Les manifestants sont à côté de la plaque selon des zélites !

Daniel Cohn-Bendit : « La réaction des Gilets jaunes est une erreur de fond »

VIDÉO. L’ancien député européen salue le virage écologique d’Emmanuel Macron et réaffirme sa conviction que les pollueurs doivent payer. Quels qu’ils soient.

Propos recueillis par

Modifié le 18/11/2018 à 11:02 – Publié le 17/11/2018

Invité de l’interview politique du Point, l’icône de Mai 68 défend contre les Gilets jaunes le principe de la taxe carbone. Il juge cependant que les mesures de compensation auraient dû être annoncées plus tôt par le gouvernement. Depuis Francfort, où nous l’avons interrogé, il réaffirme son soutien à Emmanuel Macron et, à 73 ans, se dit déterminé à donner son maximum pour soutenir la liste de LREM aux élections européennes dans six mois. Au passage, il tance les écologistes français, dont il déplore les divisions. Entretien.

Le Point : Le mouvement des Gilets jaunes est-il juste ?

Daniel Cohn-Bendit : Ce mouvement poujadiste mélange des tas de revendications et refuse de mener le débat de fond, à savoir comment répondre de front à deux défis, la dette écologique et la dette financière. Si l’on veut être à la hauteur du challenge pour l’avenir, il faut répondre, simultanément, à ces deux questions. La réaction des Gilets jaunes face à la hausse des prix de l’énergie, même si je comprends certains problèmes qu’elle pose, est une erreur de fond, car à ce rythme-là on n’affrontera jamais la dette écologique. Il n’y aura jamais de moment opportun pour s’y attaquer !

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La fiscalité écologique, qui punit des comportements anti-écologiques, est-elle soutenable à l’heure où les impôts sont déjà à des niveaux record ?

Elle est juste et nécessaire. Elle découle du pacte écologique de Nicolas Hulot, signé par tous les candidats en 2007. Ce pacte précisait qu’il fallait taxer plus l’empreinte écologique et moins le travail, objectif qu’Emmanuel Macron a repris à son compte. Regardez le tabac. Il est admis par tous qu’il faut le taxer, car, sinon, les cancers seraient plus nombreux et les coûts de santé augmenteraient pour la collectivité. C’est pourtant injuste, car les plus affectés par la hausse du prix des cigarettes sont les plus pauvres. C’est le même principe pour la taxation écologique. Si on veut s’attaquer à la dégradation climatique, il faut changer nos comportements de mobilité.

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Faut-il pour cela pénaliser les classes défavorisées qui habitent en dehors des grandes villes et qui se déplacent en diesel pour travailler ?

Là, j’ai un reproche à faire au gouvernement. Emmanuel Macron est, avec raison, le champion du « en même temps ». Pourtant, si on augmente une taxe écologique et qu’on ne propose pas, en même temps, des allègements pour ceux qui vivent dans les territoires, pour les plus défavorisés, alors l’évolution paraît socialement injuste. Ce que le gouvernement a proposé cette semaine va dans la bonne direction. Mais pourquoi diable ne l’a-t-il pas fait en même temps ? Dès le mois d’août, un rapport de LREM le signalait. Il y a là un déficit politique du gouvernement.

Est-il juste de taxer le diesel, mais pas le kérosène des avions ?

C’est injuste et insuffisant. Aucun gouvernement n’ose taxer le kérosène, c’est un scandale écologique ! Il faut le taxer. Prendre l’avion deviendra plus cher. Ce sera socialement injuste, car, là aussi, ce sera plus difficile pour les classes moyennes inférieures qui auront du mal à se payer l’avion. Là aussi, il faudra des mesures de compensation. La taxation du kérosène, au niveau européen, incitera à moyen terme les avions à consommer moins de carburant, car toute régulation oblige les constructeurs à agir.

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« Il y a une incompréhension des citoyens sur la fiscalité écologique »

INTERVIEW. Selon l’économiste Christian de Perthuis, les gouvernements successifs n’ont pas expliqué la taxe carbone, entraînant la gronde des Gilets jaunes.

