Carla Montet: Voici deux exemples qui illustrent parfaitement la décadence morale occidentale.
Le premier concerne la représentante ukrainienne d’Amnesty International, Oksana Pokalchuk, qui a déclaré que « l’armée ukrainienne établit des bases dans les écoles et les hôpitaux et met sciemment en danger les civils et en lançant des contre-attaques à partir de zones densément peuplées ».
Suite à cela, le président Volodymyr Zelensky, préposé de Washington en Ukraine, s’est indigné que cette vérité puisse être dite de la part d’une ONG qui est censée servir les intérêts de l’oligarchie américaine et de son arrière-garde.
La représentante ukrainienne d’Amnesty International a été aussitôt punie et éjectée de son poste, puisqu’elle était payée pour constater et dénoncer ce qu’Amnesty attendait d’elle, et non pour faire du grabuge.
Aux dernières nouvelles, il y a eu un revirement: Amnesty International présente ses excuses pour son rapport (source).
Les Ukrainiens ont été scandalisés par le rapport d’Amnesty International selon lequel l’armée ukrainienne met en danger la vie de civils en utilisant délibérément des bâtiments scolaires et hospitaliers comme bases militaires. L’organisation a maintenant exprimé son regret que le rapport ait agité les esprits et provoqué la colère des gens.
La priorité d’Amnesty International dans ce conflit et dans tous les conflits est exclusivement d’assurer la protection des civils. En fait, c’était notre seul objectif lorsque nous avons publié le rapport. Bien que nous soutenions pleinement nos résultats, nous regrettons la douleur causée.
Autrement dit, la seule vérité qui puisse exister, c’est que l’armée ukrainienne est du côté des victimes, respectueuse des « valeurs occidentales », contrairement aux Russes. En conséquence, elle ne saurait utiliser la population civile comme boucliers humains.
Pour la suite, circulez, il n’y a rien à voir!
Ce qui est le plus nauséabond avec certaines de ces ONG droit-de-l’hommistes, ce n’est pas tant que nous soyons contraints de les financer via nos impôts, mais qu’elles travaillent à notre destruction, et plus encore, que nous soyons contraints de les voir comme des entités morales, détenant le sens du bien et du mal, du louable et du condamnable.
En dehors du monde occidental, on laisse ces ONG-là venir en aide, tant que les Occidentaux paient. Mais dès qu’elles veulent imposer leurs valeurs progressistes, « les valeurs des Droits de l’homme », on refuse de les écouter – sauf dans les pays sous domination de l’idéologie progressiste.
Notre deuxième exemple de « circulez, il n’y a rien à voir » concerne une interview par la RTS du professeur en économie Matthieu Crozet de l’Université Paris-Saclay, qui va remonter jusqu’à l’Antiquité pour répondre à une question très simple et très actuelle:
A l’encontre des régimes autoritaires, avec la Russie en tête, il y a des sanctions, mais existe-t-il des sanctions contre les démocraties occidentales, en réaction à leurs actions militaires, comme par exemple les États Unis en Irak, ou la France en Libye? Sinon, pourquoi?
Le professeur explique, avec la dimension moralisatrice explicite propre à cette catégorie d’invités, que « l’arme des sanctions est l’un des outils disponibles pour tous les pays, mais ça ne marche que pour les grands pays, qui ont une puissance économique forte. Les démocraties occidentales ont un poids économique qui leur permet d’utiliser des sanctions. »
Comprenons bien: la Russie est un régime autoritaire selon les valeurs du professeur Crozet, donc les sanctions se justifient. Par contre, les démocraties occidentales ne sont pas sanctionnables, car économiquement fortes.
Puis Matthieu Crozet noie le poisson, en évitant le fait que les sanctions contre la Russie ne servent principalement les intérêts des USA et que les élites de l’Europe sont si corrompues qu’elles préfèrent plonger les peuples européens dans une crise grave que de lever ces sanctions suicidaires.
