Marine Le Pen menacée d’un procès pour la diffusion de photos d’exactions de Daesh sur Twitter

 

Le parquet de Nanterre a requis le renvoi devant un tribunal correctionnel de Marine Le Pen, ainsi que du député du Rassemblement national (RN) Gilbert Collard, pour «diffusion d’images violentes», ont fait savoir à l’AFP le 1er mars des sources concordantes, confirmant une information du Parisien.

Après ce réquisitoire, daté du 19 décembre, il revient désormais à la juge d’instruction d’ordonner ou non un procès contre les deux élus.

Les faits remontent au 16 décembre 2015. En réponse au journaliste Jean-Jacques Bourdin, qu’elle accusait d’avoir «fait un parallèle» entre l’Etat islamique (EI) et le FN, elle avait relayé sur Twitter trois photos d’exactions en y ajoutant les mots: «Daesh, c’est ça !» Les photos montraient un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d’un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et une photo du journaliste américain James Foley, le corps décapité et la tête posée sur le dos. 

Quelques semaines après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, la publication de ces images très violentes avait immédiatement soulevé un tollé au sein de la classe politique mais aussi au-delà.

Le parquet de Nanterre avait lancé le jour même une enquête après un signalement des clichés par le ministre de l’Intérieur. Après trois ans d’instruction, le parquet a requis la tenue d’une procès pour les deux élus d’extrême droite, sur la base de l’article 227-24 du Code pénal, qui punit la diffusion de messages violents susceptible d’être vus par un mineur, ont fait savoir à l’AFP leurs avocats ainsi que le parquet de Nanterre.

«On a détourné totalement ce texte pour l’instrumentaliser contre Marine Le Pen à des fins de persécution politique», a réagi son conseil David Dassa-Le Deist. «Il n’y a jamais eu d’application de ce texte pour la diffusion de photos d’actualité», a-t-il assuré.

«C’est un acharnement», a estimé Jean-Marc Descoubes, avocat de Gilbert Collard, qui affirme lui aussi que l’article invoqué n’est pas «applicable» aux faits. L’avocat a attesté qu’il avait déposé, il y a plusieurs mois, une demande d’annulation de la levée de l’immunité parlementaire de Gilbert Collard devant la justice administrative, qui n’a pas encore tranché.

Deuxième enquête

Gilbert Collard avait quant à lui relayé la photo d’un homme gisant au sol, le crâne défoncé, avec ce commentaire : «Bourdin compare le FN à Daesh : le poids des mots et le choc des bobos !»

Après s’être vu retirer son immunité parlementaire, d’abord en tant qu’eurodéputée puis en tant que députée, Marine Le Pen avait été mise en examen le 1er mars 2018, deux mois après Gilbert Collard.

En septembre, elle s’était insurgée contre une expertise psychiatrique ordonnée dans cette instruction – un examen cependant prévu par la procédure pénale. Dénonçant une «méthode» utilisée «dans les régimes totalitaires», elle avait déclaré qu’elle ne s’y rendrait «bien sûr» pas. Marine Le Pen avait alors publié sur Twitter, in extenso, le document ordonnant cette expertise, signé par la juge d’instruction : dans la foulée, une nouvelle enquête a été ouverte – la loi interdisant la publication d’un acte de procédure judiciaire avant une audience publique.

La patronne du RN est mise en examen dans un autre dossier, celui des emplois présumés fictifs d’assistants parlementaires européens, pour «détournements de fonds publics», aux côtés de plusieurs autres responsables politiques.

Lire aussi : L’Assemblée nationale lève l’immunité de Collard après la diffusion d’une image violente de Daesh

 

Extrait de: Source et auteur

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2 commentaires

  1. Comment se fait-il que Mr BOURDIN qui dans sa BOURDE à comparer le FN à DAECH n’ait pas été convoqué pour cette provocation? Cela aurait été salutaire pour Marine de porter plainte. Craignait-elle de ne plus être invitée sur cette chaîne QUI pourtant la dénigrait?

    Comment se fait-il que les sites qui diffusaient les actes « daéchiens » n’aient pas été censurés? Est-ce que ces sites n’incitaient pas à la haine? L’Etat a une grande responsabilité dans la diffusion de ces images en ne les ayant pas censuré.

    Et encore, mieux ces images ne contribuent-elles pas à affaiblir le mental du citoyen qui par mégarde va voir ces sites pour s’informer. On dirait que laisser ces sites exister rend « un grand service aux partisans de la « STRATEGIE DU CHOC ».

    Marine le Pen est un être humain et comme tout être humain elle a pu aussi subir à son insu cette stratégie du choc, par la diffusion de ces images horribles qui provoquent plusieurs réactions :

    – une distance totale avec ce que l’on a vu et entrer dans le déni,

    – un aller et retour volontaire « en soi » de ces images en se persuadant que ce n’est pas possible que des humains fassent cela. Et entrer dans le projet « de toute puissance », de pouvoir arrêter ces actes horribles. Monomaniaque d’une justice impossible à rendre.

    – une présence constante de ces images en soi , affaiblissant le mental et ne permettant plus de prendre la distance, au risque d’un délabrement psychique progressif ou brutal. l’individu ne contrôle plus, il est contrôlé.

    – une présence « sourde » de ces images à l’insu de celui qui les a intégrées tout en pensant les avoir « évacuées » et qui peuvent RESURGIR avec BRUTALITE, lorsque l’individu se trouve en situation difficile ou conflictuelle, SANS POSSIBILITE DE LES MAITRISER (ce qui semble s’être produit pour Marine)

    Combien de gamins sont allés sur ces sites et ne sont plus restés les mêmes.

    Les parents, d’enfants qui n’ont pu résister à cet appel à l’horreur, seraient vraiment en droit de porter plainte contre l’état.

    CAR ON DEMANDE DES COMPTES AUJOURD’HUI AU CITOYEN QUI NE « SAIT PAS S’AUTO-CENSURER », mais on ne demande pas de comptes à l’état quand il ne censure pas ce qui devrait être censuré dans LA DIFFUSION DES ACTES DE DAECH, DES APPELS A LA HAINE SUR INTERNET ET DANS LES MOSQUEES RADICALES.

    Les minorités « actives » (que sont aussi les journalistes de la bien pensance) travaillent habilement à POUSSER A LA FAUTE. Routine psychologique qui consiste à harceler, brutalement ou subtilement.Lucien Cerise nous donne une leçon de vigilance : https://www.youtube.com/watch?v=7HifXiOkYrA

  2. N’ayez crainte, à l’approche des européennes, on devrait lui trouver une bonne batterie de cuisine à lui accrocher aux miches ou ressortir quelques squelettes.

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