Par Michel Revol

le 16/11/2018 à 13:25 – Le Point.fr

Quand la taxe carbone est instaurée en 2014, elle passe sans heurts : les cours du pétrole commencent à dégringoler, les automobilistes et les ménages qui remplissent leur cuve à fioul ne se rendent donc pas compte des effets de cette fiscalité, dont le taux va pourtant grossir au fil des ans. Et lorsque les cours du brut remontent, la grogne gagne. Or, selon Christian de Perthuis, professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine et fondateur de la chaire Économie du climat, si les gouvernements avaient mieux expliqué et accompagné la taxe carbone, on n’en serait peut-être pas là, à craindre qu’un mouvement spontané ne bloque la France.

Le Point.fr : Les mesures annoncées mercredi par le Premier ministre Édouard Philippe, comme le doublement de la prime à la conversion pour les voitures ou l’élargissement du chèque énergie, pour tenter d’apaiser la grogne des Gilets jaunes, vont-elles dans le sens de la transition énergétique ?

Christian de Perthuis : Le chèque énergie, c’est la seule véritable mesure d’accompagnement à court terme. Il va dans le bon sens pour aider les ménages en situation de précarité énergétique. Mais, dans sa configuration actuelle, il ne concerne que les énergies utilisées pour le chauffage. Je milite pour une reconfiguration de ce chèque qui devrait intégrer une composante mobilité. Il ne faudrait pas que ce soit un bon d’achat qui agit parfois comme une subvention aux fossiles, mais un véritable versement en numéraire qui pourrait s’intégrer dans un dispositif plus large, du type revenu minimum universel destiné à lutter contre la pauvreté.

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Peut mieux faire, donc ?

Si l’amélioration du chèque énergie couvre mieux les ménages précaires pour leur dépense de chauffage, c’est un progrès. L’impact de l’élargissement de la prime à la conversion pour le renouvellement des voitures est plus incertain. Le dispositif va accélérer le renouvellement du parc automobile en détruisant des véhicules très polluants. Son impact écologique est donc bénéfique. Mais souvent, quand on met en place un dispositif fiscal en faveur d’un bien, le prix de ce bien augmente. Le dispositif profite donc plus au vendeur qu’à l’acheteur. Lorsqu’on a instauré une aide pour l’achat des chaudières à bois, leur prix a augmenté du montant de la prime ! L’impact social de la prime à la conversion est donc, à mes yeux, incertain. Or, c’est le prix du carburant qui cristallise le mécontentement.

Les Gilets jaunes, et visiblement l’opinion publique, semblent être d’accord avec la fiscalité écologique, mais seulement si elle est affectée à la transition écologique. Vous ne semblez pas d’accord avec ce « fléchage »…

L’impôt vert ne se définit pas par son usage, mais par son assiette. Il ne doit pas y avoir forcément un équilibre entre un euro prélevé par la fiscalité écologique et un euro consacré à la transition. Chaque hausse de la taxe carbone réduit les besoins en subventions aux énergies renouvelables puisqu’elles deviennent, grâce au jeu du marché, plus compétitives que les énergies carbonées. Le fléchage écologique du produit de la taxe n’est donc pas nécessaire. En revanche, il est indispensable de baisser de façon équivalente les impôts ou les taxes ailleurs et d’accompagner massivement les ménages vulnérables par des aides publiques. Il faut également beaucoup mieux cibler les dépenses au titre de la transition énergétique sur les fonctions régaliennes : lutte contre la précarité énergétique, solidarité des territoires, recherche et développement.

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Les Gilets jaunes se trompent donc de combat ?

Il y a une grande incompréhension de la part des citoyens sur la fiscalité écologique. […]

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3 commentaires

  1. Que sait ce pédophile que nous ne savons pas sur ses « compagnons de misère » pour naviguer ainsi dans les hautes sphères avec eux et leurs jobs fictifs ulta-bien-payés à caqueter et prendre des décisions contre le peuple ?

  2. D. Con-Bendit est une erreur.
    Grassement payé et bien nourri, il a oublié les défavorisés et autre  »sans-dents » …
    Il est bien dans sa tour d’ivoire ! Qu’il y reste et qu’il se taise.

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