Matthieu Crozet: « La donne va changer, la donne change un petit peu, dans le cas de la Russie, car avec certains de ses produits, le pétrole, le gaz, la Russie a des moyens de levier.
Et la donne va changer aussi prochainement, elle est déjà en train de changer, avec le cas de la Chine, qui commence effectivement à avoir un poids économique, dans l’économie mondiale, qui est suffisamment fort pour peser et agiter des menaces de sanctions qui sont tout à fait crédibles. »
Ce genre de digression que Matthieu Crozet manie à merveille sert à éviter de dire que la situation énergétique en Europe est dramatique. Et que l’effet boomerang des sanctions sur l’Europe – occasionné par la servilité des États européens à l’égard des USA – et notre politique énergétique idéologique « zéro carbone » risquent d’amener un effondrement de civilisation.
Étant donné la pénurie d’énergie que l’Europe s’est imposée, et en plus notre incapacité à résoudre le problème hors contrôle de l’invasion migratoire, la RTS a besoin d’un professeur Crozet pour relativiser le réel, et mettre en perspective grâce à l’Antiquité ce que sont les sanctions contre la Russie au présent.
Par cette méthode, nos médias abordent les problèmes sans réellement les aborder, font semblant de traiter les sujets les plus brûlants sans pour autant permettre de mettre les mots sur le réel, ce qui nous donnerait les outils pour réfléchir.
Partout, des éléments à la Matthieu Crozet ont infiltré la vie politique, culturelle, académique occidentale et ses ONG. Nos médias invisibilisent tous ceux qui questionnent ce système, et ils assurent parallèlement que l’importance de la pensée dominante et de ceux qui en vivent ne soit jamais remise en question.
Rappel: Soros fait des dons importants à Amnesty International par le biais de l’Open Society Foundation.
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Exemple 2: RÉSUMÉ de l’interview à la RTS du professeur en économie Matthieu Crozet, en direct de Paris, Uni Paris-Saclay, le 05/08/2022: Les démocraties occidentales ont-elles déjà fait l’objet de sanctions? (6:05)
Une certaine Laurence, auditrice de la RTS, a demandé:
A l’encontre des régimes autoritaires, avec la Russie en tête, il y a des sanctions, mais existe-t-il des sanctions contre les démocraties occidentales, en réaction à leurs actions militaires, comme par exemple les États Unis en Irak, ou la France en Libye? Sinon, pourquoi?
Renaud Malik, journaliste RTS: Les pays occidentaux objets de sanctions, est-ce que cela s’est produit ces dernières années ou décennies?
Matthieu Crozet: Oui et non. Oui, mais les sanctions contre les démocraties occidentales ont peu d’effets.
Les sanctions ne marchent bien que lorsque le pays qui sanctionne dispose d’une puissance économique suffisante par rapport au pays sanctionné pour lui faire mal.
Si on parle des USA, ou de grandes nations européens, on a du mal à trouver des cas de sanctions qui ont vraiment eu des conséquences significatives sur les choix politiques de ces pays-là.
Mais on a des épisodes où effectivement on a eu des sanctions: la Russie sanctionne les pays de l’Union Européenne, le Japon, l’Australie, les États-Unis.
On a des mesures de représailles de ces différents pays vis-à-vis des actions et des choix de politiques et diplomatiques des pays occidentaux aussi.
Renaud Malik: Irak, Libye, il y a eu des mesures de rétorsion (France, USA)?
Matthieu Crozet: Non, pas dans ces cas-là, en tout cas pas de sanctions directes. On ne voit pas dans ces exemples-là, qui aurait intérêt finalement à aller sanctionner les États-Unis ou l’Europe. Qui a suffisamment de poids pour le faire? On n’a pas d’exemples dans ces cas-là.
