Ylva Johansson, Commissaire đŸ‡ȘđŸ‡ș, au Forum europĂ©en sur la migration : “La migration est normale et existera toujours. Il n’est pas question de l’arrĂȘter. Cela n’arrivera jamais. C’est impossible. Ce serait une catastrophe si nous le faisions”

 

Discours du Commissaire européen aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, au Forum européen sur la migration le 4 décembre 2023 :

Je vous remercie.

Et Ă  vous, Oliver.

C’est un plaisir d’ĂȘtre ici Ă  nouveau.

Bonjour Ă  tous.

Et je pense que le début.

Écouter l’histoire a Ă©tĂ© une vĂ©ritable source d’inspiration.

Alors, Seppe et Faeiq, je pense que cela montre vraiment qu’il ne faut jamais commettre l’erreur de sous-estimer la valeur d’une personne.

Non seulement il ne faut jamais commettre l’erreur de sous-estimer les compĂ©tences, l’ambition et l’énergie des migrants.

Et je pense que c’est aussi trùs bon à entendre.

Vous n’aidez pas seulement les gens à construire leur avenir.

Et leurs nouvelles chances.

Mais bien sûr, il y a aussi des pénuries.

Et c’est aussi ce que vous faites.

Vous crĂ©ez des possibilitĂ©s pour les gens en Belgique et dans l’Union europĂ©enne.

Et je pense que cette histoire est trĂšs inspirante.

Mais elle montre aussi que les gens ne s’intĂšgrent jamais dans un pays ou dans l’Union europĂ©enne.

Ils s’intĂšgrent toujours dans une communautĂ©.

Ils rencontrent des gens et c’est ainsi que les choses se passent.

C’est pourquoi la sociĂ©tĂ© civile et les partenaires sociaux sont si importants.

Les autorités locales et nationales.

C’est ainsi que nous construisons une sociĂ©tĂ© inclusive.

Je suis donc trĂšs heureux d’ĂȘtre Ă  nouveau ici, avec vous.

Le Forum européen sur la migration.

Parce que c’est vous qui faites la diffĂ©rence.

Et bien sĂ»r, j’ai hĂąte d’y ĂȘtre.

Je me souviens que la derniĂšre fois, il y a eu beaucoup de bonnes idĂ©es, beaucoup de questions et beaucoup de choses sur lesquelles vous m’avez incitĂ© Ă  travailler.

Et bien sĂ»r, aujourd’hui, j’y ai pensĂ©.

J’ai travaillĂ© sur toutes ces questions.

Et je suis heureux de rĂ©pondre Ă  vos questions aujourd’hui.

J’aimerais commencer par la question suivante : comment changer le discours sur la migration ?

Vous savez, lorsque j’ai pris mes fonctions, cela faisait quatre ans.

C’était il y a quatre ans.

La situation Ă©tait telle que l’immigration Ă©tait considĂ©rĂ©e comme toxique.

La situation était politiquement bloquée.

Surtout au sein du Conseil.

Vous en souvenez-vous ?

La question qui se posait était la suivante : comment aborder cette question pour parvenir à une situation dans laquelle nous pourrions réellement progresser et gérer les migrations ensemble ?

Et je pense que la chose la plus importante est de réaliser que la migration est normale.

Les migrations ont toujours existé.

Les migrations existeront toujours.

La migration fait partie de l’ĂȘtre humain.

Il y aura toujours des migrants.

Il n’est donc pas question d’arrĂȘter les migrations.

Cela n’arrivera jamais et c’est impossible.

Et ce serait en fait une catastrophe si nous le faisions.

Mais il s’agit de gĂ©rer les migrations.

Et je pense que c’est important.

Il ne faut pas avoir peur des migrations.

Et il est également important de dire que toutes les migrations ne sont pas normales.

Vous avez tous vu ces images de personnes mourant sur le chemin de l’Union europĂ©enne.

Il y a quelques semaines, une petite fille est morte prĂšs de Lampedusa.

Elle n’avait que deux ans.

Le bateau était trop petit.

Les vagues étaient trop hautes.

Le bateau a chaviré.

La petite fille est tombĂ©e Ă  l’eau.

Et je pense Ă  sa mĂšre.

Elle a soutenu sa fille dans les hautes vagues, dans l’eau glacĂ©e.

Elle a mĂȘme rĂ©ussi Ă  sortir de l’eau pour rejoindre le rĂ©cif.

Mais sa fille avait trop froid.

A avalĂ© trop d’eau de mer.

Et mĂȘme une fois secourue, elle est morte dans les bras de sa mĂšre.

Elle est morte dans les bras de sa mĂšre.

Et cela, nous ne pourrions jamais le considérer comme normal.

Et nous ne devrions jamais considérer comme normaux les passeurs qui ont fait monter cette petite fille dans ce bateau.

Sachant trĂšs bien ce qui pourrait arriver.

Et ils font cela pour de l’argent.

Pour le profit.

Le profit d’un passeur pour la vie de cette petite fille, c’est peut-ĂȘtre quelques milliers d’euros.

Et le prix Ă  payer pour sa mĂšre est sans commune mesure.

C’est pourquoi, en changeant le rĂ©cit, nous devons aussi changer de politique.

Tout d’abord, nous devons lutter contre le rĂ©seau de passeurs.

Qui devient de plus en plus sophistiqué, je dois le dire.

Et de plus en plus violent.

Violent contre les migrants.

Mais aussi contre les forces de l’ordre.

La semaine derniĂšre, j’ai prĂ©sentĂ© de nouvelles propositions de lois europĂ©ennes contre le trafic de migrants.

Pour cibler les passeurs.

Mais jamais les migrants.

Il faut cibler en particulier les meneurs et les patrons.

Nous devons aller plus haut dans la hiérarchie des groupes criminels organisés.

Parce qu’ils font partie des groupes criminels organisĂ©s internationaux. Ces rĂ©seaux de passeurs.

Nous avons proposĂ©, j’ai proposĂ©, une nouvelle lĂ©gislation.

Avec des peines plus sévÚres.

Plus le crime est grave, plus la peine est sévÚre.

Au moins 10 ans de prison pour les criminels organisés.

15 ans en cas de décÚs.

Et cela inclut Ă©galement des principes d’extension de la juridiction.

Lorsqu’un bateau se trouve dans les eaux internationales.

Mais aussi pour pouvoir punir les passeurs lorsqu’ils agissent de la sorte,

mĂȘme s’il se trouve dans les eaux internationales et qu’il se dirige vers un État membre.

La semaine derniĂšre, j’ai Ă©galement prĂ©sidĂ© la confĂ©rence mondiale sur la lutte contre le trafic de migrants.

Nous y avons lancé une alliance mondiale contre le trafic de migrants.

C’était trĂšs intĂ©ressant parce que nous avons lancĂ© cette initiative et nous avons invitĂ© les participants dans un dĂ©lai trĂšs court.

Et nous avons eu plus de 400 participants.

57 pays.

La plupart d’entre eux au niveau ministĂ©riel.

Cela signifie que de nombreux pays du monde entier ont compris que les rĂ©seaux de passeurs sont liĂ©s les uns aux autres et qu’ils doivent travailler ensemble.

Vous souvenez-vous du naufrage d’un navire Ă  l’extĂ©rieur de Pylos, sur la cĂŽte grecque ?

600 personnes ont fait naufrage avec ce navire.

La plupart d’entre elles Ă©taient pakistanaises.

C’est pourquoi nous devons travailler avec les pays d’origine et de transit.

Pour s’assurer que les gens ne perdent pas la vie.

Il faut un réseau pour combattre un réseau.

Et c’est ce que nous sommes en train de construire.

Vous avez Ă©galement demandĂ© aujourd’hui comment nous pouvons mieux protĂ©ger les personnes vulnĂ©rables.

Les mineurs non accompagnés, par exemple, contre la traite.

C’est Ă©galement une trĂšs bonne question.

PrĂšs de la moitiĂ© des victimes de la traite des ĂȘtres humains viennent de pays extĂ©rieurs Ă  l’UE.

Et elles sont principalement victimes de la traite Ă  des fins sexuelles.

La police européenne prend des mesures efficaces contre les trafiquants.

En février, 200 victimes de la prostitution forcée ont été secourues.

L’action de la police, soutenue par Europol, a permis de dĂ©manteler un rĂ©seau international de trafic sexuel.

Nous disposons d’un coordinateur de la lutte contre la traite des ĂȘtres humains, qui travaille en collaboration au sein de l’UE.

Nous avons dĂ» empĂȘcher un trafic massif de rĂ©fugiĂ©s en provenance d’Ukraine.

Lorsque nous avons vu toutes ces femmes et ces enfants ukrainiens entrer dans l’UE, je me souviens d’avoir Ă©tĂ© sur place la premiĂšre semaine.

Je me souviens d’avoir Ă©tĂ© prĂ©sente la premiĂšre semaine pour les rencontrer aux frontiĂšres.

Fatigués, effrayés, épuisés.

Tellement vulnérables.

Et beaucoup de gens étaient là pour les accueillir.

Mais, bien sĂ»r, il y avait aussi le risque que certains d’entre eux soient lĂ  pour d’autres raisons.

En essayant de les piĂ©ger dans le trafic d’ĂȘtres humains.

Mais nous avons immédiatement réagi.

Europol a mis en place un plan d’action spĂ©cial.

Nous avons activé tous nos réseaux.

Et je suis heureux de dire que nous avons trùs, trùs peu de cas de victimes de la traite en provenance d’Ukraine.

C’est grñce à ce travail.

Mais bien sĂ»r, nous devons continuer Ă  ĂȘtre trĂšs vigilants sur ce point.

Nous avons Ă©galement prĂ©sentĂ© une proposition lĂ©gislative visant Ă  renforcer la directive relative Ă  la lutte contre la traite des ĂȘtres humains.

Par exemple, pour criminaliser l’utilisation des victimes de la traite.

Cette proposition fait actuellement l’objet de nĂ©gociations.

J’espĂšre que nous pourrons finaliser le trilogue pendant la prĂ©sidence espagnole.

En effet, les négociations vont bon train.

Mais la meilleure façon de protéger les personnes vulnérables dans le cadre des migrations est de mettre un terme aux voyages dangereux.

Et de s’assurer que les gens ont d’autres possibilitĂ©s de venir en Europe.

Je me suis rendu deux fois à Lampedusa cet été.

J’y ai rencontrĂ© de nombreux jeunes, pour la plupart.

Je me souviens avoir rencontrĂ© un jeune homme du Tchad et une femme de CĂŽte d’Ivoire.

Ils ont tellement d’énergie.

Ils ont tellement d’énergie et d’ambition.

Ils voulaient vraiment commencer une nouvelle vie.

Ils ont marché dans le désert pendant des mois.

Et ils ont payé les passeurs pour ce voyage trÚs dangereux auquel ils ont survécu.

Cela n’a aucun sens.

Nous avons de nombreux besoins.

Nous avons besoin de compétences.

Nous avons besoin de l’immigration.

Nous ne devrions pas ĂȘtre dans une situation oĂč les gens doivent risquer leur vie pour venir ici.

Nous avons donc besoin d’un changement radical : nous devons empĂȘcher les dĂ©parts irrĂ©guliers.

Lutter contre les passeurs.

Et investir dans les moyens lĂ©gaux et sĂ»rs d’entrer dans l’Union europĂ©enne.

C’est le grand changement que nous devons opĂ©rer.

Et vous savez tous que si les migrants n’allaient pas faire leur travail demain, nous serions tous totalement bloquĂ©s.

Car nous dépendons vraiment des migrants.

Dans le pays d’oĂč je viens, par exemple, 35 % des mĂ©decins sont issus de l’immigration.

15 % des infirmiĂšres.

Et les besoins ne cessent de croĂźtre.

C’est pourquoi nous avons Ă©galement prĂ©sentĂ© de nouvelles propositions visant Ă  amĂ©liorer les voies d’accĂšs lĂ©gales.

Tout d’abord, il y a bien sĂ»r les rĂ©fugiĂ©s.

Je présenterai les chiffres la semaine prochaine.

Mais je peux dire qu’il n’y a pas de baisse.

C’est donc une bonne chose.

Mais nous devons Ă©galement investir dans les voies lĂ©gales de migration de la main-d’Ɠuvre.

L’annĂ©e derniĂšre, 3,5 millions de migrants sont entrĂ©s illĂ©galement dans l’UE.

3,5 millions.

Ce n’est pas rien.

1,2 million d’entre eux à des fins de travail.

Et ce chiffre est en augmentation. Il augmente maintenant trĂšs rapidement.

J’ai donc proposĂ© de crĂ©er une rĂ©serve de talents de l’UE.

De quoi s’agit-il ?

Si vous connaissez Eures, c’est un peu la mĂȘme chose.

Mais cette rĂ©serve est destinĂ©e aux personnes extĂ©rieures qui souhaitent venir travailler dans l’UE.

Et pour les employeurs qui ont des postes Ă  pourvoir.

Pour que les employeurs puissent publier leurs offres d’emploi, nous aurions les mĂȘmes exigences que pour Eures.

Il s’agirait Ă©galement de s’assurer que seuls des employeurs sĂ©rieux sont prĂ©sents.

Il serait important que nous aidions également à ne pas dépendre de ces intermédiaires.

Je dois dire qu’ils sont parfois proches des criminels.

Ils prĂ©tendent aider les gens Ă  trouver un emploi dans l’UE.

Mais parfois d’une maniĂšre trĂšs dangereuse et coĂ»teuse.

VoilĂ  donc ce que nous avons mis en place et ce que je propose maintenant.

Nous investissons également dans ce que nous appelons les partenariats de talents.

Nous avons maintenant des partenariats de talents avec l’Égypte, le Maroc, la Tunisie.

Nous le lancerons bientĂŽt avec le Bangladesh et le Pakistan.

J’ai organisĂ© une confĂ©rence ministĂ©rielle la semaine derniĂšre.

Des États membres se sont Ă©galement engagĂ©s Ă  investir davantage dans ce volet du partenariat pour les talents.

Qu’est-ce que le partenariat pour les talents ?

Pourquoi l’UE investit-elle dans la formation ?

Il peut s’agir d’une formation linguistique, d’une formation professionnelle avant que les personnes ne viennent travailler dans l’Union europĂ©enne.

Nous faisons cela pour mieux gĂ©rer la situation globale de l’immigration.

Ces cinq pays dans lesquels nous investissons aujourd’hui pour Ă©largir les voies d’accĂšs lĂ©gales sont Ă©galement des pays dans lesquels nous avons eu l’annĂ©e derniĂšre des difficultĂ©s Ă  trouver un emploi.

Ce sont aussi des pays oĂč nous avons pris l’an dernier 100 000 dĂ©cisions de retour.

Il s’agit de personnes en sĂ©jour irrĂ©gulier qui doivent retourner dans leur pays d’origine.

C’est donc le changement que nous devons opĂ©rer.

Nous devons nous assurer que nous ouvrons Ă©galement les voies lĂ©gales vers les mĂȘmes pays.

La derniĂšre chose que je voudrais mentionner est que cela fait trois ans et demi que j’ai prĂ©sentĂ© un nouveau pacte sur les migrations et l’asile.

Cela a été un long voyage pour y travailler.

Mais aujourd’hui, nous sommes dans une situation oĂč la confiance a Ă©tĂ© rĂ©tablie.

Et nous sommes trÚs proches du mandat de négociation pour toutes les parties du pacte.

Il s’agit de 11 dossiers lĂ©gislatifs.

Cinq d’entre eux sont dĂ©jĂ  clĂŽturĂ©s.

Et nous en sommes maintenant aux trilogues pour les derniers.

Bien sĂ»r, c’est difficile.

Je dois le dire. Bien sĂ»r, cela peut encore ĂȘtre un Ă©chec.

Mais je ne pense pas que ce soit le cas.

Je pense que nous y arriverons.

Et peut-ĂȘtre dĂ©jĂ  avant NoĂ«l.

C’est possible.

Mais comme toujours, quand on est le dernier à négocier.

C’est un drame.

Et les gens diront que ça ne va pas marcher.

Et j’ai mes lignes rouges.

Et cela ne marchera pas, etc.

Mais je suis optimiste et je pense que nous aurons cinq trilogues jeudi.

Et oui, nous sommes vraiment proches de pouvoir disposer d’un systĂšme d’immigration et d’asile europĂ©anisĂ©.

Ce systùme met davantage l’accent sur la protection des droits des personnes.

Et des personnes vulnérables.

Une meilleure gestion des migrations.

Et dans la législation, la fixation de normes.

La solidaritĂ© entre les États membres.

Et le partage équitable des responsabilités.

Il s’agit donc d’un enjeu de taille.

Et il est trĂšs intĂ©ressant de constater que, dans le mĂȘme temps, nous assistons Ă  une rhĂ©torique d’extrĂȘme droite, anti-migratoire et xĂ©nophobe.

Dans le mĂȘme temps, il semble possible de finaliser.

De conclure un accord qui, bien sûr, ne sera pas parfait, mais qui sera bien meilleur que la situation actuelle.

Mais qui sera bien meilleur que la situation actuelle.

Et qui montre Ă©galement qu’en tant que citoyens europĂ©ens, nous pouvons gĂ©rer l’immigration ensemble.

Nous pouvons gĂ©rer l’immigration ensemble.

Je vous remercie de votre attention.

Commission européenne

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2 commentaires

  1. Ce serait une catastrophe si nous NE le faisions PAS !
    Une immigration CONTRÔLÉE et surtout une sĂ©lection des migrants dont NOUS avons besoin !
    – RĂ©tablissement des visas !
    – RĂ©tablissement des permis de travail !
    – RĂ©tablissement des contrĂŽles aux frontiĂšres !
    – EXPULSION de tous les migrants violents (cela a Ă©tĂ© votĂ© par le Peuple suisse)
    Que font nos juges ?

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