Batailles au Congrès : les Républicains s’attaquent au legs d’Obama

 

De notre correspondant permanent aux Etats-Unis – : Pour la première fois depuis une décennie, les républicains contrôlent à la fois le pouvoir exécutif (Donald Trump, 45e président) et les deux assemblées du pouvoir législatif (115e Congrès) dans une atmosphère politique marquée par la nécessité d’une rupture et l’urgence d’un renouveau. Les huit années passées par Barack Obama à la Maison Blanche ont laissé des traces profondes dans presque tous les aspects de la vie institutionnelle, économique, sociale, industrielle, commerciale de l’Amérique : on ne soumet pas un pays-continent au souffle constant et pernicieux du gaucho-libéralisme sans provoquer de durables dégâts. Trump a bâti l’essentiel de sa campagne électorale sur la dénonciation systématique de cette imprégnation subversive. Dès le 20 janvier, date de son entrée en fonction, il a l’intention de faire passer ses promesses dans la réalité et ses idées dans les faits. Ce passage ne pourra s’opérer sans l’aide du Congrès. Et ne pourra être atteint sans la démolition, pierre par pierre, de l’édifice laissé par Obama.

Trump reviendra-t-il sur le très impopulaire Obamacare ?

C’est la première fois depuis plusieurs générations que l’on assistera sur la colline du Capitole à une entreprise de démolition d’une telle ampleur. Car si les républicains sont logiques avec leur ossature doctrinale, il ne doit pratiquement rien rester de ce qu’Obama a mis en place depuis janvier 2009. Et si Trump cherche à conserver l’appui de sa base, rien de ce qu’Obama a décidé durant ses deux mandats ne doit subsister sans une féroce analyse au scalpel. Ce double défi apparaît considérable. Le camp républicain possède un atout : il peut surfer encore pendant des mois sur l’impact psychologique de sa belle victoire du 8 novembre. L’opinion le suit et, s’il ne commet aucune erreur, elle le suivra encore longtemps. Autre atout pour lui : dix sénateurs démocrates devront se représenter en novembre 2018. Leur vulnérabilité s’avère extrême car ils appartiennent à des Etats ayant voté Trump. Pour eux, des concessions s’annoncent indispensables. Et l’on sait que souvent, entre des concessions tactiques et une vocation de transfuge, il n’y a qu’un petit pas, vite franchi.

Face à cette ambition qui trépigne, à cette opposition qui enrage, Obama et ses hordes démocrates retrouvent la bonne vieille méthode du carré : on serre les coudes, on attend l’assaut et on compte les coups. Tous regrettent maintenant d’avoir permis, au moment où ils étaient au pouvoir, à de nombreux projets de lois présentés au sénat, de devenir des lois à la majorité simple, et non avec 60 voix sur 100 comme ce fut longtemps la règle. Ce laxisme, qui a tant servi les démocrates, se retournera désormais contre eux en profitant à leurs adversaires. Mais chez ces vaincus, un courant plus coriace refuse de désespérer. Il base sa confiance sur trois éléments. D’abord, le bastion Trump-républicains affichera fatalement des lézardes lorsque le président se sentira obligé de rappeler qu’il est davantage populiste que conservateur. Ensuite, les rancœurs contre le milliardaire qui parcourent encore les rangs des républicains pourraient à l’occasion se cristalliser autour de quelques fâcheuses opérations de sabotage. Enfin, on peut être certain que les démocrates utiliseront toutes les ressources de la procédure parlementaire pour pervertir, freiner ou même bloquer le programme de leurs vainqueurs.

Rien de ce qu’Obama a mis en place ne doit subsister.

Ainsi, ce 115e Congrès deviendra très vite un véritable champ de bataille. La main est aux républicains. Alors, ils foncent en désignant à l’avance où ils porteront le fer. D’abord, l’Affordable Care Act, plus couramment appelé Obamacare. Il s’agit d’un vaste maillage bureaucratique mêlant assurance santé et institutions médicales dont le coût, la pesanteur et la complexité l’ont conduit vers une spectaculaire impopularité : la classe moyenne s’insurge parce qu’elle paye pour les vingt millions d’assurés qui ne peuvent payer. L’entraide étatisée reste une idée sans avenir aux Etats-Unis. Trump a fait de cette construction ubuesque sa première cible. Danger : aller trop vite dans la démolition, car aucun plan de substitution n’est encore opérationnel. Ensuite, les innombrables règlements. Obama fut l’homme des décrets-lois. Plus simple, plus rapide. Il suffit de quelques lignes et d’une signature. On évite les grands débats et on court-circuite le Congrès. C’est ainsi qu’Obama a cousu autour des entreprises américaines un tissu de contraintes et d’obligations souvent dictées par les écolos qui les a, peu à peu, asphyxiées. Il s’agit maintenant de tirer sur le fil afin que cette toile tyrannique se disloque et disparaisse. Trump agira dans le Bureau ovale sur le même terrain, avec les mêmes moyens, mais en sens inverse. Enfin, la confirmation des ministres et des juges. C’est l’affaire du Sénat. Il faut s’attendre à une âpre guérilla pour les postes les plus importants (diplomatie, défense, justice) et pour le neuvième juge de la Cour suprême qui devra remplacer l’exceptionnel Antonin Scalia. Trump s’y prépare. Avec une carte maîtresse : sa prestance, son envergure, son autorité. Durant huit ans, l’Amérique a eu à sa tête un agitateur partisan qui tricotait ses coups en douce. Elle a désormais un chef. Différence colossale. D’autant que ce chef est assez doué dans l’art de la négociation.

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1 commentaire

  1. Le legs de Hussein al Bama ne sert qu’à une chose: être démantelé systématiquement pour passer à la poubelle de l’histoire.

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