« Je suis tombée sur lui dans la rue » : à Bordeaux, Océane, 23 ans, violée dans un parking en 2021 par un certain Yero Ba, a appris que son violeur était en liberté en le rencontrant par hasard dans la rue

 

Jeudi 14 décembre s’ouvre le procès d’un homme accusé d’avoir violé une étudiante dans un parking, à Bordeaux, en 2021. Il a été remis en liberté en septembre. Des associations de défense des droits des femmes dénoncent des défaillances et appellent à un rassemblement

Le viol d’une étudiante dans un parking du centre de Bordeaux, sous la menace d’un couteau. Tel est le crime, passible de vingt ans de réclusion, dont est accusé Yero Ba, un homme de 58 ans qui comparaîtra devant la cour criminelle départementale de la Gironde, les 14 et 15 décembre (1). Sans domicile fixe, sans emploi, déjà connu de la justice pour des violences et une agression sexuelle, il conteste les faits qui lui sont reprochés.

Après deux ans en détention provisoire, il a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire mi-septembre. Une décision de la chambre de l’instruction, qui n’a pas suivi les réquisitions du parquet général. Elle scandalise des associations de défense des droits des femmes, qui soutiennent l’étudiante, partie civile. « Une fois de plus, la justice échoue à protéger les victimes de violences sexistes et sexuelles », dénoncent-elles dans un communiqué, appelant à un rassemblement jeudi à 8 h 30 devant le palais de justice.

Cette affaire soulève des questions sur la prise en compte et l’accompagnement de l’étudiante concernée. Elle s’appelle Océane Decan, a 23 ans, et elle a appris « par hasard » que son violeur présumé était en liberté. « Je n’ai pas été prévenue. Un jour d’octobre, je me promenais dans le centre de Bordeaux et je suis tombée sur lui, rue Sainte-Catherine : il jouait de la guitare et faisait la manche. Ce fut un choc. Ça a tout réveillé. Je fais des crises de panique, je n’ose plus sortir de chez moi. Dès que je dois me rendre en ville, il faut que je sois accompagnée », raconte la jeune femme, en arrêt maladie et qui souffre d’un « trouble de stress post-traumatique », selon la psychologue qui la suit.

(…) L’inconnu parvient à l’attirer dans le parking souterrain de la Victoire où « le piège » se referme. « Tout à coup, son ton change et il sort un couteau d’une quinzaine de centimètres. Il dit qu’il va me tuer. Je suis tétanisée, je me vois mourir. Il m’impose un viol », poursuit-elle, le regard vide. L’intervention d’une passante mettra fin à l’agression.

(…) Sud Ouest

(Merci à A.)

 

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