Mais il y a eu d’autres exemples dans l’histoire, un type de sanction particulièrement fort, même si c’était indirect et pas tout à fait officiel: la réaction des pays de l’OPEP, en 1973, suite à la guerre de Kippour, où les restrictions dans la production de pétrole ont fait augmenter les prix très soudainement. Une sorte de vengeance pour pénaliser les États-Unis et tout l’Occident pour leur soutien à l’armée israélienne.
On a aussi des exemples plus récents, un peu moins importants, mais qui restent significatifs, notamment les sanctions imposées par la Russie ont un impact qui est non négligeable.
Renaud Malik: Donc on ne peut pas dire que l’arme des sanctions est l’apanage du monde occidental?
Matthieu Crozet: L’arme des sanctions est l’un des outils disponibles pour tous les pays, mais ça ne marche que pour les grands pays, qui ont une puissance économique forte. Les grandes démocraties occidentales, qui ont ce poids économique qui leur permet d’utiliser des sanctions.
La donne va changer, la donne change un petit peu, dans le cas de la Russie, car avec certains de ses produits, le pétrole, le gaz, la Russie a des moyens de levier; et la donne va changer aussi prochainement, elle est déjà en train de changer, avec le cas de la Chine, qui commence effectivement à avoir un poids économique, dans l’économie mondiale, qui est suffisamment fort pour peser et agiter des menaces de sanctions qui sont tout à fait crédibles.
Renaud Malik: Vous évoquiez le choc pétrolier de 1973, cette brutale hausse des prix du pétrole, comme une forme de sanction déguisée.
Plus anciennement, il y a le blocus continental, qui a marqué l’histoire européenne, au début du XIXe siècle: l’embargo décrété par Napoléon pour punir l’Angleterre. Est-ce que c’est la première fois que des sanctions économiques ont été appliquées ?
Matthieu Crozet: Non, on a eu de tout temps des blocus lors de guerres, on a des exemples dans l’Antiquité entre cités grecques. Des routes commerciales coupées, des embargos.
Ce qui est nouveau, dans le blocus napoléonien et le contre-blocus anglais, entre deux nations extrêmement puissantes à l’époque, c’est qu’on atteint une dimension moderne, avec des outils de coercition très forts. Dans un contexte international qui était déjà une forme de globalisation avec une intensité d’échanges commerciaux déjà très importante et un affaissement du commerce significatif, unique jusque-là.
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P.S.: Aux dernières nouvelles, la RTS relaie l’urgence pressante de la Gauche romande, qui gonfle ses muscles et exige de sanctionner également la Chine, car son attitude est inacceptable, et nous devons signifier à la Chine ce que peut ou ne peut pas faire un gouvernement.
Sur son ton de roille-gosses, Esther Coquoz interroge son invité pour savoir si la Suisse doit s’engager davantage en faveur de Taïwan:
– C’est le business qui l’emporte, avant les valeurs?
– Ce qui se passe à Taïwan ne devrait pas remettre en cause nos relations commerciales avec la Chine?
– Donc il faut renoncer au voyage parlementaire à Taïwan?
Et lorsque la réponse réitérée appelle à la prudence, Coquoz sur un ton énervé: « Très bien! »
Le Vert genevois Nicolas Walder et ses camarades en pleine crise maniaque veulent emboîter le pas de Pelosi à Taïwan, pour affirmer haut et fort que la Suisse désapprouve le non-respect de nos valeurs démocratiques par la Chine.

C’est désespérant: https://www.20min.ch/fr/story/le-president-de-ludc-presse-daller-a-taiwan-603073856011
Les déclarations d’une ONG ne valent pas tripette, ce ne sont que des émanations de l’ONU, elles ont perdu toute crédibilité. Par analogie, l’organe de propagande qu’est devenue la RTS ne vaut guère mieux, elle ne sert plus que de caisse de résonance au gauchisme. D’où la formule suivante: USA=(ONU+OTAN)=EU=wokisme=RTS.