Journal du vendredi 16 septembre 2016
Union Européenne / Bratislava pour un nouveau souffle ?
Un sommet européen à quitte ou double ! Pour la première fois sans l’Angleterre, les chefs d’Etats et de gouvernements des 27 se sont réunis ce vendredi à Bratislava en Slovaquie pour tenter de faire oublier leurs échecs. Avec une Europe du Sud engluée dans l’austérité, une Europe de l’Est hostile aux diktats de Bruxelles et une Europe du Nord sensible aux arguments du Brexit, les eurocrates, empêtrés dans leurs certitudes, restent impuissants face à la désintégration de l’Union. Pierre Bergerault
Une simple feuille de route pour “reprendre le contrôle” ! Si le trio Merkel-Hollande-Juncker assure vouloir une Union européenne protectrice, aucune décision pratique n’est sortie du sommet de Bratislava. Selon le président du Conseil européen, Donald Tusk, la priorité est la sécurité intérieure et extérieure de l’Europe. Pour sauver les apparences d’une Union en déliquescence, Paris et Berlin proposent de réformer Schengen avec un déploiement massif sur le terrain du corps de garde-frontières européens et le contrôle systématique des personnes entrant et sortant de l’UE. L’Allemagne et la France prônent également l’allocation de fonds européens pour aider au développement dans l’industrie de défense. S’il n’y a pour l’instant pas d’état major opérationnel, Paris et Berlin veulent lancer une initiative commune permettant de déclencher les opérations militaires plus rapidement.
Outre les propositions politiques, les réticences du groupe Visegrad (Pologne, République Tchèque, Slovaquie et Hongrie) devant les injonctions de Bruxelles, mettent surtout en lumière les divisions qui règnent en Europe avec des sujets comme les travailleurs détachés ou la répartition des clandestins. De leur côté, la France, l’Italie et surtout la Grèce mettent la priorité sur le desserrement de l’austérité budgétaire. Bref, devant la multiplication des crises, Donald Tusk reconnaît que donner plus de pouvoir aux institutions européennes n’est pas la bonne recette. Un constat que les partisans d’une Europe des nations ne cessent de répéter depuis des décennies. Et si François Hollande se pose en rempart contre la dislocation de l’Europe, Marine Le Pen lui a rappelé, le 7 octobre 2015 lors d’une séance plénière au Parlement de Strasbourg, qu’en la matière, c’est la Chancelière Merkel qui décide de tout :Economie / Londres commande 2 centrales nucléaires à EDF
C’est le contrat du siècle pour EDF : le gouvernement britannique a informé hier l’Elysée qu’il donnait son feu vert au projet de construction de centrales nucléaires à Hinkley Point, dans le sud ouest de l’Angleterre, un contrat à plus de 21 milliards d’euros… problème : c’est EDF qui doit trouver l’argent, alors que sa situation financière n’est pas des plus brillantes…
Ce contrat de 21 milliards d’euros est à la fois une bonne, et une mauvaise nouvelle pour EDF. Il ne s’agit pas en effet de 21 milliards d’euros qui vont tomber dans la poche d’EDF demain, mais du coût estimé de la construction de ces deux centrales… centrales que le gouvernement anglais demande officiellement à EDF de construire. A charge pour l’énergéticien français d’emprunter l’argent, puis de se rembourser sur l’électricité qu’il vendra aux consommateurs anglais, à un prix fixé à l’avance aujourd’hui : 119 euros le mégawattheure… Un prix qui permettra, en théorie, à EDF de rembourser qu’il va contracter pour construire les centrales sur une vingtaine d’années, puis de gagner de l’argent avec… Seulement voilà, tout cela n’est que de la théorie : si l’on suit la courbe logique de l’explosion des coûts sur des chantiers similaires, ces 21 milliards, pourraient devenir 25, 30 milliards, pourquoi pas, 40 milliards d’euros… A Flamanville, le réacteur nucléaire qui devait être livré en 2012, mais dont le chantier n’est toujours pas terminé, coûtera au moins 10,5 milliards d’euros, contre les 3,3 milliards prévus initialement ! EDF se défend en expliquant qu’il s’agit du premier modèle d’un réacteur nucléaire de 3e génération… mais il n’empêche : les ennuis s’accumulent, avec notamment la cuve du réacteur, dont on a appris dernièrement qu’elle présentait un défaut majeur de fabrication… Une cuve de 550 tonnes qu’il faudra peut être démonter et remplacer, retardant de plusieurs mois voire années le chantier, tout en en augmentant encore la facture…
