Accueil - Brèves - Affaire Taha Bouhafs : l’enquête LFI classée sans suite, il réintègre donc le parti ; ses avocats déplorent « une forme de bannissement social et professionnel » suite à la polémique (MàJ)
Affaire Taha Bouhafs : l’enquête LFI classée sans suite, il réintègre donc le parti ; ses avocats déplorent « une forme de bannissement social et professionnel » suite à la polémique (MàJ)
Plus d’un an après avoir reçu le signalement de deux femmes, accusant Taha Bouhafs de violences sexuelles, La France Insoumise vient de clore l’enquête le concernant et de le réintégrer, sans donner de plus amples explications, a appris BFMTV ce lundi. “La mesure conservatoire a été levée, il n’y a rien contre lui”, glisse-t-on discrètement.
Contacté par BFMTV, Taha Bouhafs n’a pas souhaité s’exprimer et indique qu’il parlera “en temps utiles”. (…)
Ses avocats déplorent, eux, “une forme de bannissement social et professionnel à cause duquel il est au chômage depuis un an”.
La présence du militant Taha Bouhafs au festival de Cannes doit sans doute être la lutte contre la culture blanche oppressive et contre le capitalisme destructeur. pic.twitter.com/UDMa3e8v1j
— Imane Superwoman (@ImaneSuperwoman) May 20, 2023
19/09/2022
Avant ce rendez-vous improvisé, les deux candidates se trouvaient au local, avec Manuel Bompard, un homme-clé du parti, en présence d’autres cadres. Elles en profitent pour l’informer de la « grave histoire » qui vient de leur tomber dessus : un signalement pour agression sexuelle, visant Taha Bouhafs, est parvenu dans la boîte mail [email protected], destinée à recevoir les plaintes auprès du comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles (CVSS) de LFI. Deux membres du CVSS, dont la présidente, Sarah Legrain, ont lu ce signalement, ainsi que Mathilde Panot. L’affaire est sérieuse : une ex-petite amie de Bouhafs refuse de déposer une plainte au pénal, mais s’insurge de le savoir candidat. Egalement destinataire du mail, la militante écoféministe Sandrine Rousseau, bien connue pour son action en faveur des victimes de violences, s’entretient pendant une heure en visio avec l’étudiante. Clémentine Autain a elle-même rencontré la jeune fille, le 6 mai, nous raconte-t-elle, puis a montré son témoignage à un avocat, lequel a qualifié les faits de « viol et d’agression sexuelle ».
Clémentine Autain, qui a rencontré l'ex petite amie de Taha Bouhafs, a montré son témoignage à un avocat, lequel a qualifié les faits de "viol et d’agression sexuelle". #LFI#Nupeshttps://t.co/D4JMCvE6lI
Sur Twitter, Clémentine Autain a préféré "vendre" la thèse du harcèlement raciste contre le candidat. Elle assure aujourd’hui que c’était pour "protéger la victime, et non Taha Bouhafs". #LFI#Nupes
Apolline de Malherbe face à la députée LFI Mathilde Panot à propos de Taha Bouhafs : « Est-ce vous lui avez suggérer de se retirer à cause des d’attaques racistes ? Ce qui est faux »
Dans son communiqué, Taha Bouhafs assure que Clémentine Autain lui a promis qu’elle « appuierait cette version publiquement ». L’insoumise donnait une autre version sur @BFMTV au moment des faits :https://t.co/sSXqUOOWy7
Dans une famille politique qui se veut à la pointe du combat féministe, certains égarements auraient été délibérément ignorés, pour préserver un militant que Jean-Luc Mélenchon jugeait très prometteur. Des sympathisants Insoumis, interrogés par Le Point (avant le signalement à la CVSS), avaient eux aussi des réticences à témoigner, pour ne pas faire le jeu d’adversaires politiques.
Concrètement, résume un journaliste passé par Le Media [chaîne Web proche des Insoumis où travaille Taha Bouhafs, NDLR], quand Taha a dit qu’il ne voulait pas s’isoler en salle de montage avec un collègue parce que ce dernier était gay, on a fait comme si on n’avait rien entendu.
Linda Kebab raconte avoir été mise au courant il y a un an et demi d'accusation contre Taha #Bouhafs pour des faits de "violences sexuelles". De plus, selon elle, il y aurait d'autres personnes de LFI accusées des mêmes faits. pic.twitter.com/vzhb5PtBec
En vertu d’une jeune procédure, encore en phase de test, Taha Bouhafs est donc reçu par les députées – et candidates – insoumises Clémentine Autain et Mathilde Panot. Lesquelles, selon mes informations, ne lui détaillent pas l’identité des concernées, ni la nature des faits reprochés, et donc ne recueillent pas sa propre version, et lui laissent le choix entre deux solutions : soit annoncer lui-même son retrait, au motif des attaques racistes et politiques qu’il n’a cessé de subir depuis l’annonce de sa candidature. Soit rédiger elles-mêmes un communiqué plus explicite, mentionnant les plaintes pour agressions sexuelles, modèle Thomas Guénolé, accusé de harcèlement sexuel en 2019 dans les mêmes conditions.
C’est la première solution qui est choisie, et Taha Bouhafs publie dans la nuit de lundi à mardi un communiqué qui n’évoque pas la vraie raison de son retrait. Dans la foulée, le matin, Clémentine Autain se fend du fameux tweet dénonçant “les attaques venues de l’extrême-droite” qui lui vaut toute la séquence de BFMTV, sur le thème “vous saviez tout, alors pourquoi n’avez-vous rien dit ?” Tweet, il est vrai, incompréhensible. Comment Autain, responsable politique aguerrie, familière des réseaux sociaux et des milieux féministes, pouvait-elle imaginer que la vérité ne “sortirait” pas, et très vite ?
De fait, c’est ce qu’elle imagine le mardi matin, quand je l’appelle (j’ai moi-même été prévenu la veille par mon petit doigt des vraies raisons du débranchage du candidat). Comment pourrait-elle être accusée de quoi que ce soit, s’indigne-t-elle, alors qu’elle a elle-même “”dessoudé”” Bouhafs ? Elle s’imagine sincèrement qu’elle va avoir la maîtrise des révélations, le temps de convaincre les victimes présumées de porter plainte, ou de parler publiquement. Elle ne va pas l’imaginer longtemps. Dans la matinée, elle reçoit un appel de Lenaïg Bredoux, de “Mediapart”, elle-même avertie par son propre petit doigt, qui révèle le soir, dans une enquête cosignée avec Mathieu Dejean et Pauline Graulle , les raisons du retrait – “”je n’ai aucun doute sur le fait que cette information était d’intérêt public”” dit aujourd’hui Bredoux.
"La campagne raciste odieuse contre #Taha_Bouhafs, ça restera" lance @JLMelenchon en direction de @Fabien_Roussel. Il reconnait que les relations avec le n°1 du PCF sont distantes même si "je le respecte dans sa fonction."
— DimancheEnPolitique (@DimPolitique) May 15, 2022
14/05/22
Ce féminisme qui attrape par le col les arabes visés par des témoignages anonymes mais clément et plein de circonstances quand des musulmanes mineures se font violées par des fonctionnaires de l’État.
Et ces gens là nous crient fort qu’il faut «écouter les victimes»
J’ai dénoncé la procédure expéditive visant @T_Bouhafs alors qu’aucune enquête judiciaire n’avait été lancée, l’intégrité d’un parti qui se dit garant de défendre les intérêts des musulmans alors que Zemmour et d’autres n’ont jamais été lâché comme LFI a lâché un de siens.
Selon le magazine Regards, les victimes présumées « ne souhaiteraient pas porter plainte contre Taha Bouhafs pour empêcher tout risque de récupération politique, d’où qu’elle vienne »
Le Média TV ou travail Taha Bouhafs accusé par plusieurs femmes de harcèlement et de misogyne :
Nous sommes plusieurs femmes à avoir travaillé pour vous et à dénoncer une misogynie systématique au Média TV. Nous avons été mises de côté et humiliées. Ce communiqué est une aberration. Vous n’êtes pas féministes, stoppez cette mascarade.
Lorsque j’étais en poste au Media TV, j’ai confié à mes collègues et supérieurs hiérarchiques avoir été violée lorsque j’étais mineur, c’était peu de temps après MeToo. Au lieu du soutien, j’ai été nommée « la victime », « la menteuse » et parfois « feminazie ». https://t.co/sfxiQfMg1A
La militante féministe Caroline De Haas, membre du Parlement de l’Union populaire (créé par La France insoumise avant la présidentielle pour soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon) confirme à franceinfo avoir elle-même “alerté la direction de LFI aux alentours du 5 ou 6 mai“ après avoir reçu le témoignage évoquant des violences psychologiques suivies de faits pouvant être caractérisés de viol. “C’est un récit glaçant, précis et qui fait aussi état de conséquences graves sur la santé de la victime“.
Le parti de Jean-Luc Mélenchon explique qu’un signalement a été envoyé à sa cellule de suivi contre les violences sexistes et sexuelles, samedi. La militante féministe Caroline De Haas, membre du Parlement de l’Union populaire (créé par La France insoumise avant la présidentielle pour soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon) confirme à franceinfo avoir elle-même “alerté la direction de LFI aux alentours du 5 ou 6 mai” après avoir reçu le témoignage évoquant des violences psychologiques suivies de faits pouvant être caractérisés de viol.
— Mediapart Vidéos (@MediapartVideos) May 11, 2022
1/ T. Bouhaf a subi des tombereaux de racisme. 2/ Les dénonciations de violences sexuelles et la parole des victimes doivent être respectées. 3/ N’en profitez pas pour répandre plus de racisme. On vous voit. Que les autres forces pol. fassent le ménage dans leurs rangs. #nupes
La France insoumise a reçu 4 signalements visant Taha Bouhafs, dont un pour agression sexuelle et un autre pour violences sexuelles qui peuvent être caractérisées de viol selon la militante féministe Caroline de Haas d’après @franceinfo
Donc le Premier ministre insoumis putatif découvre 4 jours après les instances de son parti les accusations internes qui pèsent sur un candidat ultra médiatisé.
Après nous avoir expliqué que @T_Bouhafs avait dû retirer sa candidature à la suite du harcèlement de méchants racistes, @FranceInsoumise révèle à présent qu’il a dû abandonner parce qu’il est sous le coup d’une enquête interne en cours pour violences sexuelles. On croit rêver ! pic.twitter.com/Jlnn6JEBL3
D'après Mediapart, Clémentine Autain a reçu lundi #TahaBouhafs au sujet des accusations de violences sexuelles, après quoi "il a été convenu que le militant pourrait retirer de lui-même sa candidature". Puis, le mardi, elle twitte ça. Si c'est vrai, c'est hallucinant de cynisme. https://t.co/wugUmZnnJT
— Roger-Kendrick Lacogne (@KendrickLacogne) May 11, 2022
Donc la @FranceInsoumise était au courant le week-end dernier des accusations de violences sexuelles qui visaient M.Bouhafs, pourtant ce mardi M.#Melenchon a apporté son soutien à Taha Bouhafs en accusant une « meute » de s’être acharné sur ce dernier. C’est gravissime ! #NUPESpic.twitter.com/HWqfWPxSP6
Suite aux publications de Mediapart et BFM concernant des accusations à l’encontre de Taha Bouhafs nous tenons à préciser les éléments suivants :
[…]
Le comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles, mis en place au sein de la France insoumise, a bien été saisi le samedi 7 mai d’un témoignage relatant des faits supposés de violences sexuelles reprochées à Taha Bouhafs.
[…]
Après cette confrontation et avant même la fin de notre procédure interne, Taha Bouhafs a fait le choix de renoncer de lui même à l’investiture pour les élections législatives.
INFO BFMTV – Au moins trois personnes ont témoigné contre Taha Bouhafs, dénonçant du harcèlement et des violences sexuelles. La France insoumise a lancé une enquête en interne.
Après la convention d’investiture de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) samedi soir en vue des législatives, La France insoumise a saisi son comité contre les violences sexistes et sexuelles afin d’ouvrir une enquête au sujet de Taha Bouhafs, indiquent plusieurs sources à BFMTV.
Au moins trois personnes ont témoigné contre lui, l’accusant de harcèlement sexuel et de violences sexuelles. Pour le moment, ce sont uniquement des témoignages en interne. Les personnes en question n’ont pas formellement déposé plainte.
La décision de “débrancher” Taha Bouhafs a été prise dimanche soir. C’est Jean-Luc Mélenchon lui-même qui aurait tranché, selon une source en interne.
Cette candidature était un premier lourd accroc dans la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). Les Insoumis craignaient-ils aussi les conclusions d’enquêtes en cours susceptibles de faire de Taha Bouhafs un candidat encombrant ? En attendant, la maire PCF de Vénissieux, Michèle Picard, espère pouvoir se représenter face au député LREM sortant, Yves Blein.
— Polémique-Victor (@FredericLefevre) May 10, 2022
Question @ppillaudvivien comment se fait-il que vous ayez supprimé ce tweet concernant #TahaBouhafs#lfi#Nupes vous qui êtes ou étiez son président non-officiel de fan-club ? Je ne comprends pas puisque Taha est un être formidable… Bizarre, non ? à vous lire. pic.twitter.com/19Etb0mElP
Taha Bouhafs retire-t-il sa candidature suite à son communiqué publié cette nuit sur Twitter ? "Je crois qu'il faut l'interpréter comme ça", répond Alexis Corbière. "Ca me fait de la peine que tout cela ait échoué". pic.twitter.com/C6ckYWD5Kt
Bonjour @T_Bouhafs Je vous ai envoyé hier un message avant que vous ne dénonciez le fait de n’être jamais invité dans les médias ..il vous suffit donc d’accepter. Encore faut-il assumer toutes vos prises de position.. https://t.co/w15TWVnaBJpic.twitter.com/rUiNfWSw87
Roussel demande à LFI de revoir la candidature car elle n’est “pas acceptable”
“Nous demandons à la France insoumise de revoir cette candidature”. Le député du Nord Fabien Roussel est clair sur le sujet. Il a estimé la candidature polémique du journaliste Taha Bouhafs, investi par la Nouvelle union de gauche NUPES à Vénissieux n’était “pas acceptable”.
Ce mercredi, c’est le Canard Enchaîné qui rapporte des propos qu’aurait tenu le Président de la République à ce sujet : Emmanuel Macron aurait confié à des proches qu’il avait été “abasourdi” par le choix de Jean-Luc Mélenchon de parachuter le journaliste-militant isérois à Vénissieux. “Une histoire de dingue” selon le chef de l’Etat, qui n’oublie évidemment pas que Taha Bouhafs avait révélé l’affaire Benalla.
On me dit que le président de la république est abasourdi par ma candidature.
Tant mieux. C’est le but.
Habitants de la 14ème circonscription du Rhône , la seule candidature anti-macron, c’est la mienne. #Circo6914https://t.co/GJd4Ck9hdz
"Si Taha Bouhafs a été condamné, ce n'est pas une bonne idée [qu'il soit candidat]", affirme le porte-parole du PS Pierre Jouvet pic.twitter.com/Nt1bc3HdWV
Lorsque des habitants des quartiers populaires s’engagent en politique, ils sont couverts de toutes sortes d’infamies. C’est le cas aujourd’hui de @T_Bouhafs victime d’une véritable cabale raciste de l’extrême-droite. Qu’il soit assuré de notre soutien !pic.twitter.com/EPLhYqnb3O
Militant des quartiers auprès de la France Insoumise et journaliste, il se présentera en juin sur la circonscription de l’ancien PS et LREM, Yves Blein.
Le journaliste franco-algérien Taha Bouhafs, militant revendiqué des quartiers populaires sera de nouveau candidat aux législatives, cette fois-ci dans la 14e circonscription du Rhône, à Vénissieux. Il s’était déjà présenté en 2017 en Isère. Alors âgé de 19 ans, il avait obtenu 11,1%.
À Vénissieux, sur les terres communistes de la maire Michèle Picard, elle-même plusieurs fois candidate dans cette circonscription, Taha Bouhafs pourrait affronter le sortant Yves Blein, ancien PS devenu marcheur, si ce dernier devait décider de se représenter. Au premier tour de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a obtenu plus de 40% des voix contre moins de 3% pour le PCF Fabien Roussel et plus de 20% pour Emmanuel Macron.
Et vous, qu'en pensez vous ?