, parmi d’autres assurément, j’ y songeais dès le début comme à une évidence et je l’ai écris sur le site Média presse info en m’interrogeant sur la pertinence de la stratégie d’Alain Escada de Civitas de ne cibler que le Ministre de l’Intérieur. Comme quoi la foi … n’est pas incompatible, pour le moins, avec le raisonnement cartésien.

  2. Voilà qui éclaire d’un autre jour l’affaire des enregistrements télévisuels de Nice. Personne ne songeait à une éventuelle co-responsabilité de l’Estrosi, dans cette affaire. J’avoue avoir été éberlué en lisant chez Boulevard Voltaire que la procédure de saisie judiciaire des enregistrements et d’ordonnance d’effacement des originaux était normale. S’il ne fait guère de doute que la présence de la Police Nationale était en-deçà de ce qu’exigeait l’ampleur de la manifestation du 14 juillet et de la menace terroriste (faute du Ministère de l’Intérieur), il semble que la pose de blocs de béton n’ait pas été ordonnée (faute de la Mairie). Estrosi a saisi l’occasion d’une faute gouvernementale (par préfet interposé) pour se couvrir : il y aurait donc bien eu manipulation. Rien d’étonnant : la victoire d’Estrosi face a Marion a résulté d’une formidable manipulation « républicaine ».
    J’avoue, malgré mon scepticisme exacerbé, m’être laissé prendre au piège. Comme quoi il ne faut jamais prendre une chose pour vraie qu’on ne la connût évidemment être telle, selon le vieux principe du doute cartésien, c’est-à-dire éviter la précipitation et la prévention.Il est vrai que le gouvernement, en raison de son laxisme et de ses négligences, fait un coupable tout désigné. En l’occurrence, il l’est, coupable, mais il ne serait pas seul !

  3. C’est bien pour cela que je m’interrogeais sur le site de Media Presse Info sur la tactique d’ Alain Escada qui consistait à cibler le seul Ministre de l’Intérieur alors que l’on avait bien des raisons de s’interroger sur ce qui se présentait d’emblée comme un enfumage estrosien des plus malhonnêtes, pardon du pléonasme.Le cynisme de ce motard recyclé en représentant de son propre commerce paraît sans limite , lui qui n’a évité la raclée promise par Marion qu’avec le concours zélé de ceux sur lesquels il se défausse aujourd’hui.Il est bien sur ce plan l’élève de son maître Sarkozy qui est l’un des plus cyniques responsables du chaos vers lequel l’oligarchie a poussé la France( cf son zèle machiavélique à faire sauter le « verrou » Lybien). Ce qui n’est pas un inconvénient pour eux , loin s’en faut : cela leur offre l’occasion de museler encore davantage ceux qu’ils présentent insolemment comme les « ennemis de la démocratie » , démocratie qu’ils ont si savamment transformé petit à petit en dictature.
    Si Estrosi avait le moindre respect pour les victimes et leurs familles , il devrait a minima démissionner de sa fonction ubuesque « d’adjoint à la sécurité » , et même se retirer définitivement de la vie politique car sa « carrière » est désormais entachée à vie du sang de ceux qu’il aurait du protéger.

    Ps: premier exemple du verrouillage en cours de toute protestation :le Système interdit désormais les marches blanches jusque là organisées sous sa houlette pour canaliser les ressentiments et endormir les gogos. Aujourd’hui on l’a vu à Nice , la Révolte gronde .Dès lors fini les marches blanches sous prétexte de « sécurité. » Le cynisme de l’oligarchie n’ a pas de limite.

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