L’UDC s’est opposée à la fermeture des restaurants et des commerces et n’a cessé de s’en prendre à Alain Berset. Son président Marco Chiesa s’explique. […]

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Les personnes décédées du Covid-19 seraient-elles de toute façon disparues dans les mois suivants? Non, répondent plusieurs études qui estiment le nombre d’années de vie perdues en lien avec la pandémie.

Les démographes appellent cela «l’effet de moisson», cette hypothèse selon laquelle des évènements inhabituels, comme des canicules ou des épidémies, faucheraient principalement les personnes les plus vulnérables qui seraient décédées, de toute façon, dans les semaines ou les mois qui viennent.

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Mais, et alors que le bilan de la pandémie approche le seuil des 2 millions de décès dans le monde, qu’en est-il dans les faits? […] Et elles sont nombreuses à aboutir à la même conclusion: seule une minorité des personnes ayant succombé au Covid-19 seraient décédées dans un temps rapproché si elles n’avaient pas été infectées par le SARS-CoV-2.

Années de vie perdues

Plus précisément, si l’on se réfère à une recherche écossaise en pré-publication, les personnes décédées du Covid-19 auraient, en moyenne, perdu 11 ans de vie. Pour arriver à ce résultat, les auteurs ont notamment analysé les données de 6801 victimes italiennes regroupées par âge et par sexe, en excluant le 1% des personnes décédées de moins de 50 ans. L’objectif: calculer combien de temps les différentes cohortes analysées auraient survécu normalement selon l’espérance de vie attendue à leur âge, tout en tenant compte des autres maladies que présentaient les personnes décédées (40% des hommes et 60% des femmes parmi les victimes avaient plus de 80 ans) afin de voir si elles étaient davantage touchées par de multiples pathologies concomitantes, ce qui, selon les résultats obtenus par les chercheurs, ne semblait être que très légèrement le cas.

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Selon une autre étude publiée sur le site medRxiv, et conduite notamment par des scientifiques de l’Université Pompeu Fabra à Barcelone et de l’Université d’Oxford, le nombre moyen d’années de vie perdues pour chaque mort du Covid-19 serait même de 14,5 ans, avec un total de 4 364 326 millions d’années de vies perdues sur quelque 301 377 décès survenus dans 42 pays, dont la Suisse. «Dans les pays fortement touchés, les années de vie perdues à cause du SARS-CoV-2 sont deux à six fois plus élevées qu’avec la grippe saisonnière», notent les auteurs.

Enfin, selon un travail conduit notamment par Erica Wetzler, épidémiologiste à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, les personnes décédées du Covid-19 entre mars et mai 2020 aux Etats-Unis auraient perdu 10,8 ans d’années de vie potentielles à cause de cette pathologie, soit juste un peu moins que les maladies cardiovasculaires dont on estime qu’elles engendrent un décès prématuré de 12,4 ans en comparaison à l’espérance de vie attendue.

[…] Même en adoptant des hypothèses conservatrices, on est très loin de l’argument avancé par certains consistant à dire que les individus décédés du Covid-19 n’avaient qu’une ou deux années à vivre seulement.»

Surmortalité exceptionnelle

La Suisse n’est pas épargnée par ce phénomène. Selon le réseau EuroMomo (pour European mortality monitoring), qui compile les statistiques de la mortalité dans 24 pays d’Europe, on a pu observer en Suisse, entre les semaines 45 à 50 de l’année 2020, un excès extrêmement fort de surmortalité, faisant du pays l’un des plus touchés du monde, voire le plus touché, en rapport avec sa population.

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