Hongrie : dernières répétitions générales avant les élections du 3 avril

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Hongrie – Si le 15 mars est avant tout la date commémorative de la révolution hongroise de 1848, il est aussi toujours l’occasion de grands rassemblements politiques. Cette année, en raison de la tenue imminente d’élections législatives, ces rassemblements politiques avaient une importance toute particulière. Ainsi, les forces pro-gouvernementales ont organisé leur traditionnelle « Marche pour la paix », qui s’est terminée par un discours du Premier ministre Viktor Orbán sur la place Kossuth, les partis de l’opposition unie ont réuni leurs troupes devant l’Université des Sciences Techniques et Économiques et le parti nationaliste Mi Hazánk a invité ses soutiens à se rassembler devant le Musée national.

« No war »

Plusieurs centaines de milliers de personnes ont répondu à l’appel du gouvernement et participé à la neuvième édition de la « Marche pour la paix » pour afficher leur soutien au Premier ministre et à son gouvernement en vue des élections législatives qui se tiendront le 3 avril prochain. Les manifestants ont marché derrière une banderole portant l’inscription « No war », la position officielle du gouvernement dans le conflit russo-ukrainien consistant à s’impliquer le moins possible et à faire en sorte que « la Hongrie ne paie pas le prix de cette guerre ».

Dans son discours, Viktor Orbán a prôné la paix et la sécurité et a expliqué que la Hongrie n’avait rien à gagner dans ce conflit, mais au contraire tout à perdre. Selon lui, il n’est pas nouveau que la Hongrie soit entourée de grandes puissances et il serait illusoire de vouloir vaincre ces dernières. D’après Viktor Orbán, la seule voie possible à suivre dans cette situation de conflit est l’affirmation de la force procurée par le redressement économique, social, national et moral engagé en 2010.

Source : Facebook / Fidesz

 

La Hongrie étant « à la frontière des mondes », les guerres dans cette région ne sont pas menées pour la Hongrie ni dans son intérêt. Viktor Orbán a insisté sur le fait que l’Europe centrale n’était qu’un échiquier aux yeux des grandes puissances mondiales, pour qui la Hongrie n’est qu’un pion, ce qui l’a conduit à déclarer que

« la meilleure guerre est celle que l’on réussit à éviter. »

Il a poursuivi en affirmant que la Russie prend en compte ses intérêts, l’Ukraine les siens, et que ni les États-Unis ni Bruxelles ne penseront jamais avec une tête et un cœur hongrois. Ainsi, la Hongrie ne doit pas être la victime d’une guerre menée par d’autres.

« Aucun Hongrois ne doit se retrouver entre l’enclume ukrainienne et le marteau russe, c’est pourquoi nous n’enverrons ni armes ni soldats sur les zones de combat. »

Viktor Orbán a accusé la gauche hongroise de vouloir faire entrer la Hongrie dans cette guerre en voulant y envoyer des armes et des soldats et a promis qu’il ne permettrait pas que cette gauche parvienne à ses fins. Pour le candidat sortant, les temps ne sont pas aux amateurs et la Hongrie a besoin d’un gouvernement expérimenté et sûr de ses décisions. La Hongrie n’a en ce moment pas le droit à l’erreur. Selon lui, le 3 avril, le choix sera le suivant :

« La droite du côté de la paix ou la gauche du côté de la guerre. Construction ou destruction. En avant ou en arrière. »

Donald Tusk, star de la manifestation de l’opposition unie

Dans son discours, Viktor Orbán a mentionné l’ancien Premier ministre polonais et président du Conseil européen en des termes peu avantageux, évoquant un homme qui faisait honte dans son propre pays. L’actuel président de la Plateforme civique et du Parti populaire européen Donald Tusk a en effet participé au rassemblement de l’opposition unie pour y tenir un discours dans lequel il s’est clairement immiscé dans les affaires hongroises et a repris la narration de l’opposition à l’encontre du gouvernement hongrois :

« Les élections hongroises sont importantes pour toute l’Europe. Orbán est vu partout comme étant le dirigeant le plus pro-Poutine. […] Malheureusement, la vision de Poutine est aussi véhiculée ici à Budapest. C’est l’image de la censure, d’un État autoritaire et corrompu, un État qui promeut le culte de la force à la place du droit. […] Vive la Pologne, vive la Hongrie, vive le monde libre et démocratique. Vive l’État indépendant ukrainien, vive l’Europe unie. Rendez-vous aux urnes, je vous souhaite beaucoup de réussite. »

Source : Facebook / Márki-Zay Péter

 

C’est sur le même registre que le candidat de l’opposition unie Péter Márki-Zay a clôturé le rassemblement des troupes de la coalition faite de six partis :

« Face à l’Est, nous choisissons l’Europe, face à l’esclavage et à la tyrannie, nous choisissons la liberté. »

Péter Márki-Zay a rappelé son attachement indéfectible à l’Union européenne et à l’Alliance atlantique, tout en expliquant que l’égoïsme et la soif de pouvoir du Premier ministre hongrois avaient conduit la Hongrie à retourner du mauvais côté de l’histoire alors qu’elle devrait se rapprocher de l’Ouest en développement.

À la traîne dans les sondages, et posant problème à l’intérieur même de son propre camp, le candidat de l’opposition a tenu à dire qu’il n’avait jamais gagné d’enquêtes d’opinion mais qu’il n’avait jamais perdu d’élections. Conscient de sa potentielle défaite le 3 avril, le candidat de l’opposition a déclaré :

« Je crois à l’avenir de la Hongrie et, oui, je crois aux miracles. L’union des forces est capable de miracles, j’en ai déjà fait l’expérience à trois reprises. »

Selon lui, l’opposition est en mesure de remporter les élections avec une majorité des deux tiers et ainsi de mettre fin « au gouvernement le plus corrompu de l’histoire millénaire de la Hongrie. »

Contre la présence de troupes de l’OTAN sur le sol hongrois

Alors qu’il bénéficiait il y a quelques semaines d’une réelle dynamique grâce à son opposition frontale aux mesures sanitaires, le parti du maire d’Ásotthalom László Toroczkai a dû adapter sa stratégie de campagne en raison de la levée de ces mesures et de la nouvelle donne créée par l’intervention militaire russe en Ukraine.

Mi Hazánk a rassemblé ses troupes devant le Musée national de Budapest où le président de ce mouvement nationaliste a appelé les siens à ne pas oublier la séquence sanitaire tout en étant vigilant sur le conflit armé actuel :

« Si quelqu’un nous avait dit il y a trois ans qu’une interdiction de sortie de son domicile serait prise, qu’il faudrait emmener ses enfants à l’école en masque, qu’à nos portes débuterait le plus grand conflit armé depuis la Seconde guerre mondiale, alors nous ne l’aurions pas cru et cela nous aurait fait penser à un film surréaliste. »

László Toroczkai a mis sur le même plan les profiteurs de la vente de vaccins et d’armes et a expliqué que la position de son parti dans cette guerre était la même que celle sur le Covid, tout en affirmant qu’il serait inconscient de confier la Hongrie aux mains d’un homme comme Péter Márki-Zay.

Mi Hazánk est le parti ayant la position la plus tranchée sur la question russo-ukrainienne. Ce mouvement plaide pour une neutralité et une indépendance totales de la Hongrie et n’hésite pas à évoquer la responsabilité du bloc euro-atlantiste dans le déclenchement de ce conflit.

Source : Facebook / Mi Hazánk Mozgalom

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