Cette commande de 2 centrales par le gouvernement anglais est donc une bonne nouvelle, si l’on s’en tient aux 5000 emplois qu’ils devraient générer en France, mais une grosse source d’inquiétude, sachant qu’EDF va devoir encore augmenter son endettement, qui est déjà de 34 milliards d’euros.. Sans compter le coût futur du démantèlement des centrales nucléaires françaises en bout de course… qui n’a pas, ou peu été provisionné… C’est à cause de ces incertitudes sur le montage financier de cette commande de centrales anglaises que le directeur financier d’EDF a démissionné en mars dernier. La cours des comptes française aussi a manifesté son scepticisme sur le dossier à plusieurs reprises.
Au passage, sur les 21 milliards estimés, 8 milliards sont promis par le géant de l’énergie chinois CGN… qui veut en profiter pour mettre un pied en Europe ou plus exactement en Angleterre, puisque tout cela a été négocié avant le Brexit… mais CGN, en retour, exige des transferts de technologies… En dehors du problème du montage financier de la construction des centrales et du risque de dérapage des coûts… reste un dernier souci pour EDF : : si pour des raisons économiques ou politiques, l’Angleterre s’éloigne encore plus de l’Europe que prévu, on peut très bien imaginer qu’un gouvernement anglais à poigne décide un jour de nationaliser les centrales pour asseoir sa souveraineté et garantir son indépendance énergétique, en indemnisant au minimum celui qui les aura construites… le laissant seul avec ses énormes dettes à rembourser…Education / La mixité imposée par l’informatique
Un algorithme informatique pour répartir les élèves dans les établissements scolaires afin d’assurer la bonne marche de la diversité ! C’est la nouvelle démarche du ministère de l’éducation nationale. Multipliant les signaux contradictoires, le ministre Najat Vallaud-Belkacem continue son entreprise de déconstruction de l’enseignement français. Alexandre Rivet
“Il faut rompre avec le mythe français de la mesure globale uniforme, du grand soir politico-technocratique”… Cette citation pleine de bon sens est bel et bien sortie de la bouche de Najat-Vallaud-Belkacem avant que le ministre de l’éducation national n’ajoute même qu’elle ne “pense pas qu’un algorithme puisse constituer une baguette magique pour imposer autoritairement la mixité sociale en supprimant une partie de la liberté de choix des parents”… Le lendemain de cette déclaration, l’académie de Paris annonçait la mise en place pour la rentrée 2017 d’un système de répartition algorithmique informatisé de 12 000 enfants de l’enseignement public entrant en 6ème…
L’algorithme dont il est question se nomme Affelnet. C’est un algorithme affectant les enfants au sein d’un secteur multi-collèges, les répartissant ensuite afin d’obtenir la même proportion d’élèves issus de familles dites défavorisées dans chaque établissement. Ainsi, exit le choix parental de l’école et bonjour le collège hétérogène et pluriculturel. En effet, sous couvert de mixité social, c’est bien un grand mélange ethnico-culturel qui devrait voir le jour… Les critères que prend en compte l’algorithme sont : l’emplacement géographique du domicile familial, les résultats scolaires des enfants mais aussi l’origine sociale, une notion trouble et qui laisse songeur quant aux informations détenues par les services de l’éducation nationale…
A droite, c’est l’entrepreneur et membre fondateur du Think Tank L’Avant-garde Charles Beigbeder qui s’en prend à cet algorithme. L’ancien candidat à la mairie de Paris estime que loin de réduire les inégalités, l’utilisation de l’algorithme va les accroître. En effet, échaudés par la perspective de ne pas pouvoir choisir l’établissement public qu’ils souhaitent, de nombreux parents pourraient bien se replier sur des écoles privées. Au-delà de l’absurdité de l’utilisation d’un algorithme informatique pour répartir des enfants dans des écoles, c’est bien de la disparition de la liberté éducative qu’il est question, une liberté qui avait déjà été bien écornée par la carte scolaire…Politique / Civitas en campagne
Civitas est bel et bien lancé en politique. Récemment transformée en parti, l’association tenait jeudi une conférence de presse avec ses principaux cadres. Le président Alain Escada a dévoilé les grandes lignes de son programme. Hervé Grandchamp.
