La Suisse, mauvaise élève, éternellement en retard sur ses voisins, n’a pas encore expulsé ses diplomates russes

Carla Montet: Les questions posées par Tania Sazpinar durant l’interview suivant sont un cas d’école de journalisme orienté et intellectuellement déficient.

La Suisse manquant de progressisme est l’un des chevaux de bataille de nos journalistes. Que ce soit le mariage pour tous, la gestion des migrants, les mesures suicidaires au nom du climat, les revendications féministes… nous sommes sermonnés sans cesse pour nos retards et mis sous pression pour nous aligner au plus vite sur nos voisins.

Cette antienne n’a pas manqué de revenir avec la guerre en Ukraine.
Après chaque mesure de rétorsion de l’Union Européenne contre la Russie, la RTS s’empresse d’organiser des émission avec ses « spécialistes » afin que la Suisse s’aligne rapidement pour ne pas être à la traîne.

De toute évidence, le fait que la Suisse n’ait pas expulsé ses diplomates russes représenterait déjà un problème pour la bienpensance médiatique, qui croit avoir pour mission de reformater les têtes et non de les informer.

Nos propagandistes essaient de faire avaler que la Suisse n’aurait pas d’autres soucis que la lutte intersectionnelle et toutes les fadaises progressistes, alors que nous venons de sortir de deux ans de confinements insensés et que la Suisse vient d’accueillir, en quelques semaines, plus de 30’000 migrants d’Ukraine (qu’il faudra entretenir de A à Z pendant des années).

Nos médias alignés à 100% sur les discours atlantistes, détournent nos regards des ONG qui déversent des masses d’expatriés venant du Sud dont le nombre correspond à la vague de 2015-16. De cela, nos médias refusent de nous en informer, hormis par des images diffusées lors d’accidents de traversées, pour sensibiliser l’opinion publique à leur martyre, pour que personne n’ose s’opposer à ce flux humain équivalant à un suicide collectif.

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Forum –  La Suisse doit-elle aussi renvoyer ses diplomates russes? Débat entre Vincent Maitre et Jérôme Desmeules

Tania Sazpinar: La  Russie expulse 36 diplomates belges et néerlandais en représailles à une mesure similaire de ces pays. Ces dernières semaines, les capitales européennes ont expulsé des diplomates à tour de bras en les accusant d’espionnage, mais la Suisse refuse pour l’instant de suivre le mouvement, alors qu’un tiers des diplomates russes en Suisse seraient des employés des services secrets selon la presse alémanique. Alors, faut-il renvoyer ces diplomates russes ?
On va en débattre ce soir avec Vincent Maitre, Centre, et Jérôme Desmeules, UDC.

Tania Sazpinar: Vincent Maitre, pour vous, la Suisse doit suivre le mouvement et renvoyer ces diplomates ?

VM : Il faut renvoyer le tiers qui sont des espions et garder les deux tiers qui sont de vrais diplomates, pour maintenir la voie diplomatique, maintenir et intensifier le dialogue.

Tania Sazpinar: Jérôme Desmeules, est-ce que la Suisse doit “faire le ménage” parmi les diplomates russes présents sur son sol ?

JM : Il faut être très prudent. On a une posture de pays neutre, d’organe de bons offices. Et qu’est-ce qu’on y gagnerait ? Si c’est pour se faire aussi expulser nos diplomates et péjorer les citoyens suisses en Russie…

Tania Sazpinar: Vincent Maitre, comment être sûr que ce sont des espions ?

(CM:  Mais ils portent tous un badge « espion », grande gourde!)

VM : Ce sont les services de renseignement de la Confédération qui le savent. Il en va de la sécurité nationale, il faut renvoyer les espions.

Tania Sazpinar: Pour tous les pays qui ont des diplomates-espions en Suisse ?

VM : Oui, il ne faut pas faire de différences.

Tania Sazpinar: Jérôme Desmeules, cela ne vous dérange pas que des dizaines d’espions potentiels soient présents sur le sol suisse ?

JD : Évidemment, si on en est certain. Mais pas préventivement, sur la base d’informations provenant en partie des services de renseignement ukrainiens. Le Conseil fédéral a raison de ne pas se précipiter. Pas d’expulsion généralisée.

Tania Sazpinar: Mais vous êtes plutôt pour les sanctions économiques, qu’est-ce que ça change, les sanctions diplomatiques ? Les sanctions économiques font plus mal.

JD : Justement, les sanction économiques sont plus efficaces, ça ne sert à rien de rajouter des sanctions diplomatiques, on ne sera plus un pays neutre.

Tania Sazpinar: Vincent Maitre, sous couvert de la sécurité nationale, de cet espionnage, les pays européens cherchent surtout à sanctionner la Russie, ce n’est pas un peu un prétexte ?

VM : Les sanctions diplomatiques n’ont aucun sens, sont contre-productives. Il faut expulser seulement les espions démontrés.

Tania Sazpinar: Justement, Jérôme Desmeules, pourquoi, aujourd’hui, garder absolument une présence diplomatique en Russie, pourquoi c’est important pour la Suisse : pour les bons offices, pour l’image ?

JD : C’est important de garder le dialogue avec les deux parties, puisqu’on a ce rôle d’apaisement. Actuellement, les négociations sont plutôt du théâtre, mais à un moment donné, peut-être qu’ils seront véritablement d’accord de négocier et il faut que la Suisse soit prête à offrir ses services : on a tout intérêt à ce que nos diplomates en Russie ne soient pas expulsés.

Tania Sazpinar: En tout cas vous êtes d’accord sur l’importance de garder le lien diplomatique.

https://www.rts.ch/audio-podcast/2022/audio/la-suisse-doit-elle-aussi-renvoyer-ses-diplomates-russes-debat-entre-vincent-maitre-et-jerome-desmeules-25817247.html

 

2 commentaires

  1. Mon point de vue: nous n’avons pas à nous aligner sur les décisions européennes, pourquoi s’aligner pour les sanctions ? Pourquoi être fondamentalement anti-Russie ou mieux dit anti-Poutine sans connaître la genèse du problème ou des différents problèmes ? Nous avons une tradition d’être neutres, ce qui ne veut pas dire impassibles à la douleur du peuple et des hommes et des femmes et enfants causés par qui ? That’s the big question !

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