Les madrasas se multiplient sous le régime taliban, dispensant une éducation religieuse stricte. Certaines incluent aussi des matières dites «modernes» et apparaissent comme une respiration bienvenue pour sortir de chez soi, depuis la non-réouverture des lycées
Un petit groupe de jeunes filles, toutes vêtues d’un voile intégral, s’engouffre discrètement dans une ruelle qui se dérobe derrière la mosquée et se dirige vers l’école coranique qui lui est dédiée, une madrasa. Sur cette artère commerçante d’un quartier animé de Kaboul se tiennent de multiples stands ambulants de fruits, des boulangeries et des boucheries. Une tête de vache décapitée, que nul n’a jugé bon de camoufler ou de déplacer, apparaît sur le trottoir. Ses boyaux sont suspendus à la vue de tous. Une scène ordinaire dans les rues de la capitale afghane, d’où émergent des coups de klaxon intempestifs, tandis qu’un policier tente de réguler le bruyant trafic. Une ambiance qui tranche avec le bâtiment scolaire, à l’abri des regards. Pour des raisons de sécurité, le nom de cette madrasa, ouverte en 2019, reste dissimulé. A l’intérieur, un joyeux brouhaha.