L’actualité en bref
– Le verdict est tombé pour l’affaire de Sisco ! La rixe sur une plage de la ville corse avait fait grand bruit le 14 août dernier, et les deux parties se retrouvaient jeudi au tribunal. Les deux Corses impliqués ressortent libres mais sont toutefois condamnés à des peines avec sursis. Deux de leurs agresseurs marocains écopent de la même sanction, tandis que Mustapha Benhaddou, initiateur des violences, est condamné à deux ans de prison ferme. Notre correspondant sur place était au cœur de la foule des manifestants corses pendant le procès.
– Des Allemands expriment leur ras le bol des clandestins. Mercredi à Bautzen, dans l’est du pays, des heurts ont éclaté entre des habitants de la ville et une vingtaine de demandeurs d’asile. Pour stopper les violences, les forces de l’ordre sont intervenues. Elles ont reçu des bouteilles et des lattes en bois. Depuis plusieurs semaines, les incidents en lien avec les clandestins se sont multipliés.
– Poutine boute le porno ! Jeudi, les autorités russes ont confirmé leur intention de bloquer les deux principaux sites pornographiques Pornhub et Youporn. Le porte-parole de l’agence de surveillance gouvernementale a affirmé que la sanction pourrait être levée si le catalogue des programmes était modifié. Des internautes russes se sont rapidement plaints de ne plus pouvoir surfer sur la toile comme ils l’entendent… ce à quoi les services russes ont répondu qu’ils n’avaient qu’à trouver un “conjoint dans la vraie vie”. La communication du site Pornhub a également réagi sur les réseaux sociaux, l’agence lui a répondu qu’elle ne plaisantait pas avec la démographie.
– Eurolibertés fête ses 6 mois d’existence ! L’occasion pour son rédacteur en chef, Philippe Randa, de revenir sur les 1ers pas de ce média du groupe Libertés. Nous sommes allés à sa rencontre.
C’est la fin de notre édition ! Comme chaque vendredi, nous vous conseillons la lecture du quotidien “Présent” de fin de semaine. A la Une : l’éloge funèbre de l’Union européenne de Jean-Claude Juncker et un entretien avec le peintre Henri Landier.
Ce soir, retrouvez également “IMedia”. Jean-Yves Le Gallou évoquera le sondage trafiqué sur l’adhésion des Français au mariage pour tous et la maladie d’Hillary Clinton.
Egalement au programme de votre fin de semaine : Bistro Libertés. Martial Bild et les sociétaires de l’émission reçoivent la présidente de La Manif pour tous Ludovine de La Rochère. Ils débattent de la primaire des droites, du dernier livre d’Eric Zemmour et de la création de 10 000 nouvelles places de prison.
Extrait de: Source et auteur
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C’est pour assurer la sécurité intérieure et extérieure de l’Europe que Donald Tusk, laisse aller cherchez les migrants en Libye ?