Ainsi, « la grande cause du quinquennat », selon le président de la République, ne sera ni l’éradication du terrorisme islamique, ni celle du chômage, mais « l’égalité femmes-hommes », dans cet ordre. On n’a pas souvenir qu’une telle priorité figurait dans son programme, ni que ses prédécesseurs déclaraient cette cause secondaire ou négligeable. C’est l’actualité, l’affaire Weinstein et la pression des féministes qui, le sommant de prendre position sur le harcèlement dont seraient victimes les femmes, ont contraint le président à présenter à la hâte un énième plan en faveur de l’égalité. Il a deux objectifs qui se confondent. « La France, a-t-il dit, ne doit plus être un pays où les femmes ont peur. » Bigre ! Que voilà un jugement aussi global que définitif ! Toutes les femmes, dans toute la France, tout le temps, auraient donc peur ? De qui ? Des hommes, bien entendu ! En conséquence, « la peur et la honte doivent changer de camp », ce sont les hommes qui doivent avoir honte et avoir peur.
Avoir peur de qui ? Pas des femmes, même si, en 2016, selon le ministère des Droits de la femme de l’époque, 80 000 hommes ont été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur compagne ou de leur ex, soit un homme qui meurt tous les 14,5 jours sous les coups de sa partenaire.
Ils doivent avoir peur du policier qui devra réprimer un nouveau délit, « l’outrage sexiste », formule préférée à « harcèlement de rue », mais qui ne confond pas avec le « harcèlement sexuel », déjà pénalement réprimé, et dont 95 % des plaintes sont classées sans suite. Les membres des forces de l’ordre, fatigués, débordés, menacés, en première ligne dans la lutte contre le terrorisme, sont censés, en plus, traquer les clients des prostituées et bientôt les mufles qui se livrent à une « drague lourde » avec paroles obscènes dans l’espace public. Certes, ce sont des comportements condamnables mais, pour être verbalisés, ces goujats doivent être pris en flagrant délit, mission impossible, même avec des vidéos qui n’enregistrent que des images et ne livrent aucune identité. Il ne s’agit donc que d’un gage inopérant de la bonne volonté présidentielle à l’égard des féministes.
« Nous ne pouvons admettre qu’un enfant de onze ans puisse être réputé consentant lorsqu’il a une relation sexuelle avec un adulte », a-t-il dit. Certes ! Mais il est à craindre que la loi qu’il propose n’y change pas grand-chose. En effet, il entend fixer un « âge de consentement présumé » – il suggère 15 ans – en deçà duquel il s’agirait obligatoirement d’un viol. Or rappelons qu’en droit, un « présumé innocent » peut être, in fine, jugé coupable. La présomption se définissant comme « ce qui est probable sans être certain ». Ainsi, malgré la présomption de non-consentement, il sera donc toujours possible à un magistrat de juger que telle fille de 11 ans était consentante.
Sans doute, il serait impérieusement nécessaire d’empêcher les jeunes – mais aussi les autres ! – d’avoir un libre accès à la pornographie sur internet. Mais le chef de l’Etat entend confier cette mission au CSA, qui a déjà dû mal à réguler les chaînes de télévision en France. Ce sera cautère sur jambe de bois.
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Encore un bon gros coup de comm ! Ce n’est d’ailleurs que dans cet art qu’il excelle.
Quel àge devrait avoir un sage pour qu’il nous gouverne ? Sûrement plus de 60 ans, il a l’expérience de la vie, peut comparer le déroulement des événements avec ce qui s’est passé pour éviter que ça se répète. Pour les plus jeunes qui sont nés dans une période facile les anciennes crises qui ont déclanché des catastrophes doivent paraître dater de l’âge des cavernes. Ils ne fairont rien de bien.