Service d’information du Centre Patronal
Publication hebdomadaire – Rédacteur responsable: P.-G. Bieri, Centre Patronal
8 août 2018 (N° 3200)
Un peu plus de défense militaire, un peu moins de service civil
Deux dossiers actuellement en cours de consultation concernent le renforcement de la capacité opérationnelle de l’armée suisse: d’une part le renouvellement de la défense aérienne et, d’autre part, un meilleur cadrage des conditions d’accès au service civil, en particulier pour les personnes ayant déjà accompli une formation militaire.
Deux dossiers militaires dans l’actualité
Comme dans d’autres pays européens, le monde politique et médiatique en Suisse se remet peu à peu à parler d’armée. Le thème le plus effervescent est le renouvellement de la capacité de défense aérienne de la Suisse. Il s’agit d’acquérir d’ici 2030 un nouvel avion de combat pour remplacer la flotte actuelle de F-5 et de F/A-18, ainsi qu’un nouveau système de défense sol-air à longue portée qui remplacera celui mis hors service il y a près de vingt ans. Ces acquisitions feront l’objet d’un ou plusieurs programmes d’armement, après que la décision de principe aura été validée par les Chambres fédérales. Cette décision de principe – qui ne se prononce donc pas sur le choix des matériels – a d’ores et déjà été formulée par le Département de la défense et fait actuellement l’objet d’une procédure de consultation.
Un autre dossier aujourd’hui en consultation, bien que moins médiatisé, concerne également le maintien de la capacité opérationnelle de notre armée. Il s’agit d’un projet de révision de la loi sur le service civil, qui vise à atténuer l’attrait de ce dernier, en particulier auprès des personnes qui ont déjà commencé ou terminé leur formation militaire.
Autrefois, les candidats au service civil devaient passer un examen de conscience. En 2009, cette exigence a été abandonnée en échange d’un allongement de la durée du service à fournir. Immédiatement, le nombre d’admissions au service civil a plus que quadruplé! Une révision de l’ordonnance deux ans plus tard a permis d’atténuer légèrement ce phénomène, mais le nombre de nouveaux civilistes a ensuite recommencé à croître. Il dépasse actuellement 6000 par année. L’armée s’inquiète non seulement de ce nombre élevé de personnes qui échappent au service militaire – l’effectif déjà restreint de 100’000 soldats risque de ne plus pouvoir être atteint – mais aussi du fait que la majorité des admissions au service civil interviennent pendant ou après l’école de recrues. En d’autres termes, ce sont des personnes déjà formées et instruites, souvent spécialisées, qui quittent ensuite les effectifs de l’armée – à un moment où le nombre de jours restant à effectuer est généralement assez faible pour que la durée supérieure du service civil n’ait plus d’effet dissuasif.
Une défense aérienne indispensable
En ce qui concerne la défense aérienne, il faut espérer que l’échec du Gripen en 2014 restera un cas isolé et que le prochain projet d’acquisition sera le bon. Le risque de guerre peut paraître plus ou moins élevé selon les circonstances, mais il ne peut jamais être exclu et il serait irresponsable pour un Etat d’abandonner toute capacité de défense aérienne, ce qui équivaudrait à ne plus avoir de défense du tout. A cela s’ajoute que la défense aérienne est aussi indispensable en temps de paix. Les plans du conseiller fédéral Guy Parmelin dans ce domaine apparaissent à ce stade tout à fait raisonnables et méritent d’être soutenus.
En matière de service civil, la perspective d’un durcissement des conditions d’accès doit aussi être accueillie favorablement, à de multiples points de vue. L’intérêt public, en particulier, commande que les effectifs de l’armée puissent être garantis, mais aussi et surtout que l’investissement en temps et en argent pour former et instruire les nouveaux soldats ne soit pas ensuite gaspillé par la défection d’une part croissante d’entre eux.
Le service civil face aux intérêts des entreprises
Les intérêts de l’économie privée vont aussi dans le sens d’un meilleur cadrage du service civil. Car les personnes qui y sont astreintes – comme celles incorporées dans l’armée – sont longuement soustraites à leurs employeurs, ou au marché du travail pour celles qui recherchent un emploi. Ce sacrifice des employeurs est utile et louable lorsqu’il s’agit de contribuer à des tâches de défense ou de sauvetage: armée, protection civile, pompiers. Cela a beaucoup moins de sens, en revanche, lorsque l’Etat réquisitionne les réfractaires au service militaire afin de les «occuper» dans un but moral plus que pratique. Il s’agit d’une conception pervertie où le temps consacré à la collectivité est valorisé pour lui-même, indépendamment de l’activité exercée. Et lorsque le nombre des personnes à «occuper» augmente, l’Etat finit fatalement par leur confier des tâches qui pourraient être exécutées dans un cadre professionnel normal.
En ce sens, l’augmentation importante et régulière du nombre d’admissions au service civil porte atteinte non seulement à l’armée, mais aussi à l’économie, qui risque de se voir inutilement privée de travail et de forces de travail. Il est heureux que ce problème soit identifié et combattu.
Pierre-Gabriel Bieri
Très bien que nos jeunes déserte l`armée ,pour défendre Quoi ? Qui ?
Défendre L`AFRIQUE ,DEFENDRE DES VOILEES ?
Cela fait quelques années l`armée avait un sens ,mais plus maintenant ,défendre un pays ,notre culture ,nos coutumes ,OK ,mais ce n`est plus le cas ,il suffit de se promener partout en Suisse ,et constater que nous sommes envahis de part et d`autres.
Dommage ! Le Conseil fédéral n’osera jamais proposer des avions russes, tel le Sukhoï, considéré comme le meilleur du monde sans être le plus cher…
http://www.avionslegendaires.net/avion-militaire/sukhoi